Réf. Bouhot-Delduc 2005b - E

Référence bibliographique complète

BOUHOT-DELDUC, L. 2005a. La gradation de la chenille processionnaire du pin a culminé sur la façade atlantique lors de l’hiver 2003–2004, in : Les Cahier du DSF, 1-2005 (La santé des forêts (France) en 2003 et 2004), Min. Agri. Alim. Pêche Rur. (DGFAR, SDFB), Paris. [Etude en ligne]

Abstract: La canicule enregistrée du 2 au 14 août 2003 a été à l’origine, à l’intérieur des terres et hors influence océanique, de fortes mortalités de la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) aux stades oeuf et jeune chenille. Ces mortalités, pratiquement totales dans certains secteurs, expliquent la sensible régression des niveaux de population observée en 2003–04 en France, façade atlantique exceptée. Suivant les secteurs, les culminations de la gradation en cours de développement depuis la situation de latence généralisée de l’hiver 1993–94 se sont produites dès 1999–2000 sur le littoral méditerranéen, lors des hivers 2000–01 et 2002–03 dans la zone sous influence méditerranéenne et la zone continentale, et de 2000–01 à 2002–03 dans la zone allant du Bassin parisien au seuil du Poitou. En revanche, sur la façade atlantique où l’influence océanique a modéré les températures d’août 2003, les niveaux de population ont de nouveau progressé en 2003–04. Dans les Landes, la processionnaire a pullulé en 1996–97 (pic modéré) puis 2002–03 et 2003–04, et en 2003–04 dans les Pyrénées et leur Piémont (pic très modéré).

Mots-clés

 

 

Organismes / Contact

 

(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)

(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)

(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)

(3) - Sous-type(s) d'aléa

 

 

 

 

 

Pays / Zone

Massif / Secteur

Site(s) d'étude

Exposition

Altitude

Période(s) d'observation

 

 

 

 

 

 

 

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques

Reconstitutions

 

Observations

 

Modélisations

 

Hypothèses

 

 

Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 

 

(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel

Reconstitutions

 

Observations

Dans le Sud-Est, dans le Languedoc-Roussillon où la processionnaire a culminé en 2000–01 et dans une moindre mesure en 2002–03, une régression des infestations a été observée en 2003–04 ; dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur où ce défoliateur a culminé à un niveau modéré en 1999–2000 et était en phase de latence en 2001–02 malgré une progression des infestations dans le Luberon, sur le mont Ventoux et dans l’arrière-pays grassois, la timide reprise des attaques de 2002–03 a été suivie d’une stabilisation en 2003–04.

Dans les départements côtiers méditerranéens, où une nouvelle gradation de la processionnaire s'est développée après la phase de latence de 1993–94 pour culminer à niveau modéré en 1999–00, une régression des attaques a été observée en 2003–04 sous l'influence des fortes chaleurs estivales (DSF, 2004). Dans la région Languedoc-Roussillon, les niveaux de population qui étaient relativement stables depuis l’augmentation globale de 1998–99 ont sensiblement diminué, sauf sur le littoral des Pyrénées-Orientales. Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, une régression a également été observée avec des attaques modérées (correspondant à environ 1/5ème des seuils épidémiques) sur quelques secteurs côtiers (Camargue pour les Bouches-du-Rhône et Chaînons calcaires méridionaux varois).

Plus à l'intérieur des terres, dans le Vaucluse, la régression des attaques a été nette sur les plateaux et monts du Vaucluse, mais les niveaux de population sont restés élevés dans le Luberon et modérés sur le Ventoux (DSF Sud-Est, comm. pers.), secteurs dans lesquels une légère progression des attaques avait été observée les deux hivers précédents.

Dans les Alpes du Sud, où les attaques n’avaient que faiblement repris en 2002–03, les infestations ont diminué en 2003–04 (DSF, 2004). Dans les Alpes-Maritimes, où des infestations très importantes avaient été observées en 1999–2000 et 2000–01, suivies en 2001–02 d’une régression dans la Haute-Tinée et les Préalpes niçoises, et de fortes intensification et extension des infestations sur l’ensemble de l’arrière-pays grassois (Préalpes de Haute-Provence) avec quelques zones fortement touchées, les niveaux de population de la processionnaire sont restés élevés uniquement dans la Haute-Tinée. Dans les Hautes-Alpes, les nids ne sont restés abondants que dans le Gapençais, où plusieurs centaines d’hectares avaient été affectés à proximité du lac de Serre-Ponçon (DSF Sud-Est, 2003). Enfin les Alpes de Haute-Provence, après la progression de l’hiver 1998–99, se sont démarquées par la quasi-absence de nids en 2003–04.

Dans la région montagneuse corse, où une très nette reprise des infestations est observée depuis 2001–02 après que les populations aient retrouvé leur niveau le plus bas en 2000–01, les foyers se sont fortement intensifiés en 2003–04 sur pin laricio de Corse dans le massif du Renoso-Incudine et sur le Sartenais oriental. Cette région est la seule du Sud-Est à avoir été affectée par une forte progression de la processionnaire en 2003–04 (DSF Sud-Est).

