Réf. Peisser & Einhorn 2011 - P

Référence bibliographique complète

PEISSER, C., EINHORN, B. 2011. Synthèse du séminaire international d’experts « Adaptation de la gestion des risques naturels face au changement climatique », 26 janvier 2011, Domancy (Haute-Savoie). [Synthèse en ligne]

Abstract:

Mots-clés
 

Organismes / Contact

• Pôle Alpin d'études et de recherche pour la prévention des Risques Naturels (PARN)

Ce séminaire s'est déroulé dans le cadre du WP6 du projet ADAPTALP.


(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
 

 

   

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période(s) d'observation
           

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions

 

Observations

 

Modélisations

 

Hypothèses

 


Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 


(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions

 

Observations

 

Modélisations

 

Hypothèses

 


Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 

 


(3) - Effets du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions

 

Observations

 

Modélisations

 

Hypothèses

 


Paramètres de l'aléa
Sensibilité du paramètre de l'aléa à des paramètres climatiques et du milieu
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 

 

 


(4) - Remarques générales

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(5) - Préconisations et recomandations

Conclusions et Recommandations

Les présentations faites au cours de ce séminaire par les gestionnaires de territoire et les scientifiques ont permis de nourrir des discussions intenses d’une grande richesse, qui ont fait ressortir quelques grands éléments quant à l’adaptation de la gestion des risques naturels au changement climatique.
Sur la base des constats dressés, le PARN et les experts sollicités proposent une série de recommandations destinées aux gestionnaires de territoires mais également aux décideurs.

De l’avis de tous les experts, les premières évaluations disponibles concernant les évolutions liées au changement climatique des phénomènes naturels générateurs de risques sont actuellement insuffisantes pour établir des prévisions fiables pour le futur. Afin d’avancer dans cette direction, il semble indispensable d’intensifier les efforts en matière d’acquisition de données : données météorologique d’une part via des réseaux de mesure, base de données événements d’autre part via des inventaires. Cette démarche doit viser un double objectif :

  1. la surveillance en temps réel du territoire pour la gestion à très court terme des événements (meilleure anticipation des phénomènes localisés) ;
  2. l’analyse de longues séries de données utilisables pour des prévisions fines.

Les données recueillies doivent être (1) d’une densité importante dans l’espace et le temps (suivi avec mise à jour régulière) (2) homogènes dans l’espace et le temps pour pouvoir être comparées, (3) mise à disposition facilement et gratuitement, (4) mutualisables.
Pour faciliter la centralisation, l’échange et l’analyse des données, les experts préconisent la mise en place d’un réseau d’observatoires des phénomènes naturels, pérenne et à l’échelle de tous les territoires alpins.
Un tel observatoire pourrait intégrer un volet important sur les données de vulnérabilité (toutes les formes de vulnérabilité), encore trop souvent négligées dans bases de données actuelles.
Ces améliorations indispensables autours de l’acquisition des données ne sont envisageables que si les financeurs s’approprient le problème ; les élus doivent donc être sensibilisés à l’importance de cette démarche, qui ne portera ces fruits qu’à moyen/long terme.

En l’absence de données suffisantes pour intégrer quantitativement le changement climatique dans la gestion actuelle des risques naturelles, les orientations principales sont les suivantes :

Le changement climatique ajoute des incertitudes aux incertitudes déjà existantes (variabilité des phénomènes naturels, incertitude des modèles, des financements….). Il renforce la nécessité de mieux intégrer l’incertitude dans les politiques de gestion des risques, d’une part dans les modèles mathématiques mais également (surtout) dans la logique globale de gestion des risques.

Dans ce cadre, l’importance de développer une gestion intégrée des risques devient fondamentale. Progresser vers une meilleure articulation de tous les acteurs, y compris les scientifiques, est sans doute une des voies pour faire face à un nombre croissant d’événements difficiles à gérer, avec des grandes incertitudes. En particulier, la vulnérabilité devrait être prise en compte de manière plus globale (une organisation plus adaptée des secours et de la gestion de crise contribue à réduire la vulnérabilité).

