Réf. Ouzeau & al 2014 - R

Référence bibliographique complète
OUZEAU, G., DÉQUÉ, M., JOUINI, M., PLANTON, S., VAUTARD, R. 2014. Scénarios régionalisés : édition 2014 pour la métropole et les régions d’outre-mer. Le climat de la France au XXIe siècle, Volume 4, Août 2014, rapport de la mission Jean Jouzel, Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Direction générale de l’Énergie et du Climat, 64 pp. [Rapport en ligne]

Cette étude vise à fournir une analyse du changement climatique en France au XXIe siècle à l'aide d'évolutions temporelles d'anomalies de précipitations et température en moyennes estivales et hivernales simulées par deux modèles climatiques régionaux mis en oeuvre au CNRM (Centre National de Recherches Météorologiques de Météo-France) et à l'IPSL (Institut Pierre Simon Laplace) en collaboration avec l'INERIS (Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques). Les simulations s'appuient sur trois des quatre scénarios considérés dans le dernier rapport du GIEC (2013-2014). De manière à prendre en considération les incertitudes inhérentes à la modélisation climatique, les résultats des deux modèles particuliers sont situés dans un ensemble de résultats de simulations produites au niveau international et européen. L'ensemble des résultats est accessible sur le portail DRIAS dans la rubrique « nouveaux scénarios (RCP) », sous plusieurs formes, d'une part des cartes interactives dans l'Espace Découverte et d'autre part des données numériques à télécharger dans l'Espace Données et Produits. Les principales variables climatiques disponibles portent sur les températures et précipitations moyennes, les indices de vague de froid, de chaleur, de sécheresse et de précipitations extrêmes. Il s'agit dans cette étude de fournir une estimation des tendances d'évolution du climat pour le siècle à venir. Les résultats présentés ne doivent pas être interprétés comme des prévisions climatiques exactes pour des points géographiques précis. Cette étude permet néanmoins de mettre en évidence des tendances sur l'évolution des températures et précipitations en France par rapport à une période moyenne de référence 1976-2005 :

A l'horizon 2021-2050 :
• Une hausse des températures moyennes, comprise entre 0,6 °C et 1,3 °C [0,3 °C/ 2 °C]*, toutes saisons confondues, par rapport à la moyenne de référence calculée sur la période 1976-2005, selon les scénarios et les modèles. Cette hausse devrait être plus importante dans le Sud-Est de la France en été, avec des écarts à la référence pouvant atteindre 1,5 °C à 2 °C.
• Une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en été, comprise entre 0 et 5 jours sur l'ensemble du territoire, voire de 5 à 10 jours dans des régions du quart Sud-Est.
• Une diminution des jours anormalement froids en hiver sur l'ensemble de la France métropolitaine, entre 1 et 4 jours en moyenne, et jusqu'à 6 jours au Nord- Est du pays.
• Une légère hausse des précipitations moyennes, en été comme en hiver, comprise entre 0 et 0,42 [-0,49/+0,41] mm/jour en moyenne sur la France, avec une forte incertitude sur la distribution géographique de ce changement.
• Les deux modèles climatiques régionaux Aladin-Climat et WRF simulent de faibles changements des pourcentages de précipitations extrêmes. Cependant, ces modèles se situent dans la fourchette basse de l'ensemble multi-modèle européen.

A l'horizon 2071-2100 :
• Une forte hausse des températures moyennes. Pour le scénario RCP2.6, elle est de 0,9 °C [0,4 °C/1,4 °C] en hiver, et de 1,3 °C [0,6 °C/2 °C] en été. Pour le scénario RCP8.5, elle est comprise entre 3,4 °C et 3,6 °C [1,9 °C/3,4 °C] en hiver, et entre 2,6 °C et 5,3 °C [3,2 °C/5,1 °C] en été. Cette hausse devrait être particulièrement marquée en allant vers le Sud-Est du pays, et pourrait largement dépasser les 5 °C en été par rapport à la moyenne de référence.
• Cette hausse des températures est associée à une forte augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en été, qui pourrait dépasser les 20 jours pour le scénario RCP8.5.
• La diminution des extrêmes froids se poursuit en fin de siècle. Elle est comprise entre 6 et 10 jours de moins que la référence dans le Nord-Est de la France. Cette diminution devrait être plus limitée sur l' extrême Sud du pays.
• Une hausse des précipitations hivernales, de 0,1 à 0,85 [-0,19/+0,54] mm/jour selon les modèles et les scénarios (équivalent à un excédent de 9 à 76 mm en moyenne hivernale). Pour les scénarios RCP4.5 et RCP8.5, le modèle Aladin- Climat simule une diminution en été comprise entre -0,16 et -0,38 [-0,7/0] mm/jour en moyenne sur le territoire métropolitain (soit environ 15 à 35 mm de moins en moyenne estivale). Pour ces mêmes scénarios, le modèle WRF simule une augmentation des précipitations de 0,15 à 0,32 mm/jour. Pour le scénario RCP2.6, le modèle Aladin-Climat simule une légère augmentation des précipitations estivales de 0,05 [-0,31/+0,14] mm/jour.
• Un renforcement du taux de précipitations extrêmes sur une large part du territoire, dépassant 5 % dans certaines régions avec le scénarios RCP8.5, mais avec une forte variabilité des zones concernées selon le modèle.
• Une augmentation des épisodes de sécheresse dans une large partie Sud du pays, mais pouvant s'étendre à l'ensemble du pays pour l'un des deux modèles.

Concernant les régions d'outre-mer :
Les simulations disponibles pour cette analyse sont issues uniquement du modèle Aladin-Climat, aucune estimation d'incertitude ne peut donc être fournie. Pour ce modèle, les résultats mettent en évidence sur l'ensemble des régions :
• Une augmentation de la température à l'horizon 2100 de l'ordre de 0,7 °C pour le scénario RCP2.6 et de 3 à 3,5 °C pour le scénario RCP8.5.
• Une diminution des précipitations moyennes, en particulier pour la saison sèche.

Activité cyclonique :
Cette analyse s'appuie sur l'expertise figurant dans les chapitres 11 et 14 du volume 1 du 5e rapport du GIEC. Les résultats montrent :
• En début de siècle : Un faible degré de confiance est accordé à l'évaluation de l'évolution des fréquences d'occurrence des cyclones tropicaux. Quelques études seulement montrent une augmentation de l'intensité des cyclones dans le bassin Nord-Atlantique et une augmentation de la fréquence des cyclones de catégories 4 et 5 dans les bassins Nord-Atlantique et Pacifique Sud-Ouest.
• En fin de siècle : Il est probable que la fréquence globale des cyclones tropicaux diminuera ou restera la même. Les précipitations moyennes et la vitesse moyenne du vent maximal associées aux cyclones tropicaux augmenteront probablement.

* Les valeurs entre crochets désignent les valeurs extrêmes des 25e et 75e centiles de l'ensemble multi-modèle.

