Pôle Alpin Risques Naturels (PARN) Alpes–Climat–Risques Avec le soutien de la Région Rhône-Alpes (2007-2014)
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Analyse bibliographique 3.7.0
Feux de forêt

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Analyse spatialisée des connaissances par domaines géographique
Mise à jour : Février 2015


 


FACTEURS DE CONTRÔLE
DES FEUX DE FORÊT

Reconstitutions paléoclimatiques

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
   Alpes suisses du sud – Lacs d’Origlio et de Muzzano (Canton du Tessin):
L’analyse de pollens et de charbons de bois dans deux lacs du sud de la Suisse a révélé que le feu a joué un rôle primordial dans l'évolution de la composition forestière de cette région depuis plus de 7000 ans.
Les sédiments du lac d’Origlio pour la période comprise entre 5100 et 3100 cal. BC (dates calibrées, avant JC) ont été prélevés de façon continue avec un pas de temps d'environ 10 ans. Les pics de particules de charbon sont significativement corrélés avec des baisses répétées des pollens de sapin, lierre, tilleul, orme, frêne, hêtre et de vigne [Abies, Hedera, Tilia, Ulmus, Fraxinus excelsior t., Fagus et Vitis] et avec des augmentation d’arbustes d’aulne glutineux [Alnus glutinosa t.], (par exemple, noisetiers, saules et sureaux noirs [Corylus, Salix et Sambucus nigra t.]) et de plusieurs espèces herbacées. La disparition définitive des peuplements de sapin blanc [Abies alba] en plaine autour de 3150 cal. BC peut être un exemple d'extinction locale causée par les incendies d'une espèce intolérante au feu.
Les feux de forêt ont tendance à diminuer la diversité de pollen. Les pics de charbon de bois ont été précédés par des types de pollen indiquant l'activité humaine. Les minima de charbon se sont produits pendant les périodes de climat froid humide, au cours desquelles la sensibilité au feu aurait été réduite.
Une augmentation des feux de forêt vers 2100 cal. BC a fortement réduit la part des plantes restantes sensibles au feu : la chênaie mixte a été remplacée par une forêt d'aulnes et de chênes résistante au feu. La très forte augmentation de l’influx en charbons de bois et la présence marquée des indicateurs anthropiques indiquent des causes principalement anthropiques. Les auteurs suggèrent que sans perturbations anthropiques, le sapin blanc [Abies alba] peuplerait encore les forêts de plaine, ainsi que divers taxons d'arbres feuillus
.
    Cet article porte principalement sur deux questions: (i) si et comment le feu a modifié la composition des forêts de plaine au sud des Alpes suisses, et (ii) si le feu au cours de l'Holocène était d'origine naturelle ou anthropique.
Deux carottes parallèles espacées de 1 m ont été prélevées avec un carottier à piston au point le plus profond de deux lacs ; ~20 m de sédiments lacustres ont été forés au lac d’Origlio (416 m d’altitude), et ~16 m au lac de Muzzano (337 m). Les sections de carotte analysées consistaient en une ‘gyttja’ détritique uniforme de limon fin au lac de Muzzano et de couches discernables de ‘gyttja’ et de limon au lac d’Origlio.
L’identification des pollens, l’analyse des charbons de bois et des datations au radiocarbone de macrofossiles terrestres ont été réalisées. Les effets d'une variable sur une autre (par exemple, des paires de types de pollen, particules de charbon de bois vs. pollens) ont été étudiées avec des corrélations croisées.
Tinner & al 1999 - A


Observations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références

Alps:
Dans cette étude, nous avons reconstruit un historique de l’influence du feu et des évolutions paysagères durant l’Holocène, en relation avec son évolution, dans les Alpes (en se basant sur les classifications proposées par Pyne -2001- et Castellnou and Miralles -2009). Les impacts négatifs et positifs de l’aléa « feux de forêts », sur les services écosystémiques dans les Alpes y sont décrits, ainsi que l’influence de l’utilisation du feu par les humains et les conséquences des politiques de préventions qui y sont associées. Ces politiques y sont également discutées, en partant du principe que le feu est encore un facteur important dans la diversité des paysages et des habitats, pour le maintien des paysages culturels, ainsi qu’un axe à prendre en compte dans la mise en place d’un plan de gestion des écosystèmes dans les Alpes. Nous avons conclu que la suppression du paramètre feu de forêt dans les régions alpines n’est pas envisageable aujourd’hui et qu’il est nécessaire de continuer de compiler avec.

 

Valese & al. 2014 - A

Alps:
Dans cette étude, nous avons étudié l’association entre les différents types de circulation atmosphériques et les feux de forêts dans les Alpes d’Europe Centrale, à partir de plusieurs données météorologiques calculées, de différents indices relatifs au danger représenté par les feux de forêts, et à partir des feux de forêts observés sur le terrain. L’association des différents types de climat et des indices calculés dans 5 stations représentatives, met en avant une corrélation importante entre la direction du vent les paramètres atmosphériques. L’augmentation des niveaux de danger relatifs aux feux de forêts, que traduit l’étude des indices de danger est majoritairement associée à des situations anticycloniques durables ou dans les zones abritées des Alpes (lee of the alps) en raison des vents catabatiques comme le foehn. Nos conclusions sont basées sur 3 sous-indices du système de classement du danger relatif aux feux de forêts du Canada différents. Etant donné que les 3 indices représentent des couches plus ou moins profondes du sol, les différences entre les indices peuvent être expliquées par les différences dans les mécanismes de séchage et dans le temps de réponse différent du sol en fonction des couches. La plupart des feux de forêts déclarés dans les Alpes apparaissent sous des régimes climatiques anticycloniques (EA, NA, H), ce que confirme les résultats obtenus dans d’autres pays. De manière surprenante, de nombreux feux de forêts apparaissent également sous des régimes climatiques dépressionnaires (cyclonic), lorsque le danger relatif calculé est faible. En conclusion, pour de nombreuses régions, il n’existe pas de relation de dépendance forte entre l’apparition de feux de forêts et es différents régimes climatiques, ce qui peut en partie s’expliquer par la base de données incomplète, relative aux feux de forêts dans les Alpes. Dans ce contexte, il est évident que l’influence anthropique sur le déclenchement des feux de forêts joue un rôle décisif.

