Réf. Deline 2011 - P

Référence bibliographique complète

DELINE, P. 2011. Ecroulements rocheux et dégradation du permafrost en haute montagne. Actes du séminaire international d’experts « Adaptation de la gestion des risques naturels face au changement climatique » 26 janvier 2011, Domancy (Haute-Savoie). [Actes en ligne]

Abstract:

Mots-clés
 

Organismes / Contact

• Laboratoire EDYTEM , CNRS/Université de Savoie

Ce séminaire s'est déroulé dans le cadre du WP6 du projet ADAPTALP.


(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
 

 

   

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période(s) d'observation
           

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions

 

Observations

 

Modélisations

 

Hypothèses

 


Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 


(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions

 

Observations

 

Modélisations

 

Hypothèses

 


Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 

 


(3) - Effets du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions

 

Observations

Reconstitution des écroulements passés depuis 150 ans dans le massif du Mont-Blanc : L’observation et la comparaison de ces photographies complétées par des mesures de terrain ont permis de répertorier une cinquantaine d’événements depuis la fin du Petit Âge Glaciaire jusqu’à aujourd’hui. Ces événements se sont produits pour l’essentiel au cours des soixante dernières années, avec des volumes variables, de plusieurs centaines à plusieurs centaines de milliers de m3. Cette analyse a permis de mettre en évidence deux périodes principales qui se caractérisent par une fréquence accrue des écroulements : une première période à la fin des années 1940 et au début des années 1950, puis une seconde à partir des années 1980. La première période présente une activité qu’on ne retrouve pas au cours des périodes antérieures, puisque pendant près d’un siècle, depuis la fin du Petit Âge Glaciaire jusqu’au milieu du XXe siècle (1947 pour les Aiguilles de Chamonix et 1950 pour les Drus), pratiquement aucun éboulement ne s’était produit – mis à part un petit écroulement au Drus déclenché par un séisme en 1905. La fréquence des écroulements a ensuite très fortement diminué au cours des années 1970, avant d’augmenter à nouveau jusqu’à atteindre une fréquence particulièrement marquée au cours des deux dernières décennies, en particulier dans le secteur des Aiguilles de Chamonix (où le nombre d’événements est plus important) mais aussi sur la face ouest des Drus (avec une augmentation des volumes liée à la succession d’événements qui ont conduit à l’écroulement du pilier Bonatti en juin 2005). Il y a donc une forte corrélation entre l’occurrence de ces événements depuis 150 ans et les périodes les plus chaudes observées à Chamonix au XXe siècle (l’été et l’année 1947 étant le second été le plus chaud – après celui de 2003 – et l’année la plus chaude enregistrés depuis 1934) et au début du XXIe siècle, en particulier au cours des deux dernières décennies qui présentent la plus forte augmentation des températures moyennes.

Etude des écroulements actuels : Entre 22 et 72 événements se sont produits chaque été entre 2007 et 2009 – une trentaine d’événements non encore analysés ont été répertoriés pour 2010. Là encore, on observe une étroite correspondance entre l’occurrence de ces écroulements et les périodes chaudes (par exemple entre le 10 août et début septembre en 2009, et pendant les trois premières semaines de juillet 2010). En outre, l’exploitation de l’imagerie satellitaire (SPOT) de l’été 2003 a permis de relever 182 écroulements sur l’ensemble du massif dont 152 situés dans le secteur couvert par le réseau d’observateurs, c’est-à-dire deux fois plus qu’au cours de l’année 2009 très active. Bien que la série d’observation soit assez courte, on retrouve donc pour un pas de temps beaucoup plus court la relation mise en évidence sur les derniers 150 ans entre l’occurrence des écroulements en haute montagne et les conditions climato-météorologiques dans lesquelles ils s’inscrivent.

