Retour du PARN sur le webminaire AFPCN “La normalisation en matière de gestion des risques majeurs”

Le webinaire de l’AFPCN a rassemblé une trentaine de participants autour de François Faure (SERNOPTES – Accompagnement Risques et Crises), pour présenter en particulier la norme ISO31000 Management du risque.  Largement utilisée dans le domaine industriel, financier…  cette norme est encore assez peu connue/utilisée dans le domaine des risques naturels. Elle propose pourtant un cadre  complet sur lequel les gestionnaires de risque peuvent s’appuyer.

Retrouvez ici le support de présentation et l’enregistrement audio.

Petite analyse au prisme de la Gestion Intégrée des Risques Naturels

Dans sa présentation, F. Faure insiste sur :

  • L’importance du cadre organisationnel pour bien gérer les risques : mettre en place un tel cadre est un des objectifs de la GIRN, qui propose aujourd’hui une série de principes et d’outils en ce sens : il pourrait être intéressant de s’appuyer davantage sur la norme pour formaliser ce cadre ; c’est aussi ce qui a été proposé dans le guide méthodologique « Prise en compte du risque rocheux par les gestionnaires infrastructures » (collectif C2ROP, ed. Cerema, à paraître).
  • Le besoin de « définir des propriétaires de risques (au sens gestionnaire) – Définir qui porte un risque et quels sont réellement ses pouvoirs de décision face à ce risque » : ce point est nettement plus délicat dans nos domaines. C’est un sujet sur lequel le groupe de travail Maîtres d’Ouvrages du projet C2ROP a par exemple beaucoup discuté. Les gestionnaires ne sont pas des « gestionnaires de risques » au sens propres, mais des « gestionnaires d’infrastructures soumises à des risques », dont le risque n’est pas le cœur de métier. D’autre part, il est souvent très difficile, voire inapproprié, de définir des « propriétaires de risques » (ex. une crue vient de l’alimentation de bassins versants très en amont des communes où l’inondation provoque des dégâts ; idem pour un mouvement de terrain ou une avalanche provenant d’un versant – terrain communal par ex. – qui vient couper une route départementale).
  • Le besoin de prendre en compte tous les risques et leurs effets domino : c’est l’essence même de la GIRN !
  • La gouvernance locale  (« définir le niveau territorial de gestion de certains risques », « tenir compte des spécificités des territoires pour gérer au plus près les risques, y compris ceux qui font l’objet d’un suivi national », qui peut être mieux à même de mettre en œuvre un « leadership » engagé, point essentiel face à la dilution des responsabilités ; c’est une évidence pour beaucoup de territoires, et la crise sanitaire a bien montré les limites d’une gestion centralisée.
  • La communication et la concertation : impliquer tous les acteurs, c’est aussi un des fondements de la GIRN.

En conclusion, s’appuyer sur la norme ISO31000 peut permettre de valoriser les démarche de gestion des risques, que ce soit pour les TAGIRN et plus largement tous les organismes gérant des risques naturels.

Dans le registre de la labellisation, on peut aussi rappeler le label Pavillon orange, pour les communes disposant d’un PCS uniquement. Ce dispositif permet notamment « Une reconnaissance du travail, souvent discret, des équipes et une valorisation de l’engagement des Mairies, soucieuses de prévention et de protection.