Réf. Bessemoulin 2002 - E

Référence bibliographique complète
BESSEMOULIN P. Les tempêtes en France. Annales des Mines, 2002, p. 9-14.

Mots-clés
Tempêtes, France, genèse, évolution, fréquence, intensité.

Organismes / Contact
CNRM, 42 Avenue G. Coriolis, 31057 Toulouse Cedex, France. bessemoulin@meteo.fr

(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
    Tempêtes  

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période(s) d'observation
France         1950-1999

(1) - Modifications des paramètres atmosphériques
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
 

Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 

(2) - Effets du changement climatique sur le milieu naturel
Reconstitutions
 
Observations
 
Modélisations
 
Hypothèses
 

Sensibilité du milieu à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
   

(3) - Effets du changement climatique sur l'aléa
Reconstitutions
Une étude basée sur l'utilisation de données de pression pour le calcul du vent géostrophique (Generoso, 2000) portant sur la période 1950-1999 a montré que la méthode permettait de retrouver 95 % des tempêtes et la totalité des fortes tempêtes. Elle révèle également que le nombre et l'intensité des tempêtes ont peu évolué à la fin du XXe siècle et qu'elles ont atteint le niveau qui était le leur en début de période. Ceci recoupe des études allemandes et nordiques (Planton et Bessemoulin, 2000).
Observations
On se limitera ici aux tempêtes associées aux dépressions atlantiques ou méditerranéennes intéressant le territoire national. Schématiquement, ces perturbations résultent de deux types d'instabilité : barotrope, associée au cisaillement horizontal du vent, et barocline, associée au cisaillement vertical du vent et au gradient horizontal de température (par la relation du vent thermique). L'instabilité barocline est le phénomène prépondérant dans la maturation des dépressions des latitudes moyennes (Ayrault et Joly, 2000). Si des tempêtes violentes peuvent se produire en toutes saisons, la période où les vents sont les plus forts s'étend d'octobre à mars sur la majeure partie du pays.

En identifiant les périodes où au moins 5 % d'un nombre constant de stations françaises ont relevé un vent maximal journalier supérieur à 100 km/h, Dreveton (2002) a pu sélectionner 734 épisodes de vent fort sur la période 1950-1999, soit une moyenne de 14,7 par an. L'utilisation d'un seuil de 20 % des stations a permis d'isoler 71 fortes tempêtes sur cette période, soit 1,4 par an. Le nombre d'épisodes de vent fort présente une forte variabilité interannuelle (7 en 1968, 26 en 1962), ainsi que celui des fortes tempêtes (0 en 1989, 1993 et 1998, 5 en 1965), mais l'étude ne met pas en évidence de tendance significative sur les 50 ans.

Lors de Lothar et Martin, on a identifié, à partir des durées de retour des valeurs extrêmes de vent calculées pour les stations synoptiques, trois zones de vents centenaux ou plus :
- un périmètre Strasbourg, Colmar, Mulhouse, Orléans, Rouen, Reims, Nancy, Strasbourg, dont la majorité des valeurs ont dépassé parfois largement les valeurs cent-cinquantenales ;
- le pied des Pyrénées ;
- la côte atlantique depuis Biscarosse jusqu'à la Vendée.
Modélisations
 
Hypothèses
 

Paramètre de l'aléa
Sensibilité du paramètres de l'aléa à des paramètres climatiques
Informations complémentaires (données utilisées, méthode, scénarios, etc.)
 
L'échelle de Beaufort est adoptée à l'échelle internationale pour caractériser la force du vent. Le qualificatif de « tempête » s'applique pour des vents moyens à 10 m (moyennés sur 10 minutes) compris entre 89 et 102 km/h (force 10), celui de forte tempête à la gamme 103 à 117 km/h (force 11) et celui d'ouragan (force 12) au-delà. La notion de tempête implique également une certaine extension spatiale.

Il n'existe pas d'inventaire exhaustif des tempêtes en France remontant sur plusieurs siècles. Pour l'étude des tempêtes historiques avant l'avènement des réseaux de mesures anémométriques (au mieux, au début du XXe siècle), il est possible d'utiliser des données de pression et en dériver une vitesse de vent, en utilisant l'hypothèse géostrophique (équilibre entre force de pression et force de Coriolis ; on parle alors de « vent géostrophique ») ; à l'échelle de l'Europe de l'ouest, on disposait d'une trentaine de sites mesurant la pression dès la fin du XVIIIe siècle.

(4) - Remarques générales
 

(5) - Syntèses et préconisations
 

Références citées :

AYRAULT, F. et A. JOLY (2000) : Une nouvelle typologie des dépressions météorologiques : classification des phases de maturation. C.R. Acad. Sci. Paris, Sciences de la Terre et des planètes, 330, 167-172.

DREVETON, C. (2002) : Evolution du nombre de tempêtes observées en France. La Météorologie. Sous presses.

GENEROSO, S. (2000) : Etude du lien entre la variabilité d'un paramètre de grande échelle et l'arrivée des tempêtes sur la France. Rapport de stage, Météo-France, CNRM/GMGEC.

PLANTON, S. et P. BESSEMOULIN (2000) : Le Climat s'emballe-t-il ? La Recherche, n°335, 46-49.