Réf. Deline 2006 - P

Référence bibliographique complète
GEOLOGIE ET RISQUES NATURELS : LA GESTION DES RISQUES AU PAYS DU MONT BLANC (18 nov. 2006, Sallanches). Réchauffement climatique actuel et dynamique des versants de haute montagne. DELINE P. / éd. par F. AMELOT, Centre de la Nature Montagnarde, Sallanches.

Mots-clés
Réchauffement climatique, haute montagne, dynamique des versants, recul des glaciers, fonte du permafrost

Organismes / Contact
Laboratoire EDYTEM (UMR 5204 CNRS), CISM, Université de Savoie, 73376 Le Borget du Lac, France
pdeli@univ-savoie.fr
(Dans le cadre du projet de coopération transfrontalière "A la découverte des plux beaux paysages géologiques du Pays du Mont-Blanc" / Programme européen Interreg IIIA 2000-2006 ALCOTRA France-Italie)

(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
  Glaciers, permafrost, végétation Mouvements de terrain
Aléas glaciaires
Crues torrentielles
Eboulements
Vidange de lac, rupture de poche, chute de séracs

Pays / Zone
Massif / Secteur
Altitude
Période(s) d'observation
France Suisse Italie Alpes
Massif du Mont Blanc
   

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
 

Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 

(2) - Impacts du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions
 
Observations
Une canicule comme celle de l'été 2003 a engendré la fusion de plus de 5 % du volume total des glaciers de la Suisse.
Modélisations
 
Hypothèses
Les limites d'étages de végétation connaissent une translation lente vers le haut, qui pourrait atteindre 600 et 800 m pour les limites inférieure (2200 m actuellement) et supérieure (2800 m actuellement) de l'étage alpin en cas de hausse de la température moyenne de 3.8°C (Ozenda & Borel, 1991). La mutation du couvert végétal pourrait entraîner la régression de l'Epicéa en basse altitude dans certaines vallées intra-alpines (Valais, Vallée d'Aoste), alors que cette essence qui tolère un stock hydrique faible protège certains de leurs versants, notamment contre les avalanches (Bader & Kunz, 1998).

Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 

(3) - Impacts du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
Les modifications de la dynamique actuelle de la plupart des glaciers produisent une série de phénomènes qui peuvent engendrer des risques pour les sociétés montagnardes :
Formation de lacs supraglaciaires et juxtaglaciaires, comme le lac de Rochemelon (Haute-Maurienne) ou le Lago Effimero sur le glacier du Belvedere (Piémont), d'un volume de 3 Mm3 en 2002 et dont la vidange brutale aurait menacé le village de Macugnaga.
Chute de séracs depuis le front de glaciers suspendus en haute altitude (dont c'est le mode normal d'ablation), comme au  glacier des Grandes Jorasses en 1997 et 1998, mais aussi de glaciers de plus basse altitude dont le front s'est retiré sur un gradin rocheux. Ainsi, le front du glacier de Frébouge (Val Ferret) s'est écroulé en partie en septembre 2002, engendrant une avalanche de séracs de 100 000 m3 de glace qui a recouvert la partie supérieure du cône, heureusement non fréquentée ce jour-là.
Vidange de poche d'eau intraglaciaire, comme celle qui s'est produite par exemple à deux reprises en juillet 2003 au front du glacier de Frébouge, à l'aval immédiat duquel elle a engendré d'importantes laves torrentielles.
Décompression des pieds de versant du fait de la diminution voire de la disparition de la pression glaciaire, ce qui favorise éboulements et écroulements.

La dégradation du permafrost dans les terrains de haute montagne (c'est-à-dire de leur tranche superficielle qui est d'ordinaire à température constamment négative) du fait du réchauffement climatique actuel se traduit également par une intensification de phénomènes à risques :
éboulements de quelques dizaines de m3, avec par exemple une très haute fréquence dans le massif du Mont Blanc lors de l'été 2003 ;
écroulements dont les volumes sont variables, de quelques milliers de m3 comme à la Tour des Grandes Jorasses en mai 2002, à plusieurs centaines de milliers de m3 comme aux Drus en juin 2005, voire à plusieurs millions de m3 comme à la Punta Thurwieser (Valtellina, Italie) le 18 septembre 2004. Le volume rocheux écroulé (environ 2,5 Mm3) a parcouru des distances horizontale et verticale de 2500 et 1400 m.
les formations superficielles telles que les talus d'éboulis ou les tills déposés par les glaciers sont plus facilement mobilisés lorsque la glace interstitielle qu'elles contenaient se dégrade ou disparaît : la formation de laves torrentielles est favorisée lors d'épisodes pluvio-orageux.

Toutefois, d'autres phénomènes ne sont pas principalement contrôlés par le réchauffement climatique. Ainsi, les incendies qui ont affecté la partie méridionale des Alpes suisses sont passés de 33 à 90 par an entre la 1ère et la 2ème moitié du XXe siècle. Les évolutions de la gestion de ces forêts semblet être le facteur principal de cette hausse.

Vers une intensification des processus torrentiels ?

Des crues alluviales et torrentielles ont ravagé plusieurs vallées des Alpes occidentales depuis le début des années 1990. C'est ainsi que celles d'octobre 2000 ont dramatiquement marqué la mémoire des Valdôtains et affecté leur territoire. Déclenchée par 3 jours de précipitations intenses (> 170 mm, avec un maximum de 605 mm), cette crise a engendré 259 laves torrentielles et 385 mouvements de terrain.

Pour autant, d'autres crues dramatiques ont eu lieu en Vallée d'Aoste en des temps qui n'étaient pas caractérisés par le changement climatique actuel, comme les crues alluviales et torrentielles de mai et octobre 1846, à la fin du PAG - plus d'une trentaine de localités gravement affectées, parfois à deux reprises. Si la question d'une intensification de ce type d'aléa dans la période post-PAG reste posée, l'accroissement de la vulnérabilité des biens et des personnes ne fait en revanche pas de doute, et il importe donc de prendre en compte l'évolution de la part de ces deux composantes du risque lorsque l'on analyse l'éventuelle exacerbation de celui-ci.

Paramètres de l'aléa
Sensibilité du paramètre de l'aléa à des paramètres climatiques et du milieu
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 
 

(4) - Remarques générales
 

(5) - Préconisations et recomandations
Ainsi, le très fort contrôle qu'exercent les processus glaciaires et périglaciaires (permafrost) sur la morphodynamique actuelle des versants de haute montagne souligne l'importance d'une meilleure compréhension de ceux-ci et de leurs interactions avec les processus gravitaires et torrentiels si l'on veut appréhender les risques qui leur sont associés et permettre leur gestion de la manière la plus efficace qu'il soit en contexte de changement climatique accéléré.

Références citées :

Bader, S. & Kunz, P. (Eds), 1998. Climat et risques naturels. La Suisse en mouvement. Georg/vdf, Genève/Zürich, 312 p. - [Fiche biblio]

Ozenda, P. & Borel, J.-L., 1991. Les conséquences écologiques possibles des changements climatiques dans l'arc alpin. Rapport Futuralp, 1 : 49 p.