Le Plan d’action climat 2.0 de la Convention alpine adopté lors de la 16ème Conférence alpine

La Conférence alpine

La Conférence alpine est l’organe de décision politique de la Convention alpine. Elle réunit de manière biennale les ministres et les délégués des pays alpins (Allemagne, Autriche, France, Italie, Liechtenstein, Monaco, Slovénie et Suisse) et de l’Union européenne pour discuter des objectifs et établir des mesures politiques pour la mise en œuvre de la Convention alpine.

La 16ème Conférence alpine s’est déroulée le 10 décembre 2020 sous la présidence française de la Convention alpine, de manière virtuelle. Les débats et les décisions des ministres et représentants de haut niveau ont porté en particulier sur les sujets suivants :

Cette conférence politique a aussi été l’occasion d’approuver les rapports d’activités des Groupes de travail et des Comités consultatifs pour la période entre la XVe et la XVIe Conférence alpine (2019-2020), ainsi que leurs mandats et programmes de travail pour la période allant jusqu’à la XVIIe Conférence alpine (2021-2022). Ces documents sont disponibles dans les annexes du procès-verbal (voir en particulier les documents du Groupe de travail sur les risques naturels – PLANALP et ceux du Comité consultatif sur le climat alpin).

La XVIe Conférence alpine a également marqué la fin de la Présidence française et le passage de témoin à la Suisse pour les deux prochaines années. La Présidence suisse fera du changement climatique une priorité thématique et mettra l’accent sur l’aménagement et le développement du territoire dans les Alpes.

Zoom sur le Plan d’action climat 2.0

Le Plan d’action climat 2.0, élaboré par le Comité consultatif par le climat alpin, contient des parcours de mise en œuvre pour atteindre les objectifs du Système alpin d’objectifs climat 2050.

Ce Système se compose principalement d’objectifs «soft», mais vérifiables, à l’horizon 2050, et vise à renforcer la valeur ajoutée de la coopération alpine en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique (approche intégrée). Son objectif principal est la transformation des Alpes en une région neutre pour le climat et résiliente au changement climatique. Le Système alpin d’objectifs climat identifie dans un premier temps les principes généraux guidant ce processus de transformation. Il suit ensuite une approche sectorielle, et définit des cibles concrètes dans dix secteurs d’activité de la Convention alpine, complétés par deux domaines d’actions transversaux/horizontaux. Le Plan d’action 2.0 se concentre sur l’horizon à moyen terme (les cinq à dix prochaines années). Il propose des parcours de mise en œuvre détaillés, qui sont sur le point d’être lancés ou qui pourront l’être au cours des deux prochaines années, pour être développés progressivement jusqu’en 2030. Il donne la priorité à des mesures spécifiques dans dix secteurs d’activité (transports, énergie, tourisme, risques naturels, eau, aménagement du territoire, sols, agriculture de montagne, forêts de montagne, écosystèmes et biodiversité).

Dans le domaine de la gestion des risques naturels, la Conférence alpine invite les Parties contractantes, les Organismes de travail thématiques, les organisations observatrices et les autres acteurs intéressés à joindre leurs forces pour mettre en œuvre les étapes suivantes (qui sont décrites en détail dans l’annexe) :

  • Synthèse de la planification de la gestion des risques naturels et de la prise en compte des risques transfrontaliers, afin de réunir davantage d’informations sur les approches de gestion des risques pour les risques transfrontaliers dans les pays alpins.
  • Cartographie des zones de risques élevés pour les infrastructures critiques et les implantations humaines, en portant une attention particulière aux zones de risques pour les infrastructures de transport, d’énergie et de communication, ainsi que pour les infrastructures de santé et les implantations humaines.
  • Cadre commun pour la gestion des risques transfrontaliers, incluant notamment une compréhension partagée du cycle de gestion des risques, des méthodes et des normes communes pour la cartographie et le suivi des risques, ainsi que des recommandations et des outils pour les mesures de prévention des risques transfrontaliers.
  • Développement d’un dispositif commun de suivi du pergélisol, basé sur un inventaire et une cartographie exhaustifs des activités, stations et réseaux de surveillance du pergélisol existants dans les Alpes, en tenant compte du potentiel offert par les données et les services de télédétection.

Dans le domaine des forêts de  montagne, elle pointe notamment l’importance d’assurer la poursuite du développement de l’échange de connaissances sur les forêts de montagne en tant que protection contre les risques naturels.

En savoir plus sur ces parcours de mise en œuvre (en anglais) :

Zoom sur les activités du Groupe de travail sur les risques naturels – PLANALP

Le Rapport d’activité du Groupe de travail Risques naturels – PLANALP présente ses principales réalisations dans le cadre de son mandat 2019-2020 sur les sujets suivants :

  • Transfert de connaissances et échange de bonnes pratiques en matière de réduction des risques de catastrophes naturelles dans la région alpine (régulier) ;
  • Contribution de la prévention dans la planification d’urgence : défis et synergies ; y compris la prise en compte du risque résiduel et le cas de surcharge (cf. rapport intermédiaire, en annexe) ;
  • Adaptation au changement climatique au niveau local, y compris la communication sur les risques et la concentration sur les différents groupes sociaux, par exemple les enfants et les jeunes (cf. documentation du workshop d’Heimschuh, en annexe).

Le Mandat du Groupe de travail Risques naturels – PLANALP proposé pour la période 2021-2022 poursuit deux objectifs :

  1. Identifier des solutions fondées sur la nature (SfN) pour la réduction des risques et la prévention des catastrophes majeures liées aux aléas naturels dans la région alpine et recueillir des exemples de bonnes pratiques, en s’appuyant sur les principes de biodiversité, de durabilité et d’adaptation au changement climatique.
  2. Assurer le transfert de connaissances et les échanges de bonnes pratiques dans la réduction des risques de catastrophe liés aux aléas naturels dans la région alpine (à titre régulier). Diffuser les résultats et les conclusions du 7eRapport sur l’état des Alpes et l’étude sur les défis et synergies dans la planification d’urgence et encourager la communication et la sensibilisation sur ces sujets.

Documents de la 16ème Conférence alpine

Sources