Réf. Evin 1990 - A

Référence bibliographique complète

EVIN, M., 1990. Les risques naturels dans un espace montagnard : la Haute Ubaye. Revue de géographie alpine, Tome 78, N°1-3, 175-192. [Etude en ligne]

Abstract: Abstract. - The Upper Ubaye valley represents a scarcely populated, isolated mountain cell with a rather small turnover of seasonal visitors. Due to its geological complexity, it can be considered as an actual «museum» of natural disasters. This article deals various types of such catastrophic phenomena, ancient natural disasters linked with post-glacial decompression, some rather unfrequent phenomena like a glacier outburst, and much more tremendous disasters, earthquakes and floods which twice caused severe damage to the valley. The mountain area concerned is constantly subject to natural hazards, such as avalanches and rockslides, that cause few deaths so long as there is no real increase in the visiting population. Those great slope equilibriums have recently been put to question, as a result of man's impact, together with too narrow a view on the actual nature of such natural equilibriums and on the limits that should be ascribed to human interference with an environment that appears to be fragile. Résumé

Résumé : La Haute vallée de l'Ubaye est une cellule montagnarde isolée, faiblement peuplée et fréquentée, qui par sa complexité géologique se présente comme un véritable «musée» des catastrophes naturelles à toutes les échelles. Dans cet article sont évoquées les catastrophes anciennes liées à la décompression post-glaciaire, des catastrophes peu fréquentes comme une vidange glaciaire mais aussi les bouleversements de plus grande ampleur tels séismes et inondations qui à deux reprises ont porté un rude coup à la vallée. Ce domaine montagnard est soumis constamment à des risques naturels qui, tels les avalanches et les chutes de blocs, font peu de morts tant que la fréquentation touristique n'augmente pas. Une récente remise en question des grands équilibres des versants est due à l'action humaine, soutenue par une conception trop limitée des équilibres naturels et des limites ďintervention à ne pas dépasser dans un milieu qui s'avère fragile.

Mots-clés
Risques naturels - Catastrophes - Prévention - Montagne - Alpes

Organismes / Contact

• I.G.A./L.A.M.A., Université Joseph Fourier, 17, rue Maurice Gignoux, 38031 Grenoble Cedex (France)


(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
Précipitations   Aléas d'origine climatique (laves torrentielles, avalanches et phénomènes d'origine glaciaire)  

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période(s) d'observation
Alpes françaises Haute vallée de l'Ubaye (dép. des Alpes-de-Haute-Provence, canton de Saint-Paul-sur-Ubaye)     1300-2650 m  

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions

 

Observations

Phénomènes annuels ou pluriannuels : Dans ce domaine climatique de nuance méditerranéenne, les précipitations se font souvent sous forme d'averses brutales. Depuis 4 à 5 ans on note une recrudescence de ce type d'averses, localisées sur les petits bassins versants. Ces événements brutaux entraînent la formation de laves torrentielles. (...)

Modélisations

 

Hypothèses

 


Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 


(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions

 

Observations

 

Modélisations

 

Hypothèses

 


Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

Le cadre géographique et géologique : La Haute Ubaye, jusqu'à Maurin (1900 m d'altitude) se développe dans les schistes lustrés de la zone piémontaise et se caractérise par des pentes régulières mais raides et de fortes altitudes. L'érosion a dé veloppé une multitude de ravins, faiblement incisés, parcourus lors des orages par des flots boueux et canalisant en hiver et au printemps les avalanches. La rivière franchit ensuite les nappes de la zone briançonnaise. (...) Les contraintes naturelles et morphologiques sont fortes dans ce haut pays provençal, au climat fortement marqué par l'emprise de la montagne.

Une cellule montagnarde au climat souvent excessif : L'amplitude thermique annuelle est forte et les températures varient entre des froids brutaux (- 30 °C) et des chaleurs excessives (+ 30 °C). La moyenne annuelle de Saint-Paul sur Ubaye est de + 7 °C (- 2 °C moyenne de janvier, + 17 °C de moyenne juillet), mais ces moyennes n'ont pas grande signification et le rôle morphologique du gel-dégel est plus important.

