Réf. ProClim 1999 - E

Référence bibliographique complète

PROCLIM 1999 : De pareils hivers à avalanches sont-ils encore normaux ? Climate-Press N°5 / avril 1999, 2 p.


Résumé : L’hiver extrême de 1999 a résulté de conjonction simultanée de divers facteurs. Les probabilités d’occurrence statistique d’une telle conjonction sont certes faibles, mais on doit s’attendre normalement à une telle éventualité dans un intervalle déterminé. On ne peut mettre les très abondantes chutes de neiges en relation directe ni avec l’Oscillation Nord Atlantique, ni avec l’effet de serre. Selon le lent réchauffement global, on s’attend en premier lieu à une intensification des précipitations. On doit s’attendre à l’avenir de temps à autre à des hivers froids et très enneigés, en raison de la grande variabilité naturelle qui existe d’année en année.

Mots-clés
Avalanches, hiver 1999, enneigement, variabilié naturelle

Organismes / Contact
ProClim : Forum sur le climat et le changement global, Académie Suisse des Sciences Naturelles
OcCC : Organe consultatif en matière de recherche sur le climat et les changements climatiques

(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
Circulation atmosphérique (champs de pression / vent) Enneigement Avalanches  

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période(s) d'observation
Alpes         Hiver 1999

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions
 
Observations
On dispose des premiers résultats concernant l’évolution des précipitations en Suisse durant le XXème siècle. A l’ouest et au nord-ouest du pays, les précipitations ont augmenté d’environ 30 %. Fait intéressant, cette augmentation n’est pas directement attribuable à une modification des situations météorologiques. Il semble plutôt qu’avec le réchauffement général, une augmentation de l’humidité soit constatée dans toutes les situations météorologiques. L’augmentation de la vitesse des vents a peut-être également joué un rôle.

Les conditions atmosphériques de l'hiver 1999 sont jugées habituelles : courants d’ouest début décembre, hautes pressions (anticyclones) sur l’Europe vers mi-décembre, temps de dégel à Noël, tempêtes de neige et arrivées d’air polaire continental après le 20 janvier, temps froid et humide débutant fin février. D’après ce calendrier approximatif, les chutes de neige et les arrivées d’air froid de cet hiver sont intervenues presque dans les délais habituels. En revanche, la durée du régime de nord-ouest et la quantité énorme de masses de neige ont été exceptionnelles.

En janvier/ février 99, la conjonction de divers facteurs a conduit à l’accumulation d’une grande quantité de neige :
• à chaque retour de la situation typique, la zone qui présentait les vents les plus violents a concerné le secteur des Alpes. Ceci a eu pour conséquence un effet de barrage maximal.
• la zone de vents violents était très étendue (de l’Islande à la Méditerranée). Elle est restée pratiquement stationnaire plusieurs jours durant. Ceci a conduit à une situation de vent de nord-ouest avec un haut degré d’humidité.
• le changement de type de situation, avec d’autres vagues étendues, a également provoqué des situations avec des vents de secteur nord-ouest.

Tous ces facteurs pris isolément ne sont pas inhabituels, mais leur conjonction durant l’hiver écoulé a été inhabituelle, bien que celle-ci ait une probabilité statistique d’occurrence mesurable. De ce point de vue, un tel événement peut être considéré comme rare, mais tout à fait « normal » et possible dans le futur.
Modélisations
Des analyses statistiques montrent que l’oscillation nord atlantique (NAO) explique plus d’un tiers des variations climatiques du domaine s’étendant de l’Atlantique nord à l’Europe occidentale. Lorsque l’écart entre les pressions qui règnent sur l’Islande et sur les Açores est grand, les vents d’ouest prédominent de manière accrue comme se fut souvent le cas des années 1974 à 1995 (par exemple en janvier 1993). Dans de tels cas, le climat des Alpes est plus chaud avec de plus faibles chutes de neige. Mais si l’écart des pressions est faible et les vents d’ouest moins forts, on a plutôt affaire à des vents froids du nord ou à la bise, comme durant l’hiver 1963, où les lacs gelèrent, ou encore durant l’année 1985. Cette oscillation ne peut cependant pas expliquer les fortes précipitations hivernales.

Toutefois, il existe encore d’autres modèles de pressions et de courants assez régulièrement observables en hiver, qui peuvent être considérées comme « normaux ». Une de ces situations, caractérisée par des pressions centrées sur le golfe de Gascogne et la Russie, conduit aux courants de nord-ouest observés cet hiver sur de longues périodes. Elle explique également une grande partie de la variabilité à long terme. Sur la base des connaissances actuelles fondées sur des mesures et des modèles à disposition, il est impossible de savoir si les événements océaniques et atmosphériques associés à cette deuxième situation sont liés à la NAO.

Les deux modèles évoqués ci-dessus proviennent exclusivement d’analyses statistiques. Certains facteurs physiques entrant en interaction avec la répartition des pressions sont connus (par exemple la température de la surface océanique ou la répartition des banquises polaires), mais il n’a pas été jusqu’à présent possible de les corréler de manière certaine avec ces oscillations de pressions. Aussi longtemps que ces phénomènes ne seront pas mieux connus, on ne pourra pas faire de prévisions à long terme pour l’Europe.

Il se pose ainsi immédiatement la question de savoir si ces résultats tangibles (augmentation des précipitations) constituent ou non un signal de l’augmentation de l’effet de serre. Mais on ne peut pas y répondre de manière défnitive en se basant sur une durée d’observation trop brève. On ne peut guère que s’appuyer sur les modèles climatiques globaux, à l’aide desquels on ne peut pas faire de prévisions, mais uniquement émettre des scénarios plausibles. La majorité des calculs « modélisés » indique un accroissement de l’énergie dans le système atmosphère avec l’accumulation de l’effet de serre. Ceci laisse prévoir davantage de vents d’ouest et donc un climat hivernal plus chaud dans les Alpes.
Hypothèses
L’hypothèse d’Alpes moins enneigées à l’avenir est-elle encore valable malgré l’hiver 1999 ? En principe oui. Evidemment l’effet de serre est un processus lent, presque imperceptible et donc dangereux. Une des caractéristiques les plus importante du système climatique est cependant sa grande variabilité (naturelle) d’année en année, fait que chacun peut clairement percevoir. Lorsque davantage d’humidité est « injectée » dans l’atmosphère en raison de l’effet de serre, il est tout à fait normal que, malgré la tendance au réchauffement, lors d’un régime de nord-ouest avec barrage au nord ou encore au sud, d’abondantes chutes de neige interviennent à nouveau dans les Alpes certaines années.

Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)



(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
 

Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
   

(3) - Effets du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
Un événement tel que celui de l'hiver1999 avec des avalanches généralisées à l'échelle des Alpes peut être considéré comme rare, mais tout à fait « normal » et possible dans le futur.

Paramètre de l'aléa
Sensibilité du paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 
 

(4) - Remarques générales

 


(5) - Syntèses et préconisations