Réf. Allemand et Delacourt 2007 - C1

Date
Titre
Auteur(s)
02/04/2007
Glissements de terrain profonds et changements climatiques
P. Allemand et C. Delacourt

Mots-clés
Vitesse des glissements, glissements de La Clapière, Séchilienne et La Valette.

Organisme(s) / Contact(s)
Laboratoire des Sciences de la Terre, Université Lyon 1, pascal.allemand@univ-lyon1.fr
Laboratoire Dynamique de la Litosphère, Université de Brest, christophe.delacourt@univ-brest.fr

Références des études sur lesquelles porte le commentaire

Casson B., Delacourt C., Baratoux D., et al. Seventeen years of the "La Clapiere" landslide evolution analysed from ortho-rectified aerial photographs.  Engineering Geology, 2003, vol. 68 (1-2) : 123-139.
Squarzoni C., Delacourt C., Allemand P. Nine years of spatial and temporal evolution of the La Valette landslide observed by SAR interferometry. Engineering Geology, 2003, vol. 68 (1-2) : 53-66.


(1) - Paramètre(s) atmosphérique(s) modifié(s)
(2) - Elément(s) du milieu impacté(s)
(3) - Type(s) d'aléa impacté(s)
(3) - Sous-type(s) d'aléa
    Mouvements de terrain Glissements de terrain profonds

Pays / Zone
Massif / Secteur
Site(s) d'étude
Exposition
Altitude
Période d'observation
France (départements des Alpes de Haute-Provence, des Hautes Alpes et de l'Isère) Alpes Glissements de La Valette, de La Clapière et de Séchilienne     ~1980-2000

Commentaire

Les champs de vitesse journaliers mesurés par Interférométrie radar sur le glissement de « La Valette » (vallée de l’Ubaye) montrent une forte saisonnalité. Le glissement accélère au printemps (effet de la fonte des neiges probable), ralentit en été et accélère à nouveau à l’automne (Squarzoni et al, 2003). Cette composante saisonnière se superpose à un ralentissement général du glissement pendant les années 90. De plus, le glissement peut être découpé en deux corps. Le corps principal a une variabilité saisonnière moins marquée en terme de vitesse que le corps latéral. Ce contraste est sans doute du au drainage du corps principal qui amortit l’effet des variations saisonnières. On constate cependant une accélération du glissement de La Valette depuis 2000.

Le champ de vitesse moyenné sur plusieurs années a été mesuré sur le glissement de La Clapière (vallée de la Tinée) par corrélation d’images aériennes orthorectifiés (Casson et al, 2003). Ce glissement a eu un pic de vitesse à la fin des années 80, et un autre, moins prononcé, au début des années 90. Ces variations de vitesses semblent indépendantes des conditions climatiques et sont plutôt liées à des paramètres mécaniques du massif. Comme pour la Valette, les enregistrements des vitesses du glissement montrent une saisonnalité marquée. La vitesse du glissement a chuté depuis la fin des années 90.

La vitesse du glissement de Séchilienne est en constante augmentation depuis le milieu des années 90. La vitesse du glissement était peu sensible aux précipitations jusqu’en 2000, le temps de réponse du système était de l’ordre de la semaine. Depuis 2000, ce temps de réponse s’est progressivement réduit pour atteindre 2 ou 3 jours avec une réponse plus intense.

Il faut insister sur la difficulté d’estimer l’impact du changement climatique sur un glissement de terrain donné à partir des mesures de déplacement. En effet, cette détection nécessiterait des séries temporelles de plusieurs dizaines d’années, rarement disponibles du fait de leur coût et de la logistique nécessaire à leur acquisition. A terme, la télédétection permettra d’acquérir régulièrement et de façon synoptique les champs de vitesse à l’échelle de tout un massif montagneux.

L’épaisseur des glissements de terrain ne nous semble pas un critère pertinent pour tester l’effet des changements climatiques.