Dans les vallées du Rhône et de la Saône, après avoir culminé à bas niveau en 2000–01 dans la région Rhône-Alpes, nettement régressé en 2001–02 et augmenté de nouveau en 2002–03, la processionnaire du pin a retrouvé en 2003–04 son niveau de latence ; en Bourgogne, les populations se sont effondrées après avoir culminé en 2002–2003 et colonisé de nouveaux secteurs.

Enfin dans les vallées du Rhône et de la Saône, où les infestations ont culminé à bas niveau en 2000–01, très sensiblement régressé l'hiver suivant et nettement repris en 2002–03 avec des défoliations locales, les populations de processionnaire sur pins noirs et pin sylvestre ont fortement diminué en 2003–04 (DSF Sud-Est, comm. pers. ; DSF, 2004). En Ardèche, des niveaux épidémiques ont cependant été observés dans certains foyers des Basses-Cévennes où la situation était hétérogène. Dans la Drôme, l’écroulement a été net sauf dans le Haut-Diois et Bochaine. Une régression a été observée dans l’Isère (sauf dans la basse vallée de l'Ain et la plaine du Bas-Dauphiné) et dans la Loire (sauf sur le mont Pilat et la chaîne des Boutières). L’Ain a retrouvé un niveau de latence. En Savoie, malgré la tendance à la diminution des niveaux de population, quelques dégâts et des nids abondants ont de nouveau été observés (massif de Belledonne et basses vallées de la Maurienne et de la Tarentaise). En Franche-Comté, la présence de la processionnaire continue à être signalée au sud du Jura sur pin noir et pin sylvestre dans la Petite montagne jurassienne, où elle semble plutôt en phase de rétrogradation (DSF Nord-Est, 2004).

 

Au niveau de l’aire de la processionnaire du pin, la gradation qui a débuté dès 1994–95 après la situation de latence généralisée de l’hiver 1993–94 continue donc à suivre son cours. Elle a été très perturbée par les conditions climatiques. La progression des populations a en effet été interrompue une première fois par l’épisode de froid de fin octobre – début novembre 1997 (nombreux records négatifs battus ; Fleisch, 1998), l'épisode caniculaire du 10–15 août 1998 (température maximale supérieure à 38°C sur une centaine de stations : Fleisch, 1999) et la grande offensive du froid observée à partir de la mi-novembre 1998 (fortes gelées enregistrées sur la quasi totalité du territoire : Fleisch, 1999), qui ont conduit à un retour à une situation de latence dans la moitié nord de la France en 1998–99. La progression des attaques observée les deux hivers suivants (1999–2000 et 2000–01) a de nouveau été interrompue par les températures caniculaires de la fin août 2001 (plusieurs records battus à plus de 38°C : Lévy, 2002), puis a repris en 2002–03. Enfin, le développement de cette gradation a été perturbé une troisième fois par la vague de chaleur d’août 2003. En ce qui concerne ce dernier événement, l’été 2003 a été le plus chaud que la France ait connu ces cinquante dernières années, tant pour les températures minimales que maximales, et la canicule enregistrée du 2 au 14 août a été exceptionnelle par sa durée, près de deux semaines, et son intensité, des températures supérieures à 40°C ayant été enregistrées dans 15 % des stations, y compris en Bretagne ce qui n’était encore jamais arrivé depuis le début des mesures de températures (Météo France : http://www.meteo.fr/meteonet/actu/archives/dossiers/canicule). La processionnaire du pin se trouvait essentiellement aux stades adultes, oeufs et jeunes chenilles au moment de cet épisode. D’après les observations réalisées par le DSF Nord-Ouest, à l’intérieur des terres (hors influence océanique) les pontes ont été peu nombreuses et pas positionnées préférentiellement au sud comme habituellement, et les fortes températures ont tué jusqu’à 95 % des larves néonates dans les oeufs, ce qui corrobore le seuil de létalité de 40°C généralement avancé pour les chenilles (Saintonge, comm. pers.). Ce phénomène de mortalité estivale a atteint lors de l’été 2003 une ampleur exceptionnelle, ce qui explique que les niveaux de population de la processionnaire aient sensiblement régressé en 2003–04 en France, façade atlantique exceptée. […]

Modélisations

 

Hypothèses

 

 

Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques

Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 

Le suivi des populations de la processionnaire du pin Thaumetopoea pityocampa est assuré grâce à un réseau de près de 400 placettes permanentes dont la notation hivernale permet d’estimer le pourcentage d’arbres attaqués et le nombre de nids par pin. Ces observations systématiques sont complétées par les signalements spontanés des correspondants-observateurs du DSF.

 

(3) - Effets du changement climatique sur l'aléa

Reconstitutions

 

Observations

 

Modélisations

 

Hypothèses

 

 

Paramètre de l'aléa

Sensibilité des paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques

Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)

 

 

 

 

(4) - Remarques générales

 

 

(5) - Syntèses et préconisations

 

Références citées :