Réf. ONERC 2006 - R

Référence bibliographique complète
Stratégie nationale d'adaptation aux changements climatiques. ONERC (Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique). Paris : ONERC, 2006, 95 p.

Mots-clés
Changement climatique, impacts, adaptation, recommandations, France.

Organismes / Contact
Partenaires
Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique (ONERC) 
Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables
20, avenue de Ségur 75302 Paris 07 SP ; Fax : +33 1 72 98 26 34
Document en ligne
 

Principaux rapports scientifiques sur lesquels s'est appuyé le rapport
 

(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
Températures Végétation Feux de forêts, Crues  

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période(s) d'observation
France          

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
En France, le réchauffement attendu d'ici à la fin de ce siècle est beaucoup plus important que le réchauffement déjà observé au cours du précédent. Une estimation faite à partir d'un des scénarios du GIEC (le scénario A2) et des simulations de 10 modèles climatiques régionaux européens donnent par exemple une fourchette de réchauffement de 4°C à 7°C pour les températures de fin de nuit, en été, alors que celles-ci ne se sont réchauffées que d'un peu plus de 1°C en moyenne. En hiver, le réchauffement serait en moyenne de 2°C à 4°C à la fin du siècle. Les modèles climatiques développés en France montrent que l'épisode caniculaire qui a été observé en France durant l'été 2003 – et qui n'avait pratiquement aucune chance de se produire dans le cadre des conditions climatiques du XIXe siècle – correspondra à des étés « normaux » à la fin du XXIe siècle.
Hypothèses
 

Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 

(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions
 
Observations
La floraison de l'abricotier a gagné entre dix et vingt jours dans le sud-est de la France au cours des vingt dernières années. Certaines variétés de pêchers, de pommiers et d'abricotiers sont donc plus vite matures et leurs fruits se gorgent davantage de sucre l'été. En fleurissant plus tôt, ces espèces s'exposent davantage à un coup de gel tardif. Une avancée de la maturité a également été constatée pour la vigne. On a ainsi pu constater qu'en cinquante ans la date de vendanges s'est avancée de plus de trois semaines à Châteauneuf-du-Pape.
Modélisations
Selon une étude réalisée par l'Inra et Météo France, une augmentation de la température moyenne de 2°C entraînerait un triplement des surfaces des espèces méditerranéennes comme l'olivier, le chêne vert et diverses espèces de pins. C'est toutefois le pin maritime des Landes et quelques essences du Sud-Ouest et du littoral breton (comme le chêne tauzin) qui connaîtraient la progression la plus spectaculaire. Le pin sylvestre, essentiellement présent dans la partie nord de l'hexagone verrait ses surfaces diminuer avec une accélération dès 2030 et pourrait disparaître de l'est de la France.
Hypothèses
Il a été estimé que le changement climatique pourrait provoquer la disparition de plus d'un million d'espèces d'ici 2050. Entre 15 et 37 % des espèces terrestres de la planète seraient menacées d'extinction. En France métropolitaine, 19 % des vertébrés et 8 % des végétaux pourraient disparaître (Changement climatique : la nature menacée en France?, 2005).

Les dépérissements forestiers pourraient prendre une ampleur nouvelle dans un contexte de sols à faible réserve hydrique, soumis à des sécheresses fortes et répétées.

Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
   

(3) - Effets du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions
 
Observations
Durant l'été 2003, des feux de forêt importants se sont produits dans des départements traditionnellement épargnés : Ain, Isère, Savoie, Haute-Loire, Aube ainsi que dans le Sud-Ouest (Landes, Lot, Haute-Garonne, Ariège...). Pour le ministère de l'Intérieur, le coût des feux de forêt a été de 179 millions d'euros en 2003, contre 83 millions en année normale. Le surcoût a également été considérable pour les collectivités territoriales et en particulier pour les Alpes de Haute Provence, l'Ardèche, la Lozère et l'Isère.
Modélisations
 
Hypothèses
De manière générale, il se confirme que l'intensification du cycle hydrologique augmenterait le risque d'inondations en hiver et au printemps, ainsi que la durée des étiages (de juin/juillet à octobre/novembre). De l'avis général des météorologues et des hydrologues, il reste impossible de faire un lien entre la multiplication des crues et le réchauffement du climat ; de nombreuses raisons anthropiques peuvent expliquer en premier lieu ces phénomènes (imperméabilisation des sols, modalités d'utilisation des terres agricoles, occupation de terrains inondables...).