Mots-clés
 

Organismes / Contact
Partenaires
Ce rapport a été rédigé par des scientifiques de Météo-France, en collaboration avec des chercheurs français du CEA, du CNRS, de l’UVSQ et de l’UPMC regroupées au sein de l’IPSL, et du Cerfacs, dans le cadre d'une mission confiée à Jean Jouzel par le ministère du Développement durable.  

Principaux rapports scientifiques sur lesquels s'est appuyé le rapport

Introduction

A l'instar des précédents rapports (voir http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Leclimat- de-la-France-au-XXIe-.html), ce document répond à une demande du Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, d'établir une « synthèse approfondie sur les scénarios de référence à considérer pour la mise en oeuvre du plan national d'adaptation français au changement climatique », dans le cadre de la mission confiée à Jean Jouzel en juillet 2010.
Il vise à présenter les changements climatiques futurs à l'échelle de la France, simulés à partir de deux modèles climatiques régionaux mis en oeuvre par le CNRM (Centre National de Recherches Météorologiques de Météo-France) et l'IPSL (Institut Pierre Simon Laplace) en collaboration avec l'INERIS (Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques).
Contrairement aux volumes précédents (Peing et al., 2011, Peing et al., 2012), ce rapport ne rassemble pas les indices de températures, précipitations et vent de manière exhaustive, car ces derniers sont mis à disposition sur le portail DRIAS (http://www.drias-climat.fr/). Suite au projet GICC DRIAS, ce portail met à disposition des utilisateurs, des projections climatiques régionalisées sous différentes formes que ce soit des données corrigées (avec les observations), des indices ou encore des représentations cartographiques. Le présent document est destiné à fournir un accompagnement à l'analyse et l'interprétation de ces données.
Une autre nouveauté importante est que les scénarios climatiques de référence ne sont plus fondés sur les scénarios d'émissions de gaz à effet de serre dits SRES* comme dans les précédents rapports, mais sur les nouveaux scénarios RCP** (voir la partie 2.1), en cohérence avec le 5e rapport d'évaluation du GIEC (GIEC, 2013).
Une fine résolution horizontale est adoptée dans les simulations, nécessaire pour la régionalisation des projections, en lien avec les processus de petite échelle liés à l'orographie notamment. Pour la première fois, des projections climatiques à résolution aussi fine ont aussi été produites pour les régions d'outre-mer.
Ce rapport propose aussi une nouvelle représentation des incertitudes autour des projections climatiques des deux modèles climatiques régionaux. On s'attache ici à prendre en compte l'incertitude liée au choix des modèles via une analyse multi-modèle (voir la partie 2.3).
Les analyses sont présentées sous forme de séries temporelles, pour les saisons hivernale et estivale, en moyenne sur la France métropolitaine dans un premier temps, pour la température et les précipitations, associées à des tableaux récapitulant les valeurs d'incertitudes liées à la modélisation climatique. Nous présentons également des cartes d'indices d'extrêmes calculés à partir des données corrigées de température et de précipitations. Dans un second temps, nous nous penchons sur le changement climatique dans les régions d'outre-mer, en terme de température et précipitations moyennes, et nous nous appuyons sur l'expertise du GIEC pour analyser l'impact du changement climatique sur l'activité cyclonique.

* Special Report on Emissions Scenarios ; ** Representative Concentration Pathway


(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
Températures, Précipitations      

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période(s) d'observation
France Métropole et régions d'outre-mer        

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations

Le changement climatique en métropole

Cette partie est destinée à évaluer dans un premier temps l'évolution au cours du XXIe siècle des anomalies (écarts par rapport à la référence 1976-2005) de température et de précipitations en moyenne sur la France, simulées par deux modèles [Aladin-Climat et WRF], et replacées parmi un éventail d'évolutions possibles simulées par un ensemble de modèles globaux issus du projet CMIP5, pour les saisons estivale et hivernale. Afin d'évaluer la répartition spatiale de ces changements, l'analyse s'appuie également sur des cartographies d'anomalies de température et précipitations, en moyenne sur les périodes 2021-2050 et 2071-2100, pour chaque scénario. Les auteurs situent cette fois-ci les résultats issus de ces deux modèles parmi un ensemble de simulations régionales Euro-Cordex, et non plus un ensemble de modèles globaux, afin de tirer profit de la régionalisation. Pour ce faire, ils utilisent les 25e (C25) et 75e (C75) centiles de l'ensemble, qui correspondent respectivement aux estimations « basses » et « hautes » issues des modèles de l'ensemble [voir Méthodologie ci-dessous]. Ils se focalisent ensuite sur l'étude des vagues de chaleur, extrêmes froids, précipitations extrêmes et périodes de sécheresse, dont la méthode de calcul est détaillée en annexe. Il s'agit d'une sélection d'indices pertinents pour l'analyse du changement climatique en France, mais le lecteur pourra découvrir davantage d'indices sur le portail DRIAS.

Projections pour la température moyenne

La figure 3 [p. 16] montre l'évolution de la température moyennée sur la France (écart par rapport à la référence 1976-2005), pour les saisons hivernale (graphique de gauche) et estivale (graphique de droite), pour les trois scénarios RCP. Les diagrammes en boîte à droite des graphiques donnent la distribution des températures simulées par l'ensemble des modèles, en moyenne à l'horizon 2071- 2100. Les enveloppes colorées donnent la dispersion des modèles issus de l'ensemble CMIP5 (voir définitions en partie 2.3). La courbe noire représente la moyenne d'ensemble des simulations « historiques » de CMIP5 (1950 à 2005).

• En hiver : Au début du XXIe siècle, le changement de température est similaire quels que soient le modèle et le scénario utilisés, et atteint 1 à 2 °C pour nos deux modèles à la fin des années 2050. A partir de la seconde moitié du XXIe siècle, l'écart de température simulé par les modèles Aladin-Climat et WRF est généralement supérieur à la moyenne de l'ensemble CMIP5, à part pour le scénario RCP2.6. C'est à l'horizon 2071-2100 que les différences entre les scénarios deviennent les plus importantes, avec une température atteignant environ 0,9 à 3,6 °C de plus que la moyenne de référence pour nos modèles selon les scénarios. A noter que WRF et Aladin-Climat se situent dans la « fourchette haute » de l'ensemble CMIP5 (en particulier pour les RCP8.5 et 4.5), dont l'anomalie moyenne de température sur la période 2071-2100 est comprise entre 0,4 et 1,4 °C pour le scénario RCP2.6, et entre 1,9 et 3,4 °C pour le scénario RCP8.5.

• En été : Pendant la saison estivale, l'incertitude autour de l'évolution de la température est plus marquée, en particulier après la seconde partie du XXIe siècle. Cette incertitude est liée non seulement à un écart plus important entre les trois scénarios RCP, mais également à une dispersion plus élevée parmi l'ensemble des modèles globaux CMIP5, en particulier pour le scénario RCP8.5. Si le modèle WRF simule une augmentation de température relativement faible (de 1,2 °C à 2,6 °C selon les scénarios sur la période 2071-2100, ce qui le place dans la « fourchette basse » de l'ensemble CMIP5), Aladin-Climat simule de 1,3 °C à 5,3 °C d'augmentation en moyenne sur la période 2071-2100.