Nos conclusions sont basées sur 3 sous-indices du système de classement du danger relative au feux de forêts du Canada différents. Le système canadien se compose de 3 sous-indices décrivant les conditions de moisissures (FFMC – Fine Fuel Moisture Code, DMC – Duff Moisture Code, DC – Drought Code) et de 3 sous-indices décrivant le comportement du feu (ISI – Initial Spread Index, BUI – Build Up Index, FWI – Fire Weather Index). La FFMC décrit la moisissure contenue dans la litière et est un indicateur de la facilité relative de déclenchement de la couche sèche (dont le poids est environ 0.25kg m-2). La DMC est un classement numérique de la moisissure moyenne contenue dans une couche située environ 7 cm sous la surface (dont le poids est environ 5kg m-2). C’est également un indicateur qui décrit un carburant facilement inflammable par le biais d’éclairs ou de sources d’énergie. La DC est associée à la couche la plus lente à réagir aux déclenchements de feux de forêt. Elle décrit une couche organique située en profondeur dont le poids est environ 25kg m-2.

EA = Easterly Anticyclonic
EC = Easterly Cyclonic
SA =Southerly Anticyclonic
SC = Southerly Cyclonic
WA = Westerly Anticyclonic
WC = Westerly Cyclonic
NA = Northerly Anticlyclonic
NC = Northerly Cyclonic
H = High
L = Low

Wastl & al. 2013 - A

Monde / Alpes :
Les éléments nécessaires à l'apparition d'un feu de forêt sont essentiellement les trois suivants : (i) le combustible, c'est à dire la partie vivante des plantes (plantes, arbustes, herbes) et la partie morte (feuilles ou herbes sèches, branches tombées) sur le sol ; (iii) l'agent de combustion, c'est à dire de l'oxygène ; (ii) une source d'ignition alimentée par une source externe, tel qu'une flamme ou un éclair, qui amène le combustible à la température d'inflammation. L'absence d'un seul de ces composants empêche le départ et/ou la propagation du feu dans le temps et dans l'espace. Les multiples facteurs liés au risque que le sol soit affecté par un incendie peuvent être attribués à deux grandes catégories: les facteurs de prédisposition et les causes de départ de feu.
Les facteurs de prédisposition sont liés aux propriétés intrinsèques de la zone, comme la géomorphologie (pente et exposition), la végétation (composition et structure) et le climat (précipitations, température, vent et humidité relative de l'air). La quantité d'eau dans combustible végétal influence le risque de propagation du feu. La teneur en eau, à son tour, est étroitement liée à certains facteurs climatiques : les précipitations (répartition des précipitations tout au long de l'année, le risque d’incendie étant plus élevé pendant les périodes de sécheresse), et la température qui chauffe le combustible, le sèche et le rapproche de température d'inflammation. Le vent augmente la combustion de l'air (oxygène) et détermine le développement de la ligne de feu, provoquant le préchauffage de la matière ligneuse et le transport des matériaux de combustion qui génère de nouveaux foyers à partir desquels le feu se propage, qui peuvent être éloignés de dizaines ou même de centaines de mètres du point d'origine de l’incendie. Le vent influe également sur la direction de propagation du feu. L'humidité de l'air influe sur la teneur en eau dans le combustible. Ce facteur est étroitement lié à la saison au cours de laquelle l'événement se produit. La teneur en eau du combustible, en fait, change au cours de la saison et généralement les plus grands dommages se produisent pendant la saison végétative (printemps-été). Dans les environnements de climat continental, caractérisés par de faibles précipitations durant les mois de janvier et février, les conditions de sécheresse de la végétation en raison du repos végétatif, conduisent à un risque accru de feu pendant les mois d'hiver.
Les causes de départ de feu sont liées à des causes naturelles ou bien anthropiques. Alors que le premières, liées à la foudre, à la combustion spontanée ou aux éruptions volcaniques sont des phénomènes extrêmement rares, les causes anthropiques sont les plus importantes et peuvent être divisées en : (i) involontaires, par négligence ou accidentelles, résultant de l'action humaine, mais sans volonté de nuire et attribuable à un défaut d’attention ou à l'ignorance ; (ii) intentionnelles ou malveillantes, avec l'intention spécifique d’allumer un feu afin de causer des dommages à des biens ou à l'environnement ou à blesser des personnes.

Alpes :
Les facteurs clés dans la propagation des incendies de forêt (paramètres météorologiques, type et état du combustible et sol) varient considérablement au sein de la région alpine. La géographie de cette région, au carrefour de la Méditerranée, de l'Atlantique et des régions de l'Eurasie, affecte le paysage, la forme et la composition des forêts, déterminant des environnements et des populations hétérogènes. Le climat local est influencé par deux facteurs principaux : la distance à la mer et l'altitude. Du point de vue des précipitations, en général, les diagrammes climatiques montrent une distribution avec deux pics de précipitations au printemps et en automne. En outre, la combinaison du climat et de la topographie donne lieu à un grand nombre de types de végétation, allant des forêts de type méditerranéen et méditerranéen, à proximité des mers et des lacs, aux forêts de conifères semblables à la forêt boréale, par exemple en Autriche.