Le total des précipitations est de 782 mm à Saint-Paul (1951-1970). Commandées à la fois par des infuences méditerranéennes et de subits coups de Lombarde humide venus d'Italie, ces précipitations sont mar quées par une très grande irrégularité (Juin 1950 : 20 mm contre 201,6 mm en Juin 1957 - Janvier 1964 : 0,5 mm contre 145 mm en janvier 1955 !). Lorsqu'elle ne se fait pas attendre jusqu'en janvier (1897 et 1988) ou même fin février (1989), la neige peut tomber en abondance car les précipitations s'accroissent avec l'altitude (près de 1200 mm de précipitations à Maljasset à 2000 m d'altitude). Dans ces montagnes pastorales, tant à cause de la deforestation liée au pacage qu'en raison des contraintes climatiques, la forêt s'élève rarement au-dessus de 2000 m d'altitude où l'on découvre de grands versants dénudés. L'absence de manteau neigeux tout autant que l'abondance de certaines chutes de pierres va contribuer à démanteler les parois, à dégrader les versants.

 


(3) - Effets du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions

 

Observations

Climat et risques naturels : Deux formes de précipitations peuvent, en cas de quantités excessives, occasionner des dégâts importants : la pluie et la neige. Leur action se combine souvent pour donner des phénomènes catastrophiques.

Phénomènes annuels ou pluriannuels : Dans ce domaine climatique de nuance méditerranéenne, les précipitations se font souvent sous forme d'averses brutales. Depuis 4 à 5 ans on note une recrudescence de ce type d'averses, localisées sur les petits bassins versants. Ces événements brutaux entraînent la formation de laves torrentielles. Deux types peuvent être distingués :

— Les laves torrentielles printanières : L'eau des averses violentes se combine avec l'eau de fusion nivale pour imbiber la matrice fine des éboulis et occasionner en mars-avril, des laves dont les chenaux et les bourrelets remanient d'anciens éboulis régularisant les versants (Gleizolles, la Reyssolle, Saint Antoine, Blachière).

— Les laves torrentielles estivales et automnales : A la suite de brèves séquences orageuses, il est fréquent de voir la «route de Maurin» coupée à divers endroits entre Saint-Paul et Serennes dans le Flysch noir. A Maurin le fait est si fréquent que l'on a aménagé des passages «canadiens» bétonnés. Ces laves charriées par les torrents affluents peuvent barrer le cours de l'Ubaye sous forme de cônes aplatis, en amont desquels se créent des lacs temporaires. La rupture des barrages peut entraîner des dégâts à l'aval et menacer pêcheurs, campeurs ou amateurs de kayak. Un épisode de ce type s'est produit en août 1988. Le lac formé à l'amont de la lave du Riou Sec (qui pour une fois ne l'était pas) était fort heureusement modeste. L'Ubaye a pu s'écouler par dessus l'accumulation et la démanteler ensuite progressivement. Le 23 juillet 1989, de 16 heures à 18 heures un épisode pluvieux violent et localisé a déclenché l'écoulement d'énormes laves torrentielles dans le massif du Parpaillon. Celle du Riou Sec a totalement comblé le lit du torrent ; celle de la Lauzière a barré la route accumulant 4 à 5 m de biocailles et de boue au débouché du ravin.

— Les avalanches menaçant directement la rive droite de la route sont nombreuses (...). Le développement du ski de randonnée accroît grandement les risques. Les avalanches de poudreuse semblent un phénomène rare et présentent un risque moindre puisqu'elles affectionnent les couloirs d'ubac de la zone briançonnaise. La prévention est limitée : on se borne à interdire la route de Maurin aux véhicules des non riverains durant une partie de l'hiver. Aucun aménagement n'a été mis en place tel que barrière de protection... Les avalanches menacent directement le CD 902 au lieu dit La Reyssolle. (...)