Le tableau [p. 17] résume les écarts de température par rapport à la moyenne de référence 1976-2005, pour chacun des modèles et scénarios, en moyenne aux horizons 2021-2050 et 2071- 2100.

Afin d'évaluer spatialement le réchauffement sur la France métropolitaine, les figures 4 à 7 [p. 18 à 21] montrent les cartes de changement de température (écarts par rapport à la référence 1976-2005), en moyenne aux horizons 2021-2050 et 2071-2100. Chaque figure présente le réchauffement pour un scénario et une saison (hivernale ou estivale). Les deux modèles WRF et Aladin-Climat (colonnes du milieu) sont replacés parmi les 25e (C25) et 75e (C75) centiles de l'ensemble de modèles régionaux Euro-Cordex (colonnes de gauche et droite).

• En hiver :
– RCP4.5 (figure 4) : Les résultats mettent en évidence pour les deux simulations une augmentation de la température moyenne hivernale au cours des prochaines décennies sur le territoire métropolitain, et ce de manière croissante pour les deux horizons considérés. L’augmentation moyenne pour l'horizon proche est comprise entre 0,5 et 1,5 °C sur l'ensemble du territoire, voire jusqu'à 2 °C à l'Est/Nord-Est du pays. On retrouve Aladin-Climat se situant dans la fourchette basse des simulations de l'ensemble Euro-Cordex (valeurs proches de C25), et WRF près des valeurs les plus élevées de l'ensemble (C75). En ce qui concerne la fin du siècle, les résultats présentent une augmentation moyenne hivernale comprise entre 1 et 2 °C pour les régions d'influence Atlantique et Méditerranéenne, et entre 2 et 3 °C pour les territoires plus continentaux. Ces résultats sont relativement cohérents entre les modèles WRF et Aladin-Climat, qui se placent parmi les plus fortes valeurs de l'ensemble Euro-Cordex.
– RCP8.5 (figure 5) : Comme pour le scénario RCP4.5, l'augmentation moyenne de température à l'horizon 2021- 2050 est comprise entre 0,5 et 1,5 °C sur l'ensemble du territoire pour les modèles WRF et Aladin- Climat, qui se situent en deçà du C75 de l'ensemble (qui montre un réchauffement allant jusqu'à 2 °C voire localement 2,5 °C). Cette augmentation de la température moyenne hivernale est encore plus marquée à l'horizon 2071-2100, avec un réchauffement compris entre 2,5 et 4 °C pour les modèles WRF et Aladin-Climat. Si la répartition géographique du réchauffement diffère selon le modèle, les résultats montrent de manière générale un réchauffement croissant suivant un axe Nord-Ouest/Sud-Est.

• En été :
– RCP4.5 (figure 6) : A l'horizon 2021-2050, les modèles WRF et Aladin-Climat simulent une augmentation de la température moyenne estivale comprise entre 0,5 et 2 °C sur l'ensemble du territoire. Si cette augmentation semble un peu plus élevée globalement pour Aladin-Climat, les deux modèles s'accordent sur un réchauffement plus marqué pour les régions d'influence méditerranéenne, de manière cohérente avec l'ensemble des simulations Euro-Cordex. L'augmentation moyenne à la fin du XXIe siècle est à peine plus importante qu'en première moitié de siècle, mis à part pour Aladin-Climat, pour lequel le réchauffement va jusqu'à 3,5 °C à l'Est du pays, ce qui le place au-dessus du 75e centile de l'ensemble Euro-Cordex.
– RCP8.5 (figure 7) : Comme pour le scénario RCP4.5, les résultats mettent en évidence un réchauffement plus élevé à l'Est/Sud-Est de la France métropolitaine pour l'horizon proche, et ce pour l'ensemble de nos simulations. L'augmentation de la température moyenne estivale devient importante à l'horizon 2071- 2100, en dépassant les 5 °C (jusqu'à 7 °C pour les régions de l'Est) sur une large partie de la métropole pour le modèle Aladin-Climat. Notons que WRF simule un réchauffement peu marqué par rapport à l'ensemble de nos simulations, et que tous les modèles s'accordent sur la répartition croissante de l'augmentation de température selon un axe Nord-Ouest/Sud-Est.

Projections pour les précipitations moyennes

La figure 8 [p. 22] montre l'évolution du changement de précipitations (écart par rapport à la référence 1976-2005, en mm/jour) moyennée sur la France, pour les saisons hivernale (graphique de gauche) et estivale (graphique de droite), pour les trois scénarios RCP. Les diagrammes en boîte à droite des graphiques donnent la distribution des précipitations simulées par l'ensemble des modèles, en moyenne à l'horizon 2071-2100. Les enveloppes colorées donnent la dispersion des modèles issus de l'ensemble CMIP5 (voir définitions en partie 2.3). La courbe noire représente la moyenne d'ensemble des simulations « historiques » de CMIP5 (de 1950 à 2005).

• En hiver : Les évolutions des précipitations moyennes simulées par les modèles WRF et Aladin-Climat est cohérentes avec celles qui sont simulées par les modèles de l'ensemble CMIP5. L'ensemble des simulations montre une augmentation progressive des précipitations aucours du XXIe siècle, aboutissant à un changement de précipitations de l'ordre de 0,10 à 0,28 mm/jour en fin de siècle pour Aladin-Climat selon les scénarios. Le modèle WRF est dans la fourchette haute de l'ensemble, avec une augmentation des précipitations de 0,54 mm/jour pour le scénario RCP4.5, et de 0,85 mm/jour pour le scénario RCP8.5, en moyenne à l'horizon 2071-2100.

• En été : Les résultats mettent en évidence, le plus fréquemment, une diminution des précipitations au cours du XXIe siècle, pour l'ensemble des modèles et pour les scénarios RCP4.5 et RCP8.5. Au cours des premières décennies, les résultats sont très proches pour les trois scénarios, et les modèles Aladin-Climat et WRF simulent une augmentation des précipitations, contrairement aux moyennes de l'ensemble CMIP5. Les trois scénarios se différencient à partir de la seconde moitié du siècle, avec une diminution des précipitations de 0,16 à 0,38 mm/jour à l'horizon 2071-2100 pour le modèle Aladin-Climat. Le modèle WRF simule par contre une augmentation des précipitations, de 0,15 mm/jour pour le scénario RCP4.5, à 0,32 mm/jour pour le scénario RCP8.5, en moyenne sur la période 2071-2100, ce qui le place parmi les extrêmes de l'ensemble CMIP5.

