Réf. Vincent 2011a - P

Référence bibliographique complète

VINCENT, C. 2011a. Impact du changement climatique sur les risques d’origine glaciaire. Actes du séminaire international d’experts « Adaptation de la gestion des risques naturels face au changement climatique » 26 janvier 2011, Domancy (Haute-Savoie). [Actes en ligne]

Abstract:

Mots-clés
 

Organismes / Contact

• Christian VINCENT (CNRS / LGGE)

Ce séminaire s'est déroulé dans le cadre du WP6 du projet ADAPTALP.


(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
Températures

Glaciers

Aléas d'origine glaciaire Voir ci-dessous

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période(s) d'observation
France / Arc alpin         Dernières décennies

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions

 

Observations

 

Modélisations

 

Hypothèses

 


Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 


(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions

 

Observations

 

Modélisations

 

Hypothèses

 


Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 

 


(3) - Effets du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions

 

Observations

On distingue trois types de risques d’origine glaciaire : (1) les vidanges brutales de lacs proglaciaires ou supraglaciaires ; (2) les chutes de séracs ; (3) la rupture de poches d’eau intraglaciaire ou sous-glaciaire. Ces phénomènes se caractérisent par le fait qu’ils sont rares et extrêmement destructeurs.

On recense depuis 25 ans seulement quelques événements ayant nécessité des interventions (travaux de vidange) :
- 1985-1986 : lac d’Arsine (massif des Ecrins) ;
- 2001-2002 : lac du Belvédère (Mont Rose, Italie) ;
- 2004-2005 : lac de Rochemelon ;
- 2009-2010 : lac supraglaciaire à Grindelwald (Valais)
- été 2010 : poche d’eau du glacier de Tête Rousse

A la question de quels pourraient être les impacts du changement climatique sur les aléas glaciaires, on peut citer les deux effets suivants : (1) impact sur la formation des lacs proglaciaires, qui se forment au front des glaciers en recul (sous l’effet du CC), comme le glacier d’Arsine où il a fallu abaisser le niveau du lac pour éviter un risque de rupture du barrage morainique ; (2) impact direct sur la stabilité des glaciers suspendus (ex. : séracs de Taconnaz), comme le suggèrent les mesures de l‘évolution de la température en fonction de la profondeur du glacier effectuées depuis 1994 au Col du Dôme du Goûter, qui montrent qu’on observe un impact direct du réchauffement même à 4300m d’altitude.

Sur les autres types de risques d’origine glaciaire – poches d’eau et lacs supraglaciaires – l’impact est beaucoup moins évident et beaucoup moins clair, ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas, car la relation entre ces phénomènes et l’évolution des paramètres climatiques est beaucoup plus indirecte.

Modélisations

 

Hypothèses

 


Paramètres de l'aléa
Sensibilité du paramètre de l'aléa à des paramètres climatiques et du milieu
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 

 

 


(4) - Remarques générales

Difficultés rencontrées pour la gestion des risques glaciaires

- les laboratoires de recherche étudient les risques en marge de leurs activités ;

- lorsque des phénomènes glaciaires générateurs de risques se manifestent, il faut réagir très rapidement à des situations imprévues (ex. : poche d’eau de Tête Rousse) ;

- ces phénomènes nécessitent des compétences géophysiques pointues et variées sur des phénomènes rares (ex: radar, sismique, résonance magnétique des protons, hydraulique, mécanique des milieux continus...), impliquant le plus souvent des approches multidisciplinaires, comme dans l’exemple de la poche d’eau de Tête Rousse , où il a fallu réunir trois laboratoires (LGGE, LTHE et LGIT) et faire travailler ensemble des scientifiques qui ne se connaissaient pas ou très peu) ;

- l’analyse du risque nécessite une expérience, qui en matière de risques glaciaires reste assez limitée compte tenu de la rareté de ces phénomènes ;

- il y a généralement un manque de réactivité des pouvoirs publics (préfet, maires…) lorsque la situation n’est pas déclarée alarmiste, sans quoi il est très difficiles d’obtenir les moyens d’étudier le phénomène (ex. : Taconnaz) ;

- même quand le risque est déclaré, et que des interventions sont planifiées pour diminuer le danger (gestion opérationnelle des risques), les moyens existants ne permettent pas toujours de mener en parallèle des recherches pour mieux comprendre ces phénomènes. Pourtant, c’est justement dans les situations du type de la « crise » du glacier de Tête Rousse qu’il faudrait mettre en œuvre les moyens nécessaires à la recherche, dans l’objectif d’acquérir l’expérience nécessaire à l’analyse du risque.