Alpes – Statistiques sur les feux de forêt dans l’Espace Alpin :
En ce qui concerne les causes d'incendie, il est important de souligner que dans la région alpine l'influence des activités humaines est importante à la fois en termes de composition et de distribution du combustible (principalement les changements dans l'utilisation des terres et l'abandon des zones rurales) et en termes de sources d'éclosion (brûlage des résidus agricoles et sylvicoles et activités liées au tourisme). Une analyse locale de l’origine des incendies sur trois régions voisines – la Lombardie (Italie), le Tessin et le Valais (Suisse) et l'Autriche – montre que la plupart des incendies d’origine anthropique se produisent entre mars et avril. En ce qui concerne les événements causés par la foudre, il y a une différence marquée entre la Lombardie, où le nombre d'incendies naturels est très faible (ou non significatif) et les autres régions. En Suisse et en Autriche les incendies naturels sont concentrés en été (juin à août), avec un pourcentage plus faible en mai et en avril, et une fréquence plus élevée en juillet et août. Au Tessin et en Valais jusqu'à 30% des événements sont causés par la foudre. Les incendies d'origine naturelle ont été observés à des latitudes élevées, où la foudre provoque des feux au sol [ground fire] de longue durée.

Alpes : Dans le cadre du projet ALP FFIRS, les données sur les feux de forêt ont été partagées pour la première fois entre les pays de la région alpine. La grande base de données développée a permis une définition de la fréquence d'occurrence et du type de feux dans cette région au cours de la dernière décennie. La base de données, qui se réfère à des données sur les incendies de forêt qui se sont produits dans les pays participant au projet, à l'exception de certaines régions de l'Europe du Nord, a été standardisée, validée et analysée. La base de données comprend dix années (2000-2009) de séries temporelles de fréquence quotidienne d’occurrence des incendies et de superficies brûlées correspondantes. Afin de rendre l'ensemble de données homogène, un seuil minimal pour la zone brûlée a été fixé à 0,1 hectares.
Le nombre de feux de forêt dans les années considérées ici doit être traité avec prudence, car il varie considérablement entre les différentes années : les données relatives à des périodes plus longues fournissent des évaluations plus fiables. En outre, il convient de considérer que les sources de données pour le développement de la base de données de feux sont assez hétérogènes, tant en termes de qualité que de quantité de données.
ALP FFIRS 2012 - R

Espace Alpin :
La fréquence des feux montre une diminution progressive sur la période 2000–2009. La mesure est statistiquement significative (p = 0,032) lorsque les données de l'année 2003 ne sont pas prises en considération. La surface annuelle totale brûlée ainsi que l'extension moyenne annuelle des incendies sont à la baisse, même si l'analyse effectuée ne met pas en évidence de tendance statistiquement significative. Cette tendance peut être associée à l'augmentation progressive de l'efficacité des opérations de prévention et de lutte contre les incendies.
La fréquence relative des incendies éclos à basse altitude (0–500 m) est en augmentation significative (p = 0,0044). Une même tendance est associée aux points d’éclosion dans la gamme d'altitude 500–1000 m, même si l'importance de la tendance est moins évidente (p = 0,4). Le nombre d’incendies naturels déclenchés par la foudre est en augmentation. Il faut souligner, cependant, que cette preuve pourrait être due à l'amélioration de l'acquisition de données et à la réduction progressive des feux de cause « inconnue » qui en résulte. Au cours de la période de référence, la fréquence relative des feux d'hiver et d'été est restée pratiquement stable. Plus de 50% du nombre total d'incendies ont leurs origines en exposition S, SW ou SE. La fréquence relative des feux d'hiver est plus élevée que la fréquence des événements d'été pour toutes les expositions, exception faite des incendies survenus en exposition N et sur des zones plates.
Lorsque la distribution potentielle des unités de végétation est considérée (niveau II de la légende de la «Carte de la végétation naturelle de l'Europe»), l'analyse effectuée a mis en évidence que de plus hautes fréquences d'incendie sont associés aux formations «Forêts subméditerranéennes et méso-supra-méditerranéennes de chêne pubescent, ainsi que forêts mixtes», «Hêtraies et hêtraies mixtes», «Chênaies pauvres en espèces et chênaies mixtes» et «Forêts et broussailles sclérophylles méditerranéennes». L'analyse de Monte Carlo a souligné que des unités spécifiques de végétation sont très exposées aux incendies, à la fois en termes de fréquence et d’extension moyenne.
Les simulations de sélectivité ont mis en évidence que la saisonnalité ne semble pas affecter la répartition des incendies dans les différentes unités de végétation, tandis que les classes d'altitude jouent un rôle important (haute vulnérabilité des formations forestières à la limite de leur aire climacique). L’analyse de sélectivité a souligné de fortes différences entre les régimes au niveau national. L'analyse n'a pas permis de mettre clairement en évidence une tendance continue au cours de la période considérée.