Le tableau [p. 23] résume les écarts de précipitations par rapport à la référence moyenne 1976-2005 (en mm/jour), pour chacun des modèles et scénarios, en moyenne aux horizons 2021- 2050 et 2071-2100. Ces résultats doivent être pris avec précaution étant donnée la forte incertitude autour de l'évolution des précipitations. Par ailleurs, il s'agit de moyennes sur toute la France de valeurs susceptibles de montrer des différences régionales importantes.

Afin d'évaluer spatialement le changement de précipitations sur la France métropolitaine, les figures [p. 24 à 27] montrent les cartes d'écarts de précipitations par rapport à la référence 1976-2005, en moyenne aux horizons 2021-2050 et 2071-2100. Chaque figure présente le changement de précipitations pour un scénario et une saison (hivernale ou estivale). Les deux modèles WRF et Aladin-Climat (colonnes du milieu) sont replacés parmi les 25e (C25) et 75e (C75) centiles de l'ensemble de modèles régionaux Euro-Cordex (colonnes de gauche et droite).

• En hiver :
– RCP4.5 (figure 9) : Comme l'ont montré les courbes d'évolution des précipitations de la figure 8, nos deux modèles simulent une augmentation des précipitations sur l'ensemble du territoire, de manière équivalente pour les deux périodes considérées. Cependant, on peut localement observer quelques disparités. En particulier, alors que le modèle Aladin-Climat simule une augmentation des précipitations près du Massif Central, la simulation WRF montre une augmentation plus importante des précipitations sur d'autres régions.
– RCP8.5 (figure 10) : Si l'ensemble des modèles simule une augmentation des précipitations aux deux horizons considérés sur une large partie du territoire, on observe là encore des disparités entre les modèles. En particulier, les résultats issus du modèle WRF montrent une augmentation des précipitations assez élevée, en particulier à l'horizon 2071-2100. Cependant, malgré l'incertitude autour de l'amplitude et de la répartition géographique du changement de précipitations, les modèles semblent s'accorder sur une diminution des précipitations près des régions pyrénéennes à la fin du siècle, de l'ordre de 0,25 à 1 mm/jour.

En été :
– RCP4.5 (figure 11) : A l'horizon 2021-2050, les résultats associés au scénario RCP4.5 ne semblent pas montrer de changement très marqué sur l'ensemble du territoire. Notons par ailleurs que le modèle WRF simule une augmentation des précipitations élevée près du littoral de la Manche et de l'Atlantique, ainsi qu'au Nord des Alpes près des régions savoyardes. Le changement le long des côtes semble davantage lié à une incertitude associée à la modélisation qu'à une possible augmentation des précipitations spécifiques à ces régions [Le modèle WRF simule beaucoup de pluies convectives en été liées à des températures de la mer élevées. Ce surplus de précipitations près des côtes, certains jours d'été, engendre un biais en moyenne estivale, qui s'amplifie avec le changement climatique]. Malgré un signal peu marqué dans l'ensemble, un découpage Nord/Sud semble se dessiner dans l'ensemble des modèles, avec globalement davantage de précipitations au Nord, et un assèchement au Sud du pays. En fin de siècle, les résultats ne permettent pas de dégager une tendance claire sur l'évolution des précipitations estivales, les modèles WRF et Aladin-Climat étant globalement en désaccord sur le signe du changement.

– RCP8.5 (figure 12) : A l'horizon 2021-2050, le modèle Aladin-Climat simule une légère augmentation des précipitations estivales en France, avec des valeurs comprises entre 0,25 et 0,75 mm/jour près des régions Alpines. Il se situe dans la fourchette haute de l'ensemble multi-modèle. Le modèle WRF simule quant à lui un contraste Nord-Sud des changements de précipitations. A la fin du siècle, la diminution des précipitations est comprise entre 0,25 et 1 mm/jour sur l'essentiel du territoire métropolitain pour le modèle modèle Aladin-Climat. Le modèle WRF se situe dans la fourchette haute, avec une augmentation des précipitations sur le territoire, sauf dans l'Ouest et dans le quart Sud-Est.

La suite de cette partie se concentre sur l'étude de quatre indices d'extrêmes en France métropolitaine : les vagues de chaleur, extrêmes froids hivernaux, précipitations extrêmes et périodes de sécheresse. Le lecteur pourra découvrir une liste plus complète d'indices climatiques sur le portail DRIAS, qui rassemble notamment les 18 indices présents dans le précédent rapport.

Vagues de chaleur

Les figures 13 et 14 [p. 29-30] montrent le nombre de jours de vagues de chaleur en moyenne estivale pour la période de référence 1976-2005 et les écarts à cette référence, pour les scénarios RCP4.5 et RCP8.5, aux horizons 2021-2050 et 2071-2100, pour les modèles WRF, Aladin-Climat, et les 25e et 75e centiles de l'ensemble multi-modèle. Une vague de chaleur est définie comme une période anormalement chaude durant plus de cinq jours consécutifs (voir la partie 5.3 de l'annexe pour une définition plus détaillée).

Le nombre de jours de vagues de chaleur modélisé par WRF et Aladin-Climat sur la période de référence 1976-2005 est compris entre 2 et 4 à l'Ouest du territoire, et va jusqu'à plus de 6 au Nord-Est pour Aladin-Climat. [Notons que malgré la correction effectuée à partir des données SAFRAN, des différences sont visibles entre les modèles sur la période de référence. Ceci est lié au fait que cet indice est défini à partir d'un critère de durée (nombre de jours supérieurs de 5°C à la valeur climatologique pendant au moins 5 jours consécutifs), la correction utilisée n'agissant pas sur la durée des événements (voir la partie 5.1 en annexe pour davantage d'explications sur la méthode de correction).]

A l'horizon 2021-2050, l'ensemble des modèles simule une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en moyenne sur les mois d'été. Pour les deux scénarios considérés, cette augmentation est modérée, allant de 0 à 5 jours sur l'ensemble du territoire, voire de 5 à 10 jours pour le scénario RCP4.5 dans des régions du quart Sud-Est.

Cette augmentation est encore plus importante en fin de siècle, et se situe pour le scénario RCP4.5 entre 5 et 10 jours sur les régions de l'Ouest, et jusqu'à 20 jours à l'Est du pays pour Aladin- Climat. Bien que l'amplitude du changement soit différente pour WRF et Aladin-Climat, les résultats mettent en évidence une augmentation globalement plus marquée en allant vers le Sud- Est, et ce pour les deux modèles. Ces résultats sont encore plus marqués pour le scénario RCP8.5, qui montre une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur de 5 à plus de 20 jours supplémentaires en moyenne estivale (voire dépassant les 40 jours vers les régions du Sud-Est pour Aladin-Climat, qui simule des valeurs parmi les plus élevées de l'ensemble multi-modèle).

