Réf. Demirdjian 2004 - A

Référence bibliographique complète
DEMIRDJIAN, S. Risques naturels et passage de l'incendie : l'expérience de la RTM. "Dossier pratiques", RDV techniques n°4. Printemps 2004 ONF.

Mots-clés
Incendies, impacts sur les risques naturels, laves torrentielles, coulées de neige, chutes de blocs

Organismes / Contact
ONF / RTM

(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
 
Forêt / végétation
Cours d'eau
Erosion
Feux de forêt
Crues torrentielles Mouvements de terrain
Avalanches
Laves torrentielles
Chutes de blocs
Coulées de neige

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période(s) d'observation
France Secteurs montagneux gérés par les RTM (Pyrénées, Alpes, Corse)       ~ 1980 - 2004

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions  
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
 

Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 


(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
 

Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
   

(3) - Impacts du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations


Hypothèses

Impacts envisageables en cas d'une extension de la fréquence et/ou de l'aire de répartition des incendies dans les Alpes :

Amplification des crues :
La profondeur du sol et la végétation, qu'elle soit forestière ou non, jouent un rôle bénéfique pour les crues. Après disparition de la végétation suite à un incendie, on peut s'attendre à une augmentation des débits liquides et de fait, solides.

Les enseignements des bassins versants expérimentaux permettent de mieux appréhender l'évolution des phénomènes. Ainsi, suite à un incendie en 1990, la disparition du couvert végétal du petit bassin versant du Rimbaud (Var) a permis d'observer jusqu'à un triplement des pics de crue et de 30 à 40 % d'augmentation des volumes de crues. Le débit de crue décennal (avant incendie) a ainsi été dépassé plusieurs fois dans les mois qui ont suivi l'incendie. Cependant, en quelques années de reprise de la végétation après l'incendie, cet effet avait disparu.

Érosion et transport solide aggravés :
Du fait de la disponibilité de nombreux arbres morts ou souches, voire de blocs rocheux autrefois retenus par la végétation ou le sol, les risques d'embâcles augmentent, et les ouvrages de franchissement peuvent alors devenir de véritables obstacles à l'écoulement de l'eau.

Après le feu, le sol est recouvert de cendres et de charbons de bois, la partie superficielle est "cuite" et a perdu sa cohésion. Ces matériaux fins et abondants sont très favorables à la formation de laves torrentielles. Les cendres, susceptibles de jouer le rôle de lubrifiant, amplifient ainsi l'entraînement des matériaux. Une augmentation du ravinement des formations superficielles peut s'observer; le sol n'étant plus protégé, les précipitations sont beaucoup plus agressives.

Le lit peut être dépavé par ces crues plus importantes. Une reprise d'érosion se produit alors, linéaire dans le lit avec risque d'affouillement des berges, en nappe dans les versants, augmentant de la sorte le volume de matériaux mobilisés.

Ainsi, le 6 juillet 1982, un incendie parcourait 2000 ha dans le massif de Chamatte (Alpes-de-Haute-Provence). Quelques jours plus tard, le 18 juillet, un orage banal mais violent provoqua une crue des petits ravins traversant le village d'Angle, recouvrant la place et certaines routes de 50 cm de boue. Ces ravins étaient pourtant considérés comme éteints !

Mouvements de terrain :
L’effet d'un incendie sur les mouvements de terrains concerne surtout les chutes de blocs. Les ravinements, l'absence de végétation, la déstructuration des sols, provoquent la mise en mouvement de blocs dispersés sur les versants. Dans quelques cas, le fort contraste thermique a entraîné l'écaillage en surface de la roche (incendies de Restonica et Vivario, Corse en 2000).

- Chutes de blocs/pierres les jours qui ont suivi l'incendie du mont Barret (Isère) le 12 août 2003 + nouvelles chutes de pierres en janvier 2005.

- Chutes de pierre suite à l'incendie du Néron (destruction du sous-bois et végétation localement ; éclatement de la roche de surface au-dessus de l'Hermitage (St-Martin-le-Vinoux) dès les premiers jours.

Les largages des avions bombardiers d'eau sont aussi susceptibles de provoquer le départ de quelques éléments sur fortes pentes.

Avalanche :
La végétation arbustive et surtout arborée joue un rôle important dans la fixation du manteau neigeux, en particulier par l'ancrage dû aux troncs et l'interception par les branches. La disparition du couvert forestier entraîne également une modification de la métamorphose de la neige et des propriétés mécaniques du manteau neigeux, donc de sa stabilité. On peut s'attendre alors à des coulées de neige, selon l'importance de la disparition de la végétation

En février 2002, un incendie a par exemple détruit une grande partie de la forêt domaniale RTM de Peyresourde (Hautes-Pyrénées), créée pour protéger la route du col contre les avalanches ; on n'a heureusement pas constaté depuis d'apparition de coulées, peut-être en raison de l'effet d'encrage des troncs calcinés maintenus en place.


Paramètre de l'aléa
Sensibilité du paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 
 

(4) - Remarques générales

Le lien avec le réchauffement climatique n'est pas évoqué dans cet article mais celui-ci apporte de nombreux exemples des impacts potentiels sur le milieu et sur les risques naturels en cas d'un accroissement de la fréquence et/ou d'une extension de l'aire de répartition des incendies dans les Alpes...


(5) - Syntèses et préconisations