Phénomènes exceptionnels. Crues exceptionnelles : La crue de la mi-juin 1957 reste présente dans toutes les mémoires des Ubayens. La couverture neigeuse persistait au-dessus de 2400 m. Les 13 et 14 juin tombèrent des averses exceptionnelles. De nombreuses avalanches se sont produites lorsque la pluie tiède a succédé à la neige. Ces avalanches transformées en «laves de neige fondue et de boue» (Tricart, 1960) ont provoqué des embâcles et des débâcles. Ensuite, c'est le ruissellement lié à la fusion de la neige qui a joué un grand rôle. Cette crue est «unique par ses effets dans tout le Postglaciaire» (Tricart, 1960). Elle a provoqué simultanément d'énormes engravements qui ont rendu inutilisables les champs de fond de vallée et de violents sapements du pied des versants qui sont déstabilisés depuis cette date.

Avalanches exceptionnelles : La mémoire collective conserve l'image de villages disparus sous des avalanches exceptionnelles. Une inscription au-dessus de la porte de l'église de Maurin rappelle que celle-ci n'a pas connu d'avalanches catastrophiques depuis 1531, date à laquelle l'église fut partiellement ou totalement détruite : «1531 e lo 14 de février slavanchat ola gliezo».

Le climat excessif de la vallée n'est pas seul en cause. La nature des roches, la trituration tectonique conjuguent leurs efforts avec les averses violentes, la neige et le gel pour occasionner toute une série de chutes de blocs ou de glissements dont les origines sont multiples.

Géologie et risques naturels : Les glissements de terrain sont monnaie courante en montagne. Le matériel rocheux : schistes lustrés et flyschs se prête à la solifluxion qui boursouffle les versants déformés sous l'action des argiles gonflées d'eau de fusion nivale.

— Les glissements de terrain : Le bassin de Saint-Paul, évidé dans le flysch noir est affecté par des glissements généralisés. A ces phénomènes de solifluxion plus ou moins ancienne, active actuellement au-dessus de 2500 m, s'ajoute l'ac tion du clivage ou du fauchage des bancs dans les schistes. L'effet est encore renforcé par le démantèlement d'une couverture morainique ar gileuse épaisse par endroits. Certaines coulées sont stabilisées, d'autres sont prêtes à se remobiliser en raison de l'entaille des bas de versants due à la crue de 1957 et sur laquelle n'a été tenté aucun aménagement, comme cela a été fait à Meyronnes, sous la route du Col de Larche, plus fréquenté. Le bas de la route du col de Vars montre des glissements actuels et fréquents.

Le site de Parouart, à l'amont de Maurin, présente un intérêt géomorphologique particulier en ce sens que les versants sont totalement remaniés par des glissements complexes.

Le «coup de cuillère» de Combrémont : Au-dessus du dernier ha meau de Maurin se développe une langue de blocs et de débris hétérométriques dont la cicatrice est visible au flanc Sud de l'Eyssassa (2917 m - I.G.N. l'Echasse). Il découpe une zone tectoniquement af faiblie à la limite des calcschistes de la zone de Ceillac-Chiappera et d'un noyau ophiolithique appartenant aux schistes lustrés. Cette masse gigantesque a frappé les esprits. On parle de hameaux dis parus dont une croix et l'ancienne chapelle Saint-Barnabe, actuellement détruite, montreraient l'existence. Nous pensons cependant qu'il ne s'agit pas là d'une catastrophe récente, mais plutôt d'un de ces énormes éboulements qui parsèment les Alpes et sont contemporains du retrait des grands glaciers (décompression glaciaire). Que des paquets écroulés soient venus apporter leur surcharge à l'amont, par la suite, rien d'impossible. Cette idée est corroborée par le fait qu'au Tiéouré voisin, dans le même matériel rocheux, un vaste éboulement a entraîné d'une part de la moraine, d'autre part a sectionné la langue d'un glacier rocheux.