Au cours de la période de référence, 255 feux extrêmes ont eu lieu. La fréquence des feux extrêmes est en diminution, avec une tendance statistiquement significative (p = 0,094). La fréquence relative des événements de feux extrêmes d'hiver et d'été n'a pas changé de manière significative au cours de la période étudiée. Les feux extrêmes avec des éclosions situées dans les gammes d’altitude de 0–500 m et 500–1000 m représentent près de 70% de l'ensemble des événements, avec des fréquences relatives de 34% et 35%, respectivement ; ces fréquences relatives semblent augmenter, mais l'analyse réalisée ne montre pas de tendance continue statistiquement significative. Plus de 60% des événements de feux extrêmes dans la décennie étudiée avaient un point d'ignition exposé S, SW ou SE.
Lorsque l'on compare, par classe d’orientation, la fréquence relative des feux avec la fréquence relative des phénomènes extrêmes, il ressort que les fréquences relatives des incendies extrêmes en hiver sont plus élevées que celles associées aux feux ordinaires pour toutes les classes. Les valeurs les plus élevées sont associées aux zones plates et aux expositions SE, S et SW (60%, 27%, 24% et 19% respectivement).
En considérant la distribution potentielle des unités de végétation (niveau II de la légende de la «Carte de la végétation naturelle de l'Europe»), l'analyse effectuée a montré que plus de 50% des feux extrêmes ont vu leurs points d'éclosion dans les unités «Hêtraies et hêtraies mixtes», «Forêts sub-méditerranéennes et méso-supra-méditerranéennes de chênes pubescents, ainsi que forêts mixtes (Quercus pubescens, Q. virgiliana, Q. trojana, Fraxinus ornus, Ostrya carpinifolia, Carpinus orientalis)» et «Forêts et maquis sclérophylles méditerranéens».
Les simulations de Monte Carlo de la sélectivité des incendies soulignent que, à l'échelle alpine, les événements de feux extrêmes brûlent de manière sélective (ont leur point d’éclosion) dans les unités de végétation «Végétation alpines des zones boréale, némorale et méditerranéenne», «Hêtraies et hêtraies mixtes», «Chênaies-charmaie mixtes» et «Sapin de montagne à haute-montagne, en partie sub-montagnard dans la zone némorale».
Sur la base de la même approche analytique, les feux extrêmes sont sous-représentés dans certaines unités de végétation. En considèrant l'ensemble des événements extrêmes dans les Alpes (ceux avec un point d’éclosion à l'intérieur ou hors des zones forestières), l'analyse a montré que ces indices « évitent » les unités «Végétation alpines des zones boréale, némorale et méditerranéenne», «Hêtraies et hêtraies mixte », «Chênaies-charmaie mixtes» et «Sapin de montagne à haute-montagne, en partie sub-montagnard dans la zone némorale». Lorsque seuls les feux extrêmes avec des points d’éclosion à l'intérieur de zones forestières sont considérés, les simulations montrent que la «Végétation alpines des zones boréale, némorale et méditerranéenne», le «Sapin de montagne à haute-montagne, en partie sub-montagnard dans la zone némorale» et la «Végétation subalpine et oro-méditerranéenne» sont sous-représentées.

Afin de comprendre si et comment les changements climatiques influent sur les régimes de feux dans la région alpine et d'utiliser les résultats de ces analyses pour orienter et optimiser les services de prévision et de prévention/atténuation, le projet MANFRED a réalisé une série d'activités visant spécifiquement à : (i) construire une base de données pan-alpine des incendies, conçue comme un outil pour suivre l'évolution de l’activité des incendies dans les Alpes ; (ii) arriver à une définition quantitative des feux "extrêmes" dans la zone alpine et faire un recensement de ces événements ; (iii) étudier la répartition géographique et la fréquence des feux "extrêmes", afin de comprendre si des tendances émergent pour ce genre d'événements et si elles peuvent être liées au changement climatique.
Bien que la définition des incendies extrêmes devrait envisager un ensemble plus large de variables (décrivant les caractéristiques du feu et leurs impacts), l'ensemble des données disponibles à l'échelle alpine a permis la sélection d'événements extrêmes d'incendie en fonction de leur superficie brûlée totale. Sur la base de la méthodologie développée pour les objectifs du projet, les incendies extrêmes dans le laps de temps 2000–2009 ont été définis comme ceux dont la superficie totale brûlée ≥ 105 ha.
Sur la base des données disponibles dans les différentes régions alpines, l'analyse effectuée considère un laps de temps (« échantillon commun » : période pendant laquelle presque toutes les régions ont pu fournir des données sur les incendies) allant de 2000 à 2009. La durée disponible est trop courte pour tirer des conclusions définitives d'un point de vue statistique. Néanmoins, l'analyse des données disponibles au niveau alpin a mis en évidence certaines preuves fiables. Ce rapport résume les principaux résultats de ces activités et souligne les résultats les plus robustes obtenus.
Oliveri & al. 2012 - R: MANFRED
Alps:
Dans cette étude, nous étudions les impacts de l’augmentation des températures et du changement des tendances des précipitations sur le danger potentiel relatif aux feux de forêts dans les Alpes. Dans les stations des Alpes de l’ouest, et plus encore dans celles du sud, on observe une augmentation importante du danger relatif aux feux de forêts. Dans ces stations, le danger moyen annuel relatif aux feux de forêts a augmenté au cours des 60 dernières années. De plus, lors des dernières années, le nombre de jour caractérisés par un danger élevé d’apparition de feux de forêts (indice calculé par rapport à un seuil défini) a également augmenté. En comparaison, une faible augmentation a été observée dans les Alpes du Nord, et aucun signal clair n’a pu être enregistré pour les vallées de l’intérieur des Alpes. Ces données ont ensuite été comparées avec les données enregistrées pour 3 zones pilotes (Valais dans les Alpes de l’ouest, Bavière dans les Alpes du Nord et Ticino pour les Alpes du sud).

Notre analyse se base sur des observations météorologiques journalières enregistrées par 25 stations situées dans 6 pays alpins. Les stations sélectionnées se situent de manière plus ou moins uniformes le long de la chaîne alpine et représentent les différents climats existants dans ces régions au terrain varié. Les stations avec des données climatiques similaires ont été regroupées par régions. On obtient ainsi 4 régions : Alpes de l’Ouest, Alpes du Nord, Alpes intérieures et Alpes du Sud. Le danger météorologique potentiel relatif aux feux de forêts sur la période 1951-2010, a été analysé sur la base de différents indices de danger relatifs aux feux de forêts, calculés sur une base journalière.