Extrêmes froids

Les figures 15 et 16 [p. 32-33] montrent le nombre de jours à température anormalement basse en moyenne en hiver, pour la période de référence 1976-2005 et les écarts à cette référence, pour les scénarios RCP4.5 et RCP8.5, aux horizons 2021-2050 et 2071-2100, pour les modèles WRF, Aladin-Climat et les 25e et 75e centiles de l'ensemble multi-modèle. On considère qu'un jour a une température anormalement basse si sa température minimale est inférieure de plus de 5 °C à une valeur de référence (voir la partie 5.3 de l'annexe pour une définition plus détaillée de l'indice).

En moyenne sur la saison hivernale, la période 1976-2005 compte plus de 10 jours très froids près des régions d'influence Atlantique jusqu'au Nord-Est du pays, et de 2 à 10 jours sur le reste du territoire. Le réchauffement prévu au cours du XXIe siècle devrait conduire à une diminution des jours anormalement froids sur l'ensemble de la France métropolitaine, à partir des prochaines décennies.

A l'horizon proche, cette diminution est comprise entre 1 et 4 jours sur tout le territoire, voire jusqu'à 6 jours au Nord-Est du pays. Cette diminution est équivalente pour les deux scénarios RCP. Pour le scénario RCP4.5, on peut constater que les modèles WRF et Aladin-Climat se placent de part et d'autre de la distribution de l'ensemble Euro-Cordex.

Cette diminution des extrêmes froids est plus importante en fin de siècle, en particulier pour le scénario RCP8.5, avec une amplitude plus ou moins marquée selon les modèles. Les résultats montrent toutefois que quel que soit le scénario ou le modèle considéré, la diminution du nombre de jours très froids en hiver est moins importante dans l'extrême Sud du pays avec 2 à 8 jours de moins que la moyenne de référence. A l'inverse, cette diminution est plus importante au Nord-Est de la France, allant de 6 à plus de 10 jours selon les scénarios et modèles.

Précipitations extrêmes

Les figures 17 et 18 [p. 35-36] montrent le pourcentage des précipitations extrêmes annuelles, pour la période de référence 1976-2005 et les écarts à cette référence, pour les scénarios RCP4.5 et RCP8.5, aux horizons 2021-2050 et 2071-2100, pour les modèles WRF, Aladin-Climat et les 25e et 75e centiles de l'ensemble multi-modèle. Le pourcentage de précipitations extrêmes est défini comme la part des événements de fortes précipitations sur le total des précipitations annuelles (voir la partie 5.3 de l'annexe pour une définition plus détaillée).

Pour la période de référence, les pluies les plus intenses se situent sur les régions d'influence méditerranéenne, où plus de 75 % des pluies annuelles sont extrêmes, ainsi que sur une large partie Ouest du pays, où l'on atteint jusqu'à 70 % de précipitations extrêmes. Les régions situées au Nord/Nord-Est et dans le centre sont quant à elles moins concernées par les événements de précipitations extrêmes (entre 55 et 60 % de pluies extrêmes en moyenne annuelle).

A l'horizon 2021-2050, les modèles Aladin-Climat et WRF simulent de faibles changements des pourcentages de précipitations extrêmes. Cependant, les deux modèles se situent dans la fourchette basse de l'ensemble multi-modèle. Les valeurs de la carte C75 indiquent que 25 % des modèles de l'ensemble Euro-Cordex simulent une augmentation du taux de précipitations extrêmes par rapport à la référence 1976-2005, dépassant les 5 % dans les régions du Sud-Est.

En fin de siècle, les résultats montrent un renforcement du taux de précipitations extrêmes à l'exception de quelques régions de faibles étendues. Le modèle Aladin-Climat simule une forte hausse sur une grande partie du territoire pour le scénario RCP8.5, avec des valeurs dépassant les 5 % (et atteignant 10 % dans les régions du Nord-Est), en accord avec le 75e centile de l'ensemble multi-modèle. Pour le modèle WRF et ce même scénario, les régions concernées par ces pourcentages sont généralement différentes.

Périodes de sécheresse estivale

Les figures 19 et 20 [p. 38-39] montrent le nombre de jours constituant des périodes de sécheresse estivale, pour la période de référence 1976-2005 et les écarts à cette référence, pour les scénarios RCP4.5 et RCP8.5, aux horizons 2021-2050 et 2071-2100, pour les modèles WRF, Aladin-Climat et les 25e et 75e centiles de l'ensemble multi-modèle. Une période de sécheresse est définie comme le nombre de jours secs consécutifs. Un jour est considéré comme sec si les précipitations quotidiennes lui correspondant n'ont pas excédé 1 mm (voir la partie 5.3 de l'annexe pour davantage de détails).

Les régions les plus concernées par les épisodes de sécheresse estivale pour la période de référence sont les mêmes que les plus touchées par les précipitations extrêmes. En effet, les régions d'influence méditerranéenne comptent plus de 25 jours d'épisodes de sécheresse en moyenne en été. Une large façade Ouest est touchée à hauteur de 15 à 20 jours en moyenne estivale.

L'estimation des périodes de sécheresse estivale est soumise à de fortes incertitudes aux deux horizons considérés, liées à l'incertitude sur les précipitations moyennes. En effet, à l'horizon 2021-2050, les modèles WRF et Aladin-Climat sont en désaccord sur le signe du changement du nombre de jours secs sur le territoire, avec des écarts à la référence ne dépassant généralement pas les 2 jours, quel que soit le scénario RCP envisagé.

A l'horizon 2071-2100, les écarts à la référence se renforcent, mais les modèles WRF et Aladin-Climat sont toujours en désaccord sur le signe de cet écart, en particulier dans la partie Nord du pays. Toutefois, les modèles semblent s'accorder sur une augmentation des épisodes de sécheresse au Sud du pays, en particulier dans le Sud-Est, avec 2 à 8 jours secs de plus que la référence suivant le modèle, pour le scénario RCP4.5. Si le modèle WRF se situe dans la fourchette basse de l'ensemble, avec une augmentation des jours secs modérée dans le Sud de la France, Aladin-Climat montre une augmentation plus marquée et étendue à l'essentiel du territoire, en particulier à l'Ouest du pays, et se place près du 75e centile de l'ensemble. Cette augmentation du nombre de jours secs simulée est amplifiée si l'on considère le scénario RCP8.5.

Vents violents

Les conclusions présentées dans cette section sont fondées sur l'étude d'un indice de vent maximal en hiver ne prenant pas en compte les rafales. Comme elles ne portent que sur les deux modèles Aladin-Climat et WRF, elles ne s'accompagnent pas de considérations sur l'incertitude multi-modèle. Sur la période 1976-2005 en hiver, les vents les plus forts se situent près des côtes de la Manche, de la Bretagne, sur une partie de la façade atlantique, ainsi que près des côtes méditerranéennes. Les premières estimations montrent que l'intensité des vents les plus violents pourrait être amenée à diminuer à la fin du XXIe siècle sur l'ensemble du territoire pour le modèle Aladin-Climat, quel que soit le scénario RCP envisagé. Si le modèle WRF semble également montrer une diminution des vents violents hivernaux au Sud du pays, il simule globalement une augmentation des vents violents dans la partie Nord du territoire. Cette première analyse donne donc une indication sur les vents moyens les plus forts, avec des résultats contrastés selon le modèle sur la partie Nord du pays. Cependant, elle ne permet pas de tirer de conclusions sur la fréquence et l'intensité des tempêtes hivernales qui nécessiteraient une étude spécifique.

