Réf. Laïly 2006 - R: RTM

Référence bibliographique complète
LAÏLY B. Le lac épiglaciaire de Rochemelon. De la crise 2004 à la vidange contrôlée 2005. Note de synthèse. RTM, 2006, 79 p.

Mots-clés
Lac glaciaire, Rochemelon, risque de vidange brutale, vidange contrôlée, Glaciorisk.

Organismes / Contact
Partenaires
Service RTM Savoie, 42 Quai Charles Roissard, 73026 Chamberry cedex
Tel. : 33 (0)4 79 69 96 05 Fax : 33 (0)4 79 96 31 73
 

Principaux rapports scientifiques sur lesquels s'est appuyé le rapport
 

(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
  Lac épiglaciaire Aléas glaciaire Vidange de lac glaciaire

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période(s) d'observation
France Haute Maurienne Glacier de Rochemelon, commune de Bessans NW Glacier : 2950-3300m
Lac : 3200m
 

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
 

Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 


(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
 

Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
   

(3) - Effets du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions
 
Observations

Le lac épiglaciaire de Rochemelon s'est formé de façon totalement naturelle à la surface du glacier à 3200m d'altitude. Il n'a cessé de s'accroître depuis sa naissance qui remonte à plus de 20 ans et a progressivement rempli la vaste dépression formée entre l'arête rocheuse en frontière avec l'Italie et le bourrelet glaciaire au Nord-Est. De 1980 à 2004, avec la fonte du glacier, le lac s'est progressivement accrû en surface et en volume tout en restant à niveau constant, car il s'est étendu vers le pic de Rochemelon et approfondi. Jusqu'en 2004, le col rocheux de Novalèse, qui coupe la frontière franco-italienne, constitue un exutoire naturel du lac glaciaire par lequel se déverse l'eau de fonte, ce qui permet au lac de garder un niveau constant. Le petit torrent ainsi créé coule ensuite le long du versant italien.

L'apparition de ce lac semble très liée au réchauffement climatique responsable des bilans de masse glaciaire négatifs des glaciers notamment alpins et à la configuration particulière du site (l'accumulation de la neige y est fortement influencée par le vent suite à l'effet de crête). Sa croissance a été très rapide ces dernières années. Le volume du lac est passé de 150 000-200 000 m3 en août 2001 à 450 000 m3 en septembre 2003 puis 650 000 m3 en août 2004. Le risque potentiel lié à cette croissance du lac a été repéré il y a quelques années par la Société Météorologique de Turin et par le Cemagref de Grenoble. Plus ce volume devenait grand et plus les dégâts en cas de vidange brutale risquaient d'être importants, ce qui a motivé le suivi de l'évolution de ce lac dans le cadre du programme Glaciorisk [puis sa vidange contrôlée en 2005].

La poursuite de l'évolution naturelle de ce lac allait conduire au risque d'une vidange brutale, partielle ou totale, susceptible d'affecter à l'aval plusieurs communes françaises ou italiennes. L'épaisseur du col glaciaire qui forme barrage a diminué de 1.3 m/an de juin 2002 à août 2004 avec un maximum en 2003, la revanche entre le col glaciaire et le niveau du lac n'étant plus que de 1,5 m le 31 août 2004 et de 80 cm le 17 septembre. Deux scénarios de déversements s'avéraient possibles : déversement total côté français par rupture du verrou (ou digue) glaciaire ou déversement partiel côté italien par rupture d'un embâcle d'icebergs qui seraient venus obstruer l'écoulement permanent du lac vers l'Italie par le col rocheux de Novalèse.

Le réchauffement climatique est un phénomène avéré et l'expérience particulière du lac épiglaciaire de Rochemelon en est une traduction concrète, locale et directe.

Modélisations
 
Hypothèses
 

Paramètre de l'aléa
Sensibilité du paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 
Fonte du glacier et croissance du lac
Observations de terrain: suivi photographique et topographique (levé au télémètre laser et au GPS) + sondages radar dans le cadre du programme europén Glaciorisk (2001-2003) + mesures bathymétriques en 2005 sondages radar

(4) - Remarques générales

Les études menées sur le lac à l'occasion de ce programme ont fait gagner un temps précieux sur les prises de décision au moment le plus critique. La crise a cependant souligné au moins trois points en matière de connaissance :

l'intérêt, dans ce genre de problématique, et dans la mesure du possible, de se donner des moyens d'investigation à hauteur nécessaire pour appréhender très en amont et avec une précision suffisante pour une traduction en décisions opérationnelles, l'ensemble du phénomène et son évolution, avant d'entrer en crise. Il a en effet fallu compléter en pleine crise certaines investigations que le programme Glaciorisk n'avait pu mener à terme.
l'intérêt d'assurer, déjà en amont des phénomènes puis pendant la gestion de crise, une vraie continuité entre la connaissance scientifique, son transfert aux autorités et sa traduction en mesures opérationnelles.
l'intérêt d'une coordination scientifique entre plusieurs laboratoires de recherche sur un sujet de cette nature.

Au-delà, la pérennité de la vidange sous glaciaire semble désormais bien acquise, même en tenant compte des déformations inéluctables tant internes qu'externes du glacier. En effet, celui-ci n'étant désormais a priori plus adhérent au rocher tout le long du sous-écoulement provoqué, la conduite ainsi formée n'a quasiment plus aucune chance de se refermer (température du sol, courant d'air l'été qui agrandit la cavité, poche d'air l'hiver quand la neige bloque les orifices amont et aval). L'avenir nous le dira, mais quand bien même le lac aurait tendance un jour à se reformer, il finirait soit par rouvrir son passage dans la neige obstruant la bédière, soit l'abaissement naturel du verrou glaciaire qui se poursuit ne lui autoriserait d'année en année qu'une capacité de plus en plus limitée. Le site ne fait donc plus l'objet que d'une surveillance réduite simplement pour s'assurer du bon fonctionnement de la vidange naturelle.

Le coût total de l'opération de vidange depuis 2004, environ 390.000 € TTC (donc non comprises toutes les dépenses d'appui impliquées pendant la gestion de la crise et diverses dépenses annexes), parait finalement très raisonnable une fois mis en parallèle avec le coût des ouvrages menacés, ne serait-ce que le premier pont sur la RD902, sans même parler de l'inquiétude pour les populations.


(5) - Préconisations et recomandations
Destinataires et portée du rapport Responsables politiques, services de gestion des risques et de sécurité civile
Types de recommandations et / ou préconisations