Wastl & al. 2012 - A

France / Europe :
En France les surfaces incendiées sont en baisse depuis 1990 malgré l’augmentation de l’indice de risque feux de forêt (IFM – Indice Forêt Météo) sur la période 1958-2008 (Cloppet & Regimbeau, 2009) et malgré l’augmentation concomitante des surfaces des espaces naturels combustibles. Les effets combinés des dispositifs de prévention et de lutte sont mis en avant pour expliquer ces bons résultats et notamment l’efficacité du traitement des feux naissants. Il n’existe donc pas aujourd’hui de lien statistique entre incendies de forêt et changements climatiques dans notre pays.
Pourtant, lors de saisons météorologiques exceptionnelles comme l’a été la saison 2003, les dispositifs de prévention et de lutte ont montré leurs limites. Lors de la dernière décennie, les cinq pays européens de la façade méditerranéenne ont tour à tour fait l’expérience de ces conditions extrêmes et de ces grands incendies et même pour certains à plusieurs reprises. Mais très peu d’études scientifiques permettent d’établir que ces évènements extrêmes sont liés au changement climatique. Les seules études actuellement disponibles proviennent d’Espagne.
Notons enfin, qu’aussi bien les analyses statistiques rétrospectives que les études prospectives peinent à distinguer la part du changement imputable aux changements climatiques et aux changements d’usage des sols ou aux activités de prévention et de lutte contre les incendies.
 Revue bibliographique [voir détails et références dans l’étude]. Rigolot 2011 - A

France :
Les trois quarts des communes françaises ayant subi des feux sont situées dans la moitié Sud de la France. En 2008, avec 2 781 feux de forêts, la France s’est placée au 8e rang des pays européens les plus touchés par des incendies forestiers. Chaque année en moyenne, 4 000 départs de feux ont lieu et 24 000 ha de forêts sont incendiés en France métropolitaine. Le nombre de feux a tendance à stagner, tandis que les surfaces brûlées sont en diminution, grâce aux interventions précoces, aux outils de surveillance des services de lutte et de secours et à la gestion forestière. Moins de 2 % des feux parcourent des surfaces supérieures à 100 ha.

Les services de secours disposent de systèmes de prévision et de détection de plus en plus efficaces. Ils sont aidés par les cartographies de Météo-France qui représentent la répartition géographique de l’Indice forêt météo (IFM). Cet indice permet d’établir le niveau de risque d’incendie. Les services de l’État disposent d’outils réglementaires, notamment les Plans de prévention des risques d’incendie de forêt (PPRIF) qui délimitent les zones à risque, définissent des mesures de prévention et de protection pour les constructions existantes et limitent les nouvelles constructions. 81 plans étaient approuvés et 152 étaient prescrits fin 2010.

Les territoires à risque d’incendie de forêt devraient s’étendre significativement vers les régions du Nord de la France à l’échéance de 2040, en raison du changement climatique prévu par les climatologues : le Poitou-Charentes, les Pays de la Loire, le Centre, la Bretagne et le Nord de la région Midi-Pyrénées devraient faire partie des zones sensibles aux feux de forêt. La surface sensible aux feux de forêts, estimée à 5,5 millions d’ha en 1989-2008, pourrait atteindre 7 millions d’ha à l’horizon 2040.

 

 
  CGDD - R

Forêts méditerranéennes/ Alpes :
Du fait de la déprise rurale, et malgré la pression des incendies, la forêt méditerranéenne est en extension et gagne 1% par an en surface. La forêt méditerranéenne s’accroît aussi en volume du fait de la faible exploitation des forêts. Il y a donc un phénomène de stockage de biomasse accumulée de longue date en région méditerranéenne. Ce constat moyen doit être nuancé car le régime des feux présente de grandes disparités au sein de la région. La forêt méditerranéenne française connaît depuis plusieurs décennies un régime de feux qui marque grossièrement un gradient depuis la frange littorale jusqu’à l’arrière-pays méditerranéen. Les zones littorales connaissent les incendies les plus fréquents (temps de retour de 10 à 30 ans) et de plus grandes dimensions pouvant atteindre plusieurs milliers d’hectares. Ce régime de feux sévères s’accompagne localement d’une régression biologique par matorralisation comme dans certains secteurs de la Corse ou de la Provence calcaire (Côte bleue). L’arrière-pays et les montagnes méditerranéennes connaissent des feux beaucoup moins fréquents et de plus petite dimension. Cette zone est aussi caractérisée par une proportion importante de feux hors de la saison estivale liée à l’activité pastorale. Dans ces zones, une dynamique forestière est à l’œuvre, les milieux se referment et l’on rencontre fréquemment des peuplements vieillis non perturbés. Dans les zones intermédiaires, on rencontre une variété de situations, comprenant une mosaïque de milieux maintenus par un système agro-sylvo-pastoral plus équilibré et offrant une plus grande diversité d’habitats. On peut en effet considérer qu'à chaque régime de feux correspond une gamme propre de biodiversité. Le régime de feux combiné aux autres perturbations naturelles ou anthropiques (tempêtes, dépérissements, pâturage, défrichements) génère un paysage composite où se distribuent sur le territoire, en proportions variables, les milieux en phase de maturation parce que peu perturbés, ceux en reconstitution plus ou moins lente après perturbation ou bien les milieux bloqués dans leur dynamique par une perturbation trop fréquente. Malgré le gradient évoqué plus haut, on constate en région méditerranéenne une tendance générale à l’augmentation des formations végétales fermées et de la connectivité entre espaces naturels.
L’incendie est une perturbation qui favorise les espaces ouverts, mais pour des raisons de protection civile, tout est fait pour limiter cette perturbation, avec un certain succès lorsque les conditions météorologiques ne sont pas trop difficiles. Le régime de feux actuel est en effet en relation avec le niveau de prévention consenti. Les effets conjugués de la stratégie de prévention et de lutte contre les incendies de forêt expliquent une part importante du bilan feux de forêt que nous connaissons. Par exemple, la stratégie d’attaque massive sur feux naissants, qui se généralise, aboutit à une moindre représentation des incendies de moyenne dimension (1 à 50 ha) au profit d’incendies de petite dimension (< 1 ha), alors que le nombre de grands incendies stagne, mais leur taille est de plus en plus grande. On observe en effet un phénomène de rattrapage les années de risque météorologique élevé où la biomasse accumulée sur les surfaces épargnées les bonnes années part en fumée lors de quelques grands feux catastrophiques. Les derniers en date se sont déroulés pendant l’été 2003. On semble devoir se résigner à la juxtaposition de milieux en cours de fermeture avec des espaces parcourus par des incendies sévères, de grandes dimensions, peu propices à la remontée biologique.