Paramètre de l'aléa
Sensibilité du paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 
 

(4) - Remarques générales
 

(5) - Préconisations et recomandations
Destinataires et portée du rapport Décideurs politiques
Types de recommandations et / ou préconisations
La recherche sur les impacts et l'adaptation doit être soutenue, tant en recherche fondamentale qu'appliquée.

Les scénarios climatiques devront être constamment affinés et diffusés largement. Un effort important devra être consenti pour une description plus précise des conditions socioéconomiques, y compris locales, qui sous-tendent les scénarios d'émissions.

Des progrès importants restent à faire dans l'évaluation systématique des dommages associés aux événements extrêmes, en fonction des aléas, des enjeux locaux et de la vulnérabilité.

Le développement de méthodologies spécifiques, notamment en ce qui concerne l'évaluation des coûts des impacts et de l'adaptation, mériterait d'être engagé.

Il est nécessaire de développer des bases de données sur les observations permettant de faciliter l'accès aux informations expertisées, tout en favorisant la convergence des différentes compétences sur ce sujet.

La définition et la tenue à jour systématique d'indicateurs sur le changement climatique, sur ses conséquences et sur l'adaptation permettront un suivi plus précis tout en apportant une aide à la décision.

Les échanges d'information entre les différents décideurs concernés par les changements climatiques doivent être multipliés. Les échanges d'expertise et d'expériences entre collectivités doivent également être développés, sur le plan national comme au niveau international.

La collaboration transversale entre les organismes de recherche sectoriels doit être encouragée sur les thèmes de la vulnérabilité et des risques inhérents au changement climatique.

Les actions visant à favoriser les échanges entre la communauté scientifique et le public tout en fournissant à ce dernier une information scientifiquement fiable, devront être renforcées.

Un travail pourrait être entrepris sur les normes juridiques existantes et leur impact au regard du changement climatique. Dans les domaines prenant déjà en compte la variabilité climatique, il convient de s'assurer que la dérive climatique l'est également.

Les contrats de plan État-régions doivent intégrer la nécessité d'adaptation des territoires aux effets du réchauffement climatique. Il est également indispensable de favoriser la prise en considération de la question de l'adaptation au changement climatique dans tout document de planification territoriale, ainsi que dans tout autre instrument de type volontaire.

Il faudrait intégrer la « nouvelle donne climatique » dans les schémas d'aménagement et de gestion des eaux (Sage) au niveau des bassins versants, ainsi que dans les schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) réalisés à l'échelle des agences de l'eau. De façon générale, toutes les opérations visant à réduire la vulnérabilité dans les bassins versants soumis aux risques d'inondation méritent d'être renforcées.

Les probabilités d'occurrence des événements extrêmes, ainsi que de leurs conséquences, comme les durées de retour des crues, devront être éventuellement recalculées en fonction des progrès sur la connaissance du climat et les cartes de risques mises à jour dans le cadre des Plans de prévention des risques (PPR). Il serait en outre utile de constituer un inventaire des « structures essentielles » présentant une vulnérabilité, et d'identifier ces vulnérabilités.

L'ensemble des risques liés au changement climatique (inondations, sécheresse, mouvements de terrains, etc.) devra être pris en compte dans le bâti, qu'il soit neuf, ancien, voire historique. Il est urgent de mener des actions préventives dans le domaine du bâtiment et de l'urbanisme pour protéger les populations de la chaleur.

Tout facteur visant à préserver ou restaurer la résilience des écosystèmes aux conséquences négatives du réchauffement climatique devra être étudié et mis en œuvre (corridors écologiques par exemple).

Pour l'agriculture, l'adaptation passera par la modification de l'utilisation des sols, des modes de culture et des variétés utilisées, ainsi que par une meilleure gestion des ressources en eau. Les conséquences du réchauffement climatique devront être prises en considération dans le cadre des politiques agricoles et des aides à l'agriculture.

Il est recommandé de conduire une stratégie de précaution afin de renforcer les capacités d'adaptation et de résilience des forêts. Le choix des espèces doit se faire à l'échelle locale, en fonction de l'ensemble des paramètres écologiques de la station.

Il conviendrait que l'État et les professionnels s'impliquent dans une stratégie visant à inciter le public à ne pas accroître la demande en énergie dans les situations critiques, notamment en cas de forte chaleur.