La chute du glacier rocheux du Tiéouré : Si l'essentiel de l'éboulement est ancien, la cicatrice reste visible à l'amont. Il semble que l'extrémité de la langue du glacier rocheux se soit écroulée récemment (années 1940). Si l'on croît J. Goguel, il aurait vu de la glace de regel entre les blocs, à la belle saison, à seulement 2200 m d'altitude dans le bassin de Parouart. Il s'agit d'un glacier rocheux probablement inactif qui s'étale en versant Sud entre 2900 m et 2600 m, mais la glace interne peut se maintenir durant des siècles. Le long de tels versants l'évolution en deux temps semble la règle comme le montre le glissement de la Clapière (Alpes Maritimes) qui, après un écroulement post-glaciaire, fonctionne par glissements successifs historiques et actuels, sur plusieurs décennies toutefois. (Follacci et al., 1988). Toutefois de telles catastrophes surviennent rarement, ce qui réduit considérablement les risques en des lieux de surcroît inhabités.

L'évolution des versants de Parouart, commencée au post-glaciaire n'est cependant pas achevée comme en témoigne la formation du lac de Parouart. L'Ubaye se frayait péniblement un passage en rive gauche en raison de l'importante masse éboulée de rive droite (Tiéouré). Elle a été barré par un glissement de dimensions plus modestes, en rive gauche, dans un secteur actuellement boisé et qui ne l'était probablement pas à cette époque, en raison de la forte surcharge pastorale locale. Les habitants de Maurin disent que ce lac est très vieux, «au moins du XIXe siècle». Nos recherches aux archives de l'Institut Géographique National ont permis de retrouver les minutes de Bourcet (1778) sur les quelles le lac s'étendait sur un kilomètre de large. Sur ses bords n'est figurée aucune zone marécageuse. On nageait encore dans ses eaux en 1920. Peu à peu, le lac fut comblé par les alluvions des torrents, revigorés par l'incision accrue de 1957. La vidange se fait progressivement grâce à la lente et tenace incision de l'Ubaye. La catastrophe a été évitée puisque le barrage d'argiles glaciaires et de schistes compactés a tenu.

Les risques actuels : A notre échelle de temps, les risques demeurent nombreux dans la haute vallée. Pour rester dans le domaine des rivières barrées, nous pouvons évoquer la «catastrophe glaciaire» de 1971 qui a laissé d'indubitables traces géomorphologiques, en rive gauche de l'Ubaye. Elle n'a pas causé de victimes : la route passe heureusement en rive droite !

— Catastrophe glaciaire de Chauvet : Dans le vallon suspendu de Chauvet, vers 2700-2800 stagne sous une épaisse couverture de débris, la partie aval de la langue glaciaire de Chauvet. Le glacier de Chauvet, sur la face Nord du Massif de Chambeyron est un des derniers «restes» glaciaires des Alpes du Sud. La langue a toujours été décrite par les alpinistes grimpant à l'Aiguille de Chambeyron (voie normale) comme un lieu chaotique parsemé de dépressions plus ou moins grandes, occupées certaines années par des lacs. Il faut faire la part de l'exagération et ne pas trop s'attacher au lac bleu de 600 m qui se serait étalé entre les glaces mortes et les amas de blocailles. Toujours est-il que supra-glaciaire ou intra-glaciaire, une poche d'eau, gonflée par de brusques orages aux environs du 15 août, a rompu son barrage de glaces mortes et d'argiles compactées, dévalant le vallon de Chauvet sur près de 1000 m, démantelant au passage une partie de la moraine frontale.
Ce n'est pas la première vidange glaciaire avec effet de «chasse d'eau» qui a lieu dans ce vallon comme en témoignent les matériaux étalés sur le premier replat à l'amont, vers 2400 m d'altitude, qui présentent une altération plus grande que ceux de 1971.
A sa confluence avec l'Ubaye, le flot transformé en lac a déposé un cône aplati qui a barré la vallée de l'Ubaye et détourné la rivière vers la droite où elle mordait le talus instable façonné lors de la crue de 1957, menaçant dans son recul la route de Maurin. Dans un premier temps il semble que le lac temporaire se soit rompu entraînant les truites qui lors de la brève mais haute vague d'inondation (elle a recouvert d'une dizaine de centimètres d'eau la terrasse d'inondation de 1957 à Saint-Paul, 9 km à l'aval) sont restées sur «la plage» à la grande joie des pêcheurs. Ensuite l'homme est intervenu pour repousser l'Ubaye en rive gauche. Une partie du cône de 1971 a été entamée. On a prélevé du matériel de remblai à la base d'un éboulis stabilisé qui, depuis cette date est victime d'une reprise d'érosion régressive et menace de s'ébouler dans l'Ubaye à la faveur d'une avalanche ou d'une crue exceptionnelle. Cette action, même minime, montre à quel point les équilibres sont fragiles en milieu montagnard. Un lac rectangulaire aménagé en contrebas de la route signale cet aménagement mineur.
Si une catastrophe glaciaire est rarissime dans cette zone largement déglacée, les chutes de blocs, les éboulements et les écroulements par pans entiers des parois sont fréquents. Il n'est pas impossible d'ailleurs que les séismes augmentent le risque d'éboulement.