Hypothèses
 

Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

Les scénarios du GIEC

Pour répondre aux questions posées par le changement climatique et ses impacts, le GIEC utilise les modèles du système climatique et des études économiques et démographiques, qui composent un large éventail d'évolutions possibles du climat. Les simulations climatiques sont réalisées à partir de modèles numériques appelés Modèles de Circulations Générale (MCG). Pour simuler au mieux l'évolution du climat, de nombreux forçages doivent être pris en compte, qu'ils soient naturels (éruptions volcaniques, activité solaire, …) ou anthropiques (émissions de gaz à effet de serre, aérosols,...). Si pour le climat passé récent l'ensemble des forçages peuvent être déterminés à partir d'observations, pour les simulations du climat futur, seul les forçages anthropiques sont déterminés au travers de scénarios d'émissions.

Jusqu'au 4e rapport d'évaluation du GIEC, les projections climatiques étaient fondées sur les scénarios SRES, proposant plusieurs évolutions socio-économiques (A1, A2, B1, B2, A1B, …). Ces scénarios socio-économiques consistent à faire diverses hypothèses sur le développement économique futur et ses conséquences sur l’environnement. Ils sont fournis par des modèles d'évaluation intégrée qui prennent en compte l'évolution de la population, l'économie, le développement industriel et agricole, ainsi que la chimie atmosphérique et le changement climatique. Ces modèles d'évaluation intégrée fournissent des scénarios d'évolution des gaz à effet de serre et des aérosols, qui sont introduits comme forçage dans les simulations climatiques. Cependant, ces scénarios ne prennent pas en compte l'effet des nouvelles politiques climatiques sur la réduction d'émission de gaz, et le contexte socio-économique mondial a évolué depuis la mise en place des scénarios SRES à la fin des années 1990.

Pour le 5e rapport d'évaluation, la communauté scientifique a défini un ensemble de quatre nouveaux scénarios appelés profils représentatifs d'évolution de concentration (RCP). A la différence des scénarios SRES utilisés dans le précédent rapport, et qui ont été élaborés via une démarche « séquentielle », les nouveaux scénarios RCP ont été créés avec une démarche parallèle qui débute par la détermination a priori de profils représentatifs d'évolution de concentration de gaz à effet de serre et de niveaux de forçage radiatif. [Exprimé en W/m², un forçage radiatif est un changement du bilan radiatif (différence entre le rayonnement entrant et le rayonnement sortant) au sommet de la troposphère (situé entre 9 et 16 km d'altitude environ) ou de l'atmosphère, dû à un changement d'un des facteurs d'évolution du climat - comme la concentration des gaz à effet de serre].

Cette mise en oeuvre permet de prendre en compte les rétroactions entre les scénarios d'émission et de conditions socio-économiques, et les projections du climat, de la chimie de l'atmosphère et du cycle du carbone. À partir de ces profils de référence, les équipes travaillent simultanément et en parallèle : les climatologues produisent des projections climatiques utilisant les RCP comme entrée, tandis que les sociologues et les économistes élaborent des scénarios débouchant, en sortie, sur des émissions de gaz à effet de serre cohérents avec les RCP. Les différents scénarios socio-économiques sont décrits dans la synthèse « Découvrir les nouveaux scénarios RCP et SSP utilisés par le GIEC » de l'ONERC.

Au nombre de quatre pour éviter de privilégier un scénario médian, les profils d’évolution ont été sélectionnés par les scientifiques sur la base de plusieurs centaines de scénarios publiés. Ils ont été décrits par Moss et al. (2010). Le tableau ci-dessous résume, pour chacun de ces quatre scénarios, le forçage radiatif total approximatif pour l'année 2100 par rapport à 1750, ainsi que la concentration en CO2 correspondante (GIEC, 2013).

Scénario Forçage radiatif vers 2100 (W/m2) Concentration en CO2éq-CO2* vers 2100 (ppm) Profil d'évolution
RCP2.6


2,6 475 Pic puis déclin
RCP4.5 4,5 630 Stabilisation avant 2100
RCP6.0 6 800 Stabilisation après 2100
RCP8.5 8,5 1313 Croissant (sans politique climatique)

* Équivalent CO2: concentration de CO2 qui entraînerait le même forçage radiatif qu'un mélange de CO2 et d'autres gaz à effet de serre ou d'aérosols.

Une comparaison avec les anciens scénarios SRES, pour leur période commune, montre que le RCP8.5, scénario extrême, est un peu plus fort que l'ancien scénario SRES dénommé A2. Le RCP6.0 est proche du scénario SRES A1B, tandis que le RCP4.5 est proche du SRES B1. Le seul profil d’évolution sans équivalent avec les anciennes propositions du GIEC est le RCP2.6 qui intègre les effets de politiques de réduction des émissions susceptibles de limiter le réchauffement planétaire à 2 °C.

Modèles utilisés et références temporelles

Ce rapport s'appuie sur deux modèles régionaux respectivement mis en oeuvre par les laboratoires français du CNRM et de l'lPSL (en collaboration avec I'INERIS) : Aladin-Climat et WRF. La régionalisation des simulations climatiques globales de départ a été effectuée de façon à passer de manière continue de la résolution la plus basse utilisée pour les simulations globales des rapports du GIEC (résolution de l'ordre de 200 km) à la résolution de 12 km des deux simulations (voir annexe pour davantage d'explications sur la méthode de régionalisation).

Les simulations Aladin-Climat à 12km de résolution sur la France métropolitaine ont été réalisées sur la période continue 1950-2100 pour les trois scénarios RCP2.6, 4.5 et 8.5. Elles ont été projetées sur une grille de 8x8 km2 de résolution, et corrigées de leurs biais à partir d'analyses de données d'observations (voir annexe pour p lus de détails sur la méthode). Pour ces simulations, les conditions aux limites sont issues des simulations globales du CNRM. En dehors de la France métropolitaine, des simulations Aladin-Climat 12km de résolution ont été réalisées sur la Polynésie, la Réunion, la Nouvelle Calédonie et les Antilles. En l'absence d'analyse de données d'observations à résolution comparable, ces simulations ne sont pas corrigées. Par ailleurs, la Guyane, les Terres australes et antarctiques françaises et Saint Pierre et Miquelon ne sont pas couverts par les exercices de descente d'échelle présentés ici.

Les simulations WRF, disponibles sur la période 1971-2100 pour les RCP4.5 et 8.5, ont été corrigées à partir d'analyses de données d'observations de la même façon que les simulations Aladin-Climat. Les conditions aux Limites sont iissues des simulations globales de l'IPSL.