Le contexte régional est amené à évoluer sous l'effet des changements climatiques. On s’attend à des feux plus fréquents et plus sévères et à une extension vers le nord de la zone à bioclimat méditerranéen. L’année 2003 a préfiguré ce qui nous attend au cours du siècle qui s’ouvre. Alors que les zones littorales et singulièrement le massif des Maures subissaient les incendies de « rattrapage » évoqués plus haut, l’arrière-pays et les montagnes méditerranéennes connaissaient un grand nombre de sinistres d’une ampleur jusque-là extrêmement rare dans ces milieux. Ces feux ont eu localement des conséquences graves dans ces milieux fragiles. Ils ont concerné des séries RTM dans les Alpes du Sud et ont généré des phénomènes érosifs qu’il a fallu limiter par d’importants travaux de restauration de terrain incendiés, comme à L’Argentière-la-Bessée (05) ou à Luceram (06).

 
 Revue bibliographique [voir les références dans l’étude]. Rigolot 2010 - A

Valais (Suisse) :
Cette étude démontre l'existence de différents régimes de feux et facteurs de contrôle à des petites échelles spatiales. L'occurrence des gros événements de feux de forêt semble être favorisée par la quantité limitée des précipitations due à la continentalité, en combinaison avec les vents de foen, qui sont contraints à l'échelle régionale. La diversité de l'activité du feu a été par ailleurs influencée par la variabilité climatique locale le long de gradients altitudinaux. Dans la zone subalpine, le régime des feux apparaît être principalement contrôlé par la température et les précipitations, mais ces deux variables n'ont joué qu'un rôle secondaire dans la zone collinaire-montagnarde. Dans celle-ci, l'influence du foen et, probablement, d'autres facteurs non climatiques, tels que la quantité de combustible et la densité de population humaine (sources d'allumage), ont été plus importants. Ainsi, cette complexité locale de l'activité des feux de forêt requiert des approches localement différentiées, par exemple, pour la mise en place de mesures de prévention.

Au cours du 20ème siècle, le régime de feux a aussi changé. La surface brûlée annuelle a notablement changé et il y a eu une augmentation des feux pendant les dernières décennies. Cette étude suggère que la température et les précipitations ont joué un rôle majeur à la fois sur la fréquence des feux et sur les surfaces brûlées dans la première moitié de la période d'étude, mais qu'elles ont perdu leur importance après le milieu du 20ème siècle. Ainsi, il apparaît que le changement de la température qui ressort clairement des enregistrements météorologiques en Valais n'a pas causé d'augmentation de la fréquence des feux ni de la surface brûlée. La température n'était plus un facteur limitant pour les feux de forêt dans les vallées sèches dans la seconde moitié du 20ème siècle.

 
 À partir des données d'archive des sevices forestiers du canton du Valais, les auteurs ont construit une base de données sur les événements feu de forêt couvrant la période 1904–2006. Cette base de données intègre les données des inventaires précédents. Les statistiques qui en ressortent sur les feux de forêt sont présentées sous deux formes, l'une incluant et l'autre excluant les événements dont la taille n'est pas connue. Pour comparer les tailles médinaes des feux de forêt entre trois périodes de temps (1904–1940/1941–1970/1971–2006), un test de tendance en rangs de Wilcoxon a été réalisé. Aucune information n'est disponible sur l'intensité des feux. Par conséquent, l'analyse du régime des feux de forêt se limite à la fréquence, la saison d'occurrence et l'extention des surfaces brûlées. Zumbrunnen & al 2009 - A
Europe / Alpes françaises :
Les premiers effets des changements climatiques sur la végétation sont déjà visibles en région méditerranéenne, avec des dépérissements d’arbres, des changements de distribution de plantes et des modifications du régime des perturbations. Concernant les dépérissements d’arbres, on observe en effet des dépérissements depuis 2003 du pin sylvestre dans le haut Var, du sapin en Vésubie, sur le mont Ventoux et dans l’Aude. On pourrait citer aussi le déclin du chêne-liège dans les Maures dont la mortalité atteint 20 à 25% et du chêne blanc en versant nord du massif du grand Luberon. Ces dépérissements, en augmentant la nécromasse présente dans les formations végétales, peuvent avoir une incidence sur le régime des feux de végétation.
On s’attend de plus à une augmentation de la fréquence des épisodes orageux dans l’hémisphère Nord engendrant plus de feux liés à la foudre. Cette tendance aurait déjà été observée en région méditerranéenne française où cette cause de déclenchement d’incendie dépasserait depuis 2003 la moyenne de 4 à 7% antérieurement établie sur la base des données de Prométhée. Cette observation nécessite néanmoins d’être confirmée sur un plus long terme.
Cet article s'attache plus particulièrement aux conséquences des changements climatiques sur les incendies de forêt [revue bibliographique ; voir détails et références dans l’étude]. Néanmoins, la manière dont les changements d’usage peuvent aggraver ou atténuer le phénomène est aussi évoquée. Rigolot 2008 - A
Alpes suisses :
Les prédispositions pour un feu de forêt, liées à une sécheresse climatique, ont augmentées sur la période 1971-2003 dans le canton du Tessin.
  Reinhard & al, 2005 - A