— Les séismes [...]

— Les chutes de blocs [...]

— Eboulement de paroi rocheuse [...]

Modélisations

 

Hypothèses

 


Paramètre de l'aléa
Sensibilité des paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 

 

 


(4) - Remarques générales

Les risques naturels : En raison de la faible fréquentation de la Haute-Ubaye, les risques naturels restent souvent des dangers potentiels. Ceci explique d'ailleurs le faible nombre d'aménagements consentis à ce canton à l'écart des grands courants touristiques. Par chance, on a déploré peu d'accidents mortels. Il faut distinguer les risques exceptionnels, dont la fréquence est faible mais dont l'ampleur peut être forte. Dans cette catégorie, la Haute-Ubaye, du fait de sa nature lithologique et structurale, apparaît comme un véritable «musée des catastrophes». L'autre catégorie de risques est celle de toutes les régions de mont agne. Les risques sont d'une part d'origine climatique : avalanches, inondations, laves torrentielles... d'autre part d'origine géologique : glissements de terrain, chutes de blocs, catastrophes glaciaires... Dans ce large inventaire nous n'avons retenu que les phénomènes qui affectent le fond de la vallée, modifiant les paysages et désorganisant la vie de relation.


(5) - Syntèses et préconisations

Conclusion : Les montagnards ont toujours vécu face aux risques, connus pour la plupart, admis par certains comme une fatalité (telle la contribution humaine aux avalanches meurtrières), contournés pour d'autres par des choix judicieux d'implantations. Le respect des grands équilibres, dû autant à la sagesse ancestrale qu'au manque de moyens, a permis de conserver une vallée soumise aux catastrophes inévitables comme aux petits risques. L'aménagement inexistant a le mérite de ne pas modifier des équilibres millénaires. Attaquer sans discernement la base des ver sants peut être extrêmement lourd de conséquences. Cela est monnaie courante dans les Alpes aussi bien pour prélever des matériaux de remb lai que lors des aménagements routiers. Seules des études sérieuses, avec une vue d'ensemble des versants et de la cellule montagnarde, permettent de ne pas créer de nouveaux dangers. La montagne est un milieu fragile dans lequel il faut tenir compte de tous les processus géomorphologiques.

Références citées :

Follacci, J.P., Guardia P., Ivaldi, J.P. (1988). - Le glissement de la Clapière (Alpes Maritimes, France) dans son cadre géodynamique. Rotterdam, Ed- Balkema, Christophe Bonnard, Compte-rendu du Ve International Sympo siumo n Landslides, vol. 2, p. 1323-1327. Lausanne (10-15 juillet).

Tricart J. (1960). - Quelques données au sujet du rôle de la neige dans la crue du Guil en juin 1957. Rev. de Géog. Alpine, t. XLVIII, 2, 334-344.