Pour cette étude, trois périodes de 30 ans sont considérées: la période de référence 1976- 2005, l'horizon « proche » 2021-2050 et l'horizon « lointain » 2071-2100.

Afin d'avoir une estimation de l'incertitude liée à la modélisation climatique, ces deux modèles seront replacés parmi un ensemble utilisé dans le cadre du projet de régionalisation européen Euro-Cordex [Coordinated Regional Downscaling Experiment (Jacob et al., 2014; Vautard et al., 2013; Kotlarski et al. 2014)], dont les simulations régionales sont projetées sur la métropole et analysées sur la période 1971-2100. Ces modèles régionaux sont forcés par différents modèles de circulation générale du projet CMIP5 [Coupled Model Intercomparison Project] utilisés pour l’exercice du GIEC. Nous remercions les groupes en Europe qui ont fourni leurs simulations Euro-Cordex avant leur publication pour les besoins de ce rapport (CSC, DMI, ETH-Zürich, KNMI, SMHI, BTU)8.

La prise en compte des incertitudes

Les derniers travaux du GIEC (IPCC, 2013) évaluent le réchauffement global à la fin du XXIe siècle (relativement à la référence 1986-2005) dans une fourchette probable de 0,3 à 1,7 °C pour le scénario RCP2.6, et atteignant 2,6 à 4,8 °C pour le scénario RCP8.5. Ces fourchettes de probabilité peuvent être attribuées aux incertitudes des projections climatiques. Parmi ces sources d'incertitude, nous pouvons citer :
– L'incertitude liée à la variabilité climatique intrinsèque et chaotique (ou incertitude liée à la variabilité interne), qui comprend également la problématique des conditions initiales du système climatique modélisé.
– L'incertitude liée à une connaissance imparfaite des phénomènes et à leur représentation approximative dans les modèles (ou incertitude liée à la modélisation). Si tous les modèles se basent globalement sur les mêmes équations fondamentales qui régissent les processus physiques et dynamiques du système climatique, ils différent cependant par la manière dont certains de ces processus sont représentés (processus radiatifs, modélisation des nuages, chimie atmosphérique,...).

La problématique des incertitudes autour des projections climatiques est d'autant plus importante pour la régionalisation que celles-ci vont croissant au fur et à mesure que l'on descend dans la chaîne de modélisation, compte tenu des limites de précision pouvant être apportées à une résolution plus élevée. L'incertitude liée à la variabilité interne est dominante à l'échelle décennale, et constitue un axe de recherche à part entière. Dans le cadre de ce rapport, nous nous focalisons sur les projections au-delà des vingt prochaines années, en considérant des périodes de trente ans (2021-2050 et 2071-2100). Au-delà de l'échelle décennale, l'incertitude liée à la modélisation constitue généralement la principale source, puis l'incertitude sur les scénarios devient prépondérante (Hawkins et Sutton, 2009). Nous prenons ici en compte les incertitudes des projections climatiques pour chaque scénario RCP, via une analyse multi-modèle. Pour ce faire, les modèles régionaux Aladin-Climat et WRF sont replacés parmi un ensemble de modèles utilisés dans le cadre des projets CMIP5 et Euro-Cordex, de manière à avoir une estimation de la distribution des valeurs de températures et de précipitations simulées par les différents modèles composant les ensembles.

Comment représenter cette incertitude ?

Dans une analyse multi-modèle, lorsque l'on souhaite représenter l'évolution d'une variable au cours du temps (par exemple : température sur une ville, ou en moyenne sur la France), il est d'usage de montrer la dispersion des modèles - autrement dit l'ensemble des valeurs simulées par chacun des modèles. L'exemple [p. 14] montre une courbe d'évolution de la température en France au cours du XXIe siècle, avec la moyenne d'un ensemble de modèles [en trait plein], et la dispersion représentée [enveloppe rouge]. Pour chaque année, nous avons l'ensemble des valeurs de température simulée par chaque modèle, et la moyenne de ces valeurs. Pour chaque année, nous pouvons donc calculer la distribution de l'ensemble de ces valeurs.
Cette distribution est schématisée par un diagramme en boîte (boîte à moustaches), qui permet de représenter la répartition des valeurs simulées par l'ensemble des modèles, de la valeur minimale à la valeur maximale, sous forme de « quartiles », cas particuliers de « centiles». Ainsi, le deuxième quartile est aussi le 50e centile qui représente la valeur médiane de l'ensemble. Si par exemple, elle est située à 6 °C, cela signifie que 50% des valeurs de l'ensemble sont supérieures à 6 °C, et 50 % des valeurs sont inférieures à 6 °C. De la même manière, le premier quartile ou 25e centile (que nous appellerons C25) représente la valeur en dessous de laquelle 25 % des valeurs de l'ensemble sont situées. Enfin, 25 % des valeurs de l'ensemble sont plus élevées que le troisième quartile ou 75e centile (noté C75). Pour résumer, les valeurs se trouvant entre le minimum et le 25e centile font partie de la « fourchette basse » de la distribution de l'ensemble, et celles situées au-delà du 75e centile font partie de la « fourchette haute ». Par ailleurs, dans la suite de ce rapport, nous parlerons également des « enveloppes 5 %- 95 % », qui correspondent à l'ensemble des valeurs situées entre le 5e centile et le 95e centile, de manière à s'affranchir des valeurs minimales et maximales extrêmes.
De la même manière qu'un tel diagramme en boîte peut être calculé pour chaque année, on peut également évaluer la distribution de l'ensemble sur une période moyenne, par exemple sur les 30 ans composant la période 2071-2100. C'est ce qui sera représenté dans la suite de ce rapport que ce soit entre crochets dans les textes résumés ou dans des colonnes des tableaux de valeurs moyennes sur la France.
Chacun de ces diagrammes peut également être calculé, non plus sur la base de valeurs moyennées sur toute la France, mais pour chacun des points de grille constituant le territoire métropolitain. Cela permet d'avoir une cartographie de la distribution d'ensemble. Ainsi, les cartes appelées C25 ou C75, illustrées dans la figure ci-dessus, représentent respectivement, pour chaque point de grille, la valeur du 25e ou du 75e centile de l'ensemble de modèles, en moyenne sur une période de 30 ans.