Modélisations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références

Alpes – Scénarios futurs pour le danger feux de forêt :
Les simulations des variations de l'indice de danger d'incendie FWI (indice forêt-météo) calculées en utilisant les sorties du modèle climatique régional COSMO-CLM pour la période 1990-2050 ne montrent pas de variations significatives dans la distribution de l'indice au nord des Alpes jusqu'au milieu du XXIe siècle, bien qu’elles montrent une tendance à la hausse des variations inter-saisonnières du 50e percentile, qui peut être considérée comme un indicateur représentatif des conditions de risque intermédiaire, c’est-à-dire des conditions plutôt favorables au développement des feux de forêt. La tendance est plus marquée dans la zone interne des Alpes, et en particulier au sud des Alpes : les droites de régression des 50e et 95e percentiles (ce dernier étant un indicateur représentatif de conditions de danger élevé ou très élevé) montrent une augmentation significative, qui correspond à un plus fort danger d'apparition de conditions environnementales et météorologiques favorables au développement des incendies de forêt, simulé par le modèle climatique.
En outre, dans les régions internes et dans la région du sud des Alpes, le nombre annuel de jours avec un fort danger d'incendie augmente. Par exemple, pour l'intérieur des Alpes le modèle régional estime que le nombre de jours de danger élevé d’incendie va passer de 15 en 1990 à plus de 20 en 2050, soit une augmentation d'environ 25%.

Pour de nombreuses régions alpines, les changements estimés en utilisant la technique multi-modèles basée sur les données du projet européen ENSEMBLES sont compatibles avec les simulations du modèle régional COSMO-CLM décrit ci-dessus. Seul au nord des Alpes les résultats obtenus avec la technique multi-modèles prédisent une légère augmentation des risques d'incendie, tandis que les simulations obtenues à partir du modèle COSMO-CLM montrent une légère diminution en raison de l'augmentation des précipitations.

En conclusion préliminaire, au vu des incertitudes des simulations du climat et de la difficulté des modèles climatiques dans la représentation des événements extrêmes, qui, pour les risques d'incendie sont d'une importance cruciale, les scénarios prévoient une augmentation du risque de feux de forêt jusqu'au milieu du XXIe siècle, en particulier à des altitudes élevées et dans des secteurs du sud des Alpes. La fréquence des jours de fort danger d’incendie montre également une augmentation significative attendue vers la moitié du XXIe siècle, qui dans certaines régions atteint 70 à 80%.

