Réf. ONERC 2005 - R

Référence bibliographique complète
Un climat à la dérive : comment s'adapter ? Rapport au Premier ministre et au Parlement. ONERC (Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique). Paris : La documentation Française, 2005, 107 p.

Mots-clés
Changement climatique, impacts, adaptation, France.

Organismes / Contact
Partenaires
Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique (ONERC) 
Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables
20, avenue de Ségur 75302 Paris 07 SP ; Fax : +33 1 72 98 26 34
Document en ligne
 

Principaux rapports scientifiques sur lesquels s'est appuyé le rapport
 

(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
Températures, Précipitations, Evénements extrêmes Végétation, Enneigement Crues, Feux de forêts, Tempêtes  

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période(s) d'observation
France          

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions
 
Observations
Le GIEC a constaté, sur le XXe siècle, une hausse de 0,6°C des températures moyennes journalières de surface pour l'ensemble du globe. Les températures nocturnes ont tendance à évoluer plus fortement que les températures diurnes. En France métropolitaine, sur la même période, l'augmentation de la température moyenne annuelle est plus importante d'environ 50 %, avec un réchauffement moyen de 1 degré (Moisselin et al, 2002).

Depuis une quarantaine d'années, d'après le GIEC (IPCC, 2001a), les précipitations ont augmenté, en moyenne, de 5 à 10 % sur la partie supérieure de l'hémisphère Nord. En moyenne sur la France, selon les observations de Météo France (Moisselin et al., 2002) les précipitations hivernales et automnales ont également augmenté, alors que les précipitations estivales ont plutôt diminué.
Modélisations
Les modèles climatiques projettent en moyenne, pour le scénario A2, une augmentation d'environ + 3°C de la température globale moyenne annuelle à la surface de la planète à échéance 2100. D'après Météo-France, sur la France métropolitaine, l'augmentation de la température moyenne serait pour ce scénario A2 de 2 à 4°C en hiver et de 4 à 7°C en été : le réchauffement estival serait ainsi nettement plus marqué que le réchauffement hivernal.

La canicule observée en 2003 n'avait pratiquement aucune chance de se produire dans le cadre des conditions climatiques du XIXe siècle, alors qu'elle correspondra à des étés normaux à la fin de notre XXIe siècle.

Pour l'avenir, les simulations prévoient en France une aggravation générale des événements extrêmes de grande échelle et de longue durée, mais demeurent plus incertaines en ce qui concerne ceux de petite échelle (tempêtes, cyclones, orages violents), dont les propriétés physiques sont encore imparfaitement prises en compte par les modèles. Néanmoins, les études conduites jusqu'à présent soulignent la probabilité d'une aggravation de ces phénomènes.
Hypothèses
Le GIEC (IPCC, 2001b) juge « très probable » (probabilité située entre 90 et 99 %) dans l'avenir l'« augmentation des températures maximales, du nombre de jours chauds et de vagues de chaleur pour la quasi-totalité des zones terrestres ».

D'après André et al. (2000) : « Il n'est pas démontré que les événements météorologiques récents (tempêtes de 1999) soient le signe d'un changement climatique, mais quand le changement climatique sera pleinement perceptible, il est très vraisemblable qu'il puisse s'accompagner d'une augmentation des événements extrêmes. ».

Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 

(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions
 
Observations
La durée de végétation des forêts de France métropolitaine s'est allongée d'environ douze jours sur les dix dernières années, et les dates des vendanges ont avancé de près de trois semaines depuis 1945. Une croissance plus rapide des arbres dans certaines régions du globe, et notamment en France, est observée depuis les dernières décennies. L'Inra constate que la croissance des peuplements forestiers a augmenté, depuis le début du XIXe siècle, d'environ 30 %. Cette évolution est favorisée par l'augmentation de la température, des précipitations et du contenu de l'air en gaz carbonique, liées au réchauffement climatique, mais l'augmentation de la teneur atmosphérique en dioxyde de soufre et en composés azotés y joue aussi certainement un rôle.
Modélisations
 
Hypothèses
Parmi les principaux impacts du réchauffement climatique attendus en France, selon la mission interministérielle de l'effet de serre (MIES, 2000), on peut citer les suivants :
- une nette diminution de la durée d'enneigement surtout dans les Alpes du Sud et dans les Pyrénées (moins 30 % à 40 %) ;
- des crues plus fréquentes et plus accentuées en hiver et des étiages plus marqués en été ;
- pour la sylviculture, surtout un accroissement du risque d'incendie.

Petit (2001) rappelle que « l'Europe du Sud et l'Europe arctique sont plus vulnérables que le reste. En particulier, en été, le ruissellement, l'eau disponible et l'humidité du sol décroîtront en Europe du Sud, augmentant d'autant sa vulnérabilité actuelle à la sécheresse. En revanche, en hiver, un accroissement de ces mêmes quantités devrait affecter le Nord et le Sud ; le risque de crues catastrophiques des rivières augmentera vraisemblablement. La moitié des glaciers alpins et de larges étendues de pergélisol pourraient avoir disparu à la fin de ce siècle. L'agriculture de l'Europe du Nord pourrait bénéficier du changement climatique, tandis que celles de l'Europe du Sud et de l'Est pourraient en pâtir. »

Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
   

(3) - Effets du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
 

Paramètre de l'aléa
Sensibilité du paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 
 

(4) - Remarques générales
 

(5) - Préconisations et recomandations
Destinataires et portée du rapport Décideurs politiques, gouvernement.
Types de recommandations et / ou préconisations
De manière générale, les principes suivants pourront guider la mise en œuvre d'un programme spécifique d'adaptation :
- conserver les options ouvertes et flexibles pour d'éventuelles mesures supplémentaires dans le futur ;
- éviter de prendre des décisions qui rendraient ultérieurement plus difficile la prise en compte du changement climatique ;
- essayer de trouver des options « sans regrets », présentant des avantages quelle que soit l'étendue du changement climatique, ou à « dividendes multiples », c'est-à-dire intéressantes également dans d'autres domaines.

Références citées :

André J.-C., D. Cariolle, G. Mégie et J.-F. Minster, 2000, « Événements extrêmes, changements climatiques et effet de serre ».

IPCC, 2001a, Climate change 2001 : the scientific basis, Cambridge University Press.

IPCC, 2001b, bilan 2001 des Changements climatiques : rapport de synthèse, ISBN : 92-9169-215-8, 205 p.

Mies, 2000, Impacts potentiels du changement climatique en France au XXe siècle, seconde édition, mission interministérielle de l'effet de serre, Paris, 128 p.

Moisselin J.-M., M. Schneider, C. Canellas et O. Mestre, 2002, « Les changements climatiques en France au XXe siècle, La météorologie, août 2002, 38, 45-56.

Petit M., 2001, « L'humanité face à l'effet de serre additionnel qu'elle crée », C.R. Acad. Sci. Paris, Sciences de la Terre et des planètes, 333, 775-786.