(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
 

Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
   

(3) - Effets du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
 

Paramètre de l'aléa
Sensibilité du paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 
 

(4) - Remarques générales
 

(5) - Préconisations et recomandations
Destinataires et portée du rapport

Rapports climat de la France au XXIe siècle : Le Ministère du Développement durable a sollicité, en 2010, l’expertise de la communauté française des sciences du climat afin de produire une évaluation scientifique des conditions climatiques de la France au XXIe siècle. Le Dr Jean Jouzel a été chargé de diriger cette expertise, réalisée par des chercheurs du CNRS/INSU/IPSL et LGGE, de Météo-France, du BRGM, du CEA, du CETMEF et du CNES. La série "Le climat de la France au XXIe siècle" rassemble les résultats de ces travaux : elle fournit les indices climatiques de référence qui doivent servir de base à l’élaboration des mesures d’adaptation au changement climatique.
Cet outil est indispensable aux nombreux acteurs de l’adaptation que sont, notamment, les collectivités locales, le secteur économique privé, les associations, les services de l’Etat. Pour cette raison, la production de ces données de référence figure comme Action n°1 dans le Plan national d’adaptation au changement climatique entré en vigueur le 19 juillet 2011. Cette expertise a bénéficié du soutien financier du Ministère du Développement durable, direction générale de l’énergie et du climat (DGEC). L’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC) organise et diffuse cette information scientifique. [Source]

Le volume 4 du rapport "Le climat de la France au 21e siècle" intitulé « Scénarios régionalisés édition 2014 » (...) présente les scénarios de changement climatique en France jusqu’en 2100. Pour la première fois, ces projections sont également effectuées pour les outre-mer. Températures, précipitations, vents, en valeur moyenne et en valeurs extrêmes : dans tous ces domaines, les résultats publiés, à la pointe des connaissances scientifiques actuelles, ont vocation à constituer les données de référence pour plusieurs années.
En présentant des projections à moyen terme (2021-2050) et à long terme (2071-2100), le rapport permet de percevoir la progressivité des changements possibles tout en montrant les premiers impacts perceptibles. Il est un outil essentiel d’aide à la décision pour les pouvoirs publics, et en premier lieu pour la ministre en charge du climat, pour mettre en œuvre des politiques d’atténuation, et d’adaptation aux effets du changement climatique, à l’échelle nationale comme locale.
A un an de la Conférence internationale des Parties sur le Climat de Paris 2015, et alors que Ségolène Royal défendra dans quelques jours devant le Parlement le projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, il s’agit d’une contribution qui met en valeur l’expertise et la recherche française et donne des clés pour agir.
Un tel cadre de référence est nécessaire à la réalisation des mesures du plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC), telles que la conception des ouvrages en tenant compte de la montée des eaux, et pour donner une cohérence aux travaux d'adaptation conduits dans le cadre des démarches territoriales (plans climat). Les analyses contenues dans le rapport sont appuyées par des cartes et données mises à disposition sur le site DRIAS les futurs du climat (www.drias-climat.fr).
Le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte s’inscrit dans la politique d’atténuation du changement climatique avec la mise en place d’une stratégie nationale bas-carbone, la fixation d’un objectif de réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030, la diminution du recours aux énergies fossiles, et la création de territoires à énergie positive, plus résilients, plus durables. [Source]

Types de recommandations et / ou préconisations  

Références citées :

Déqué, M., 2007 : Frequency of precipitation and temperature extremes over France in an anthropogenic scenario: Model results and statistical correction according to observed values. Global and Planetary Change, 57(1), 16-26, doi: 10.1016/j.gloplacha.2006.11.030.

GIEC, 2013 : Climate Change 2013: The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [Stocker, T.F., D. Qin, G.-K. Plattner, M. Tignor, S.K. Allen, J. Boschung, A. Nauels, Y. Xia, V. Bex and P.M. Midgley (eds.)]. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA, 1535 pp.

Hawkins, E., and R. Sutton, 2009 : The potential to narrow uncertainty in regional climate predictions. Bulletin of the American Meteorological Society, 90(8), 1095-1107, doi: 10.1175/2009BALS2607.1.

Jacob, D., J. Peterson, B. Eggert, A. Alias, O.B. Christensen, L.M. Bouwer, A. Braun, et al., 2014 : EURO-CORDEX: New High-Resolution Climate Change Projections for European Impact Research. Regional Environmental Change, 1-16, doi: 10.1007/s10113-013-0499-2.

Kotlarski, S., K. Keuler, O. B. Christensen, A. Colette, M. Déqué, A. Gobiet, K. Goergen, D. Jacob, D. Lüthi, E. van Meijgaard, G. Nikulin, C. Schär, C. Teichmann, R. Vautard, K. Warrach-Sagi, V. Wulfmeyer, 2014: Regional climate modeling on European scales: a joint standard evaluation of the EURO-CORDEX RCM ensemble. Geoscientific Model Development, 7, 1297-1333, doi:10.5194/gmd-7-1297-2014, 2014.

Michelangeli, P.-A., M.Vrac and H. Loukos, 2009 : Probabilistic downscaling approaches: Application to wind cumulative distribution functions. Geophysical Research Letters, 36, L11708, doi:10.1029/2009GL038401. Moss, R. H., J. A. Edmonds, K.A. Hibbard, M.R. Manning, S.K. Rose, D. P. van Vuuren, T.R. Carter, et al., 2010 : The next generation of scenarios for climate change research and assessment. Nature, 463(7282), 747–56, doi: 10.1038/nature08823.

Peings, Y., M. Jamous, S. Planton, et H. Le Treut, 2011 : Scénarios climatiques : indices sur la France métropolitaine pour les modèles français ARPEGE-Climat et LMDZ et quelques projections pour les DOM-COM. Le climat de la France au XXIe siècle, Volume 1, rapport de la mission Jean Jouzel, janvier 2011, Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement, 139 pp.

Peings, Y., M. Jamous, S. Planton, et H. Le Treut, M. Déqué, H. Gallée, L. Li, 2012 : Scénarios régionalisés. Le climat de la France au XXIe siècle, Volume 2, rapport de la mission Jean Jouzel, février 2012, Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement, 303 pp.

Quintana-Seguí, P., P. Le Moigne, Y. Durand, E. Martin, F. Habets, M. Baillon, C. Canellas, L. Franchisteguy, S. Morel, 2008 : Analysis of near-Surface atmospheric variables: Validation of the SAFRAN analysis over France. Journal of Applied Meteorology & Climatology, 47(1), 92-107, doi: http://dx.doi.org/10.1175/2007JAMC1636.1.

Vautard, R., A. Gobiet, D. Jacob, M. Belda, A. Colette, M. Déqué, J. Fernández, M. García-Díez, K. Goergen, I. Güttler, T. Halenka, T. Karakostas, E. Katragkou, K. Keuler, S. Kotlarski, S. Mayer, E. van Meijgaard, G. Nikulin, M. Patarčić, J. Scinocca, S. Sobolowski, M. Suklitsch, C. Teichmann, K. Warrach-Sagi, V. Wulfmeyer, P. Yiou, 2013 : The simulation of European heat waves from an ensemble of regional climate models within the EURO-CORDEX project. Climate Dynamics, 41, 2555-2575, doi : 10.1007/s00382-013-1714-z.

Références de projets

Portail DRIAS : http://www.drias-climat.fr/

Projet CMIP5 : http://cmip-pcmdi.llnl.gov/cmip5/data_portal.html

Projet Euro-Cordex : http://www.euro-cordex.net/EURO-CORDEX.1908.0.html

Programme GICC : http://www.gip-ecofor.org/gicc/?q=node/311 61/