(5) - Préconisations et recomandations

Recommandations générales : comment améliorer l’organisation/ l’efficacité de la recherche sur les risques glaciaires ?

- rapprocher les équipes qui ont des approches géophysiques variées, y compris des entreprises privées (réseau de compétences) ;

- mettre des moyens sur les diagnostics des risques potentiels sans attendre la situation de crise ;

- encourager et investir dans la recherche en parallèle de la gestion opérationnelle des risques, afin d’étendre les connaissances et de développer l’expérience sur l’analyse du risque. Dans le cas de la vidange du lac de Rochemelon, il aurait été profitable d’étudier les processus d’érosion de la glace par l’eau, qui restent des phénomènes très mal connus, mais les financements nécessaires n’ont pas été obtenus.

Recommandations sur l’amélioration des connaissances sur les risques glaciaires, afin d’améliorer les diagnostics

- Etude des processus de l’érosion de la glace ou d’une moraine par l’eau (débordement d’un lac proglaciaire ou supraglaciaire)

- Etude de l’ouverture d’un chenal intraglaciaire ou supraglaciaire (cas des poches d’eau ou des lacs)

- Résistance mécanique d’une langue glaciaire à la pression d’un lac ou d’une poche d’eau

- Rupture de séracs : étude des processus d’endommagement, étude de l’instabilité d’un glacier suspendu en cas de réchauffement basal

- Evolution du régime thermique d’un glacier (modèle thermomécanique) pour simuler l’évolution des poches d’eau ou simuler le réchauffement des glaciers suspendus (étude des processus de transferts d’énergie de la surface en profondeur, mesures de températures, conductivité... dans des forages, développement de modèle thermomécanique), pour chercher à répondre aux questions qui se posent pour la prévention du risque (ex. : séracs de Taconnaz ) : est-ce que le glacier est froid ? quand est-ce que la glace basale pourrait atteindre le point de fusion et être déstabilisée ? que pourrait-il se passer dans ce cas ?

- Il faut développer la connaissance géophysique sur les phénomènes, ce pour quoi les inventaires existants sont inappropriés car ils sont peu utiles à la compréhension des processus. Deux exemples de lacs supraglaciaires illustrent ce point de vue : le lac de Rochemelon, et celui du Belvédère (Mont Rose, Italie) :

  • Le lac supraglaciaire du glacier de Rochemelon faisait partie de l’inventaire réalisé dans le projet européen GLACIORISK (inventaire des glaciers à risques portant notamment sur l’ensemble des Alpes). Ce projet s’est terminé en 2003, le lac de Rochemelon ne faisait plus l’objet d’aucun suivi l’année suivante. Le 31 août 2004, une visite de reconnaissance sur le terrain a permis d’identifier (juste à temps) un risque de débordement du lac, qui a été par la suite signalé dans un rapport à la préfecture (17 sept. 2004). Du point de vue de la connaissance de l’aléa, « l’inventaire n’avait pas servi à grand-chose ». En effet, tous les lacs qui se forment ne sont pas nécessairement « à risques » [Remarque d’A. Lescurier : L’inventaire a bien servi, le problème est dans le manque de liaison entre les résultats du projet GLACIORISK et leur prise en compte par les gestionnaires, « il manque un chaînon »].
  • Dans le cas du lac du Belvédère (en 2001-2002), les chercheurs et gestionnaires italiens ont été pris au dépourvu dans le sens où, bien que la formation et l'extension étaient connues, les phénomènes de rétention de l'eau étaient inattendus (pas d'exutoire à la base du glacier) et restent par ailleurs inexpliqués. Ce sont bien ces phénomènes géophysiques qu'il faut élucider si l'on veut éviter des situations de crise similaires. Les inventaires qui concernent l'extension des lacs ont peu d'utilité sur la compréhension des mécanismes et le développement de tels aléas.

[Voir aussi la discussion dans les actes]

Références citées :