Plusieurs recommandations principales recouvrent ce thème très transversal :

  1. Assurer la cohérence du système de prévention/protection/secours, en suivant par exemple la pratique valaisanne qui couple (1) la carte de danger/le PPR (qui réglemente l’occupation du sol), (2) le concept de protection et (3) le plan d’intervention d’urgence / PCS (qui définit les modalités de réaction), au point de le faire réaliser dans le même élan et par le même bureau d’études.
  2. Travailler sur une logique de gestion des risques résiduels plus puissante et implémentée. Cette démarche requiert une définition claire de la limite entre le risque contre lequel on veut se protéger et le risque résiduel. Si les recommandations ne sont pas unanimes sur l’opportunité d’augmenter ou non les valeurs seuils, selon les types d’aléas, le besoin est par contre clairement exprimer d’arriver à une définition harmonisée des seuils d’acceptabilité. Il devrait revenir aux politiques / décideurs de se positionner sur le choix de ces seuils.
  3. Développer des concepts de protection souples (facilement adaptable à de nouvelles exigences) et robustes (capable d’encaisser un dépassement de l’événement de dimensionnement sans dégâts trop considérables), qui seront peu sensibles aux variations climatiques (ex. 3e correction du Rhône); à défaut ou en parallèle, prévoir de pouvoir fonctionner en mode dégradé suite à un événement ;
  4. Contrôler la vulnérabilité dans les zones exposées : liens plus étroits entre les gestionnaires de risque et l’aménagement du territoire.
  5. Améliorer la réactivité des services (à défaut de la prévention, certains phénomènes devenant plus imprévisibles) pour gérer l’urgence.  La pratique savoyarde peut donner un exemple à suivre, avec la présence d’un coordonnateur dans chaque vallée pour assurer une coordination au plus près de la gestion d’urgence.

Les progrès en matière d’acceptabilité du risque passeront probablement par un renforcement de la diffusion d’information auprès des collectivités et de la population, en particulier les enfants : développer l’éducation en matière de risque naturels dans les territoires de montagne (culture du risque).

Pour mieux impliquer la population dans la gestion du risque et réduire la vulnérabilité des personnes, il faudrait associer systématiquement l’information sur la carte des dangers/risques à une information sur les règles à suivre en cas de danger.

Pour répondre aux obligations croissantes de prendre en compte le changement climatique, il paraît indispensable d’étudier une stratégie commune aux différents gestionnaires du risque, en particulier pour mettre en œuvre la Directive Inondation de manière coordonnée dans les différents pays alpins. Cette démarche passe par une concertation entre les techniciens concernés mais devrait aussi s’appuyer sur une harmonisation des lois nationales, locales, cantonales…

Enfin, concernant la recherche sur les aléas et son lien avec les gestionnaires de territoire, plusieurs recommandations peuvent être faites :

  1. rapprocher les équipes qui ont des approches scientifiques variées, y compris des entreprises privées (réseau de compétences) ;
  2. affecter des moyens sur les diagnostics des risques potentiels sans attendre la situation de crise ;
  3. encourager et investir dans la recherche en parallèle de la gestion opérationnelle des risques, afin d’étendre les connaissances et de développer l’expérience sur l’analyse du risque.
  4. approfondir la réflexion sur un outil de classification multicritères des sites par niveaux de sensibilité au risque, sur la base du travail réalisé pour les Sites Sensibles aux Avalanches (SSA) et adapté pour les sites torrentiels, les sites glaciaires…

De façon générale, il paraît important d’impliquer davantage les scientifiques, qui sont encore souvent en marge des dispositifs de gestion des risques. L’établissement de liens plus étroits entre scientifiques et gestionnaires pourrait passer notamment par des journées d’échange (l’exemple de ce séminaire d’expert paraît fructueux).

Références citées :