Modélisations

 

Hypothèses

 


Paramètres de l'aléa
Sensibilité du paramètre de l'aléa à des paramètres climatiques et du milieu
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

Fréquence et intensité des écroulements

L’étude de la relation entre les éboulements rocheux en haute montagne et la dégradation du permafrost sous l’effet du changement climatique doit prendre en compte trois problèmes spécifiques :
• Le permafrost étant un état thermique, sa présence ne peut pas être attestée simplement « à l’œil nu » contrairement à celle des autres phénomènes de haute montagne (glaciaires, avalancheux, torrentiels, etc.), en particulier dans les parois rocheuses (alors que les formations superficielles peuvent présenter des formes qui témoignent de la présence du permafrost, telles que les glaciers rocheux). La prise en compte du permafrost implique tout d’abord de préciser sa localisation, sa distribution en profondeur et son évolution dans le temps.
• Il s’agit ensuite de préciser la relation entre l’occurrence des écroulements et l’éventuelle dégradation du permafrost (qui se manifeste en particulier par la mise au jour et/ou la fonte de la glace présente dans les fissures des parois rocheuses).
• Concernant les écroulements eux-mêmes, il convient de déterminer si ces phénomènes sont plus fréquents aujourd’hui que par le passé et si leur magnitude augmente ou non, en tenant compte des possibles biais qui pourraient résulter de l’intérêt croissant qu’on leur porte et de l’amélioration continue des moyens d’observation.

Reconstitution des écroulements passés depuis 150 ans dans le massif du Mont-Blanc : Le laboratoire EDYTEM travaille sur ces thèmes de recherche à partir des observations et des analyses menées depuis plusieurs années dans le massif du Mont-Blanc. L’une des méthodes employées pour l’étude des écroulements en haute montagne qui permet de s’affranchir des possibles biais d’observation est l’utilisation non pas des seuls témoignages historiques mais des photographies. Cette méthode a été mise en œuvre sur deux secteurs pour lesquels le large corpus de photographies historiques disponible offre une couverture temporelle à peu près continue depuis 150 ans : la face ouest des Drus et le versant nord des Aiguilles de Chamonix. Ces clichés (plusieurs centaines) permettent de remonter jusqu’à 1860, période de l’avènement de la photographie de montagne, qui correspond à la fin du Petit Âge Glaciaire.

Etude des écroulements actuels : Cette approche sur photographies est complétée par un réseau d’observateurs constitué de guides et de gardiens de refuges, mis en place depuis 2005 en collaboration avec les collègues valdôtains dans le cadre du projet Alcotra PERMAdataROC et qui se poursuit dans le cadre du projet Espace Alpin PermaNET. L’intérêt d’un tel réseau d’observation provient de son caractère systématique et repose évidemment sur sa pérennité. Ce réseau est pleinement fonctionnel depuis 2007 sur les versants français (chamoniard) et italien du massif du Mont Blanc. Par ailleurs, ces observations sur ces pas de temps séculaire et annuel sont complétées par des relevés par laserscanning effectués dans l’ensemble du massif avec une périodicité annuelle sur une douzaine de parois type dont certaines sont équipées de capteurs de température de la roche. Ces relevés permettent de repérer les secteurs affectés par des écroulements et d’évaluer leur volume en vue de mieux comprendre ces processus et leurs relations avec l’évolution des températures mesurées sur les parois. L’ensemble de ces observations s’articule avec une étude du permafrost lui-même développée sur le site de l’Aiguille du Midi dans le cadre du projet PermaNET, qui comprend notamment des mesures en continu des températures dans la roche pour étudier leur réponse au forçage climato-météorologique aux différents pas de temps.


(4) - Remarques générales

[Voir aussi la discussion dans les actes]


(5) - Préconisations et recomandations

 

Références citées :

Ravanel L., 2010. Caractérisation, facteurs et dynamiques des écroulements rocheux dans les parois à permafrost du massif du Mont Blanc. Thèse Université de Savoie, 326 pp.

Ravanel L., Deline P., 2008. La face ouest des Drus (massif du Mont-Blanc) : évolution de l’instabilité d’une paroi rocheuse dans la haute montagne alpine depuis la fin du petit âge glaciaire. Géomorphologie : relief, processus, environnement 4, 261-272.