Le danger d'incendie futur a été évalué sur la base de différents indices (FWI, Nesterov, Baumgartner et autres) qui ont été calculés en utilisant les données de prévision météorologique issues des simulations du modèle climatique régional COSMO-CLM pour la période 1990-2050. L'analyse statistique des percentiles de la distribution des valeurs des indices sur l'ensemble de la période montre les effets du changement climatique sur le danger potentiel d’incendie de forêt dans les Alpes. Pour analyser la fréquence des jours de fort danger d’incendie, le seuil du 95e percentile de la distribution sur l'ensemble de la période de 60 ans a été utilisé (chaque année a été calculée dans la région concernée). Afin que les résultats du projet ne soient pas fondés uniquement sur l'utilisation d'un seul modèle climatique régional, les partenaires ont décidé de procéder à la même analyse en utilisant la méthode d’Ensembles Multi-modèles, c'est-à-dire à partir de projections convenablement combinées de différents modèles climatiques. En particulier, ils ont combiné les données résultant de simulations climatiques de sept modèles climatiques régionaux différents basés sur le même scénario socio-économique, obtenues à partir du projet européen ENSEMBLES. La méthode multi-modèles utilisée dépend des paramètres météorologiques considérés et peut aller de la simple moyenne des données des modèles (cette méthode est utilisée pour la vitesse du vent et de l'humidité relative) à une nouvelle technique appelée ‘SuperEnsemble Dressing’ utilisée pour les précipitations. En ce qui concerne la température, les données provenant de différents modèles sont agrégées en une combinaison linéaire pondérée qui tient compte de la différence entre les simulations du modèle et les observations au cours de périodes antérieures. Le principal avantage de l'utilisation de ces techniques est la réduction des erreurs systématiques affectant les valeurs des modèles climatiques régionaux individuels ; en effet, dans une région caractérisée par une orographie très complexe comme la région alpine, de telles erreurs peuvent être très importantes (par exemple, les erreurs dues à des différences d’altitude entre la station d'observation et le point de grille du modèle ou des erreurs dues à une mauvaise représentation des processus atmosphériques à plus petite échelle). ALP FFIRS 2012 - R
Espace Alpin :
Les Alpes montrent une tendance à l'évapotranspiration potentielle jusqu’à environ 50 mm/an supplémentaires dans les fonds de vallée et sur le flanc sud, soit environ + 10% par rapport aux conditions actuelles. Cela va d'un côté correspondre à des possibilités accrues de culture, mais de l'autre côté à une demande en eau généralement plus élevée des cultures. Cela se traduit par des variations du bilan hydrique météorologique correspondant. Dans les parties hautes et centrales des Alpes, l'augmentation des précipitations suggère des changements positifs dans le bilan hydrique météorologique. Sur les flancs sud et moins élevées des Alpes, cependant, une augmentation de l'évapotranspiration potentielle indique la possibilité de conditions où la disponibilité en eau constituerait un facteur limitant pour la croissance des cultures.
L’indice de sécheresse (de Martonne) suggère des conditions généralement plus arides sur l’ensemble des Alpes à l'exception de certaines parties du centre et en altitude, où la tendance pourrait être inversée. L'indice en lui-même en a une nature comparative, étant un rapport classique entre précipitations et températures. La variation de l'indice indique l'intensité relative et le signe des changements de l'aridité dans la région. Le motif spatial est similaire à celui du bilan hydrique météorologique
Un climat avec des étés plus secs et chauds implique apparemment danger plus élevé de feux de forêt. Cet aspect semble être adéquatement prévisible dans les études d'impact du changement climatique.
La carte du changement du risque d'incendie de forêt (indice de Nesterov) qui a été produite pour les Alpes dans le projet CLISP est un exemple de ce type d'évaluation. Il montre que, tandis que les Alpes orientales devraient connaître une légère augmentation du danger feux de forêt, il est prévu que la partie occidentale (maritime) des Alpes devienne beaucoup plus à risque sous l’effet du changement climatique en raison de l'aridité combinée à la hausse des températures (Fig. 22). Le piemont sud des Alpes connaîtrait aussi généralement un risque accru.
 Dans le cadre du projet Espace Alpin CLISP, urbanistes et chercheurs de 6 pays alpins ont essayé de comprendre la question complexe de la façon dont les sociétés alpines peuvent s'adapter aux impacts potentiels du changement climatique sur les risques naturels par le biais de l'aménagement du territoire. Sur la base de scénarios de changement climatique produits dans le cadre de la contribution de l'EURAC au projet [cf. Température + Précipitations], ce rapport du WP4 (‘Vulnerability Assesment’) passe brièvement en revue les connaissances actuellement disponibles pour évaluer l'impact potentiel du changement climatique sur les risques naturels, et l'utilisation pratique de ces connaissances qui est faite, ou peut être faite, dans l'aménagement du territoire. Les contextes d'exposition aux avalanches, notamment, sont brièvement discutés. EURAC 2011 - R: CLISP
Europe / France :
Dans la perspective des changements climatiques observés et projetés (augmentation des températures, baisse des précipitations en zone méditerranéenne, augmentation du risque de sécheresse estivale, etc., cf. rapport du GIEC, 2007), le cas de l’Espagne est intéressant à analyser car il préfigure une évolution annoncée des autres pays méditerranéens européens. En effet, l'Espagne est le pays le plus aride d'Europe, et 31% de son territoire est en voie de désertification (Sacquet, 2007).
En Europe, et particulièrement en Europe du Sud, le nombre d’évènements extrêmes, comme la vague de chaleur de l’été 2003, devrait également augmenter (Déqué 2004).
Actuellement, les services de Météo France travaillent à la régionalisation pour la zone méditerranéenne des modèles de changement climatique fonctionnant à l’échelle mondiale. Les premiers résultats de ces travaux prédisent une diminution du nombre de dépressions et des vents forts associés (Jacq 2007). Dans les projections climatiques futures, se dessinent une tendance à un renforcement de l’anticyclone des Açores associé à une anomalie positive de l’Oscillation Atlantique Nord et à des perturbations atlantiques rejetées plus au Nord. Ces phénomènes, qui restent à confirmer, pourraient favoriser une diminution du mistral et cette baisse serait alors la seule conséquence bénéfique du changement climatique dans le domaine des feux de forêt. Encore faut-il se rappeler que des incendies très intenses et très rapides se sont déroulés dans le Var durant l’été 2003 dans des conditions de vent plutôt modérées (Perchat & Rigolot 2005).
Les conditions météorologiques conditionnent le déclenchement et la propagation des incendies, mais déterminent aussi les conditions de croissance et de survie de la végétation combustible. Il convient donc d’étudier les conséquences directes du changement climatique sur la végétation avant d’examiner les conséquences de l’évolution du combustible sur le régime des incendies. En terme de prédictions, un certain nombre d’études soulignent les impacts potentiels des changements climatiques sur la végétation. Les analyses du projet CARBOFOR prévoient un déplacement des aires bioclimatiques des essences méditerranéennes vers le nord de l’Europe (INRA-IFN 2004). L’aire potentielle des forêts de type méditerranéen pourrait s’étendre en France de 9% à 28% à l’horizon 2100. On peut donc s’attendre à une augmentation de la fréquence des incendies dans des régions qui n’y sont pas habituées, ni préparées. Le risque d’incendie pourrait ainsi concerner une bonne partie des forêts de production.
 Cet article s'attache plus particulièrement aux conséquences des changements climatiques sur les incendies de forêt [revue bibliographique ; voir détails et références dans l’étude]. Néanmoins, la manière dont les changements d’usage peuvent aggraver ou atténuer le phénomène est aussi évoquée. Rigolot 2008 - A
Vallées de la Dischma (Grisons) et de Gantertal (Valais), Alpes suisses :
Le changement climatique futur projeté, qui est dans la gamme de nombreux autres scénarios climatiques "state-of-the-art" pour le 21e siècle, conduit à une augmentation de la sécheresse estivale. Cela augmente la probabilité d'occurrence du feu. Ces résultats suggèrent qu'il importe d'inclure les perturbations causées par le feu dans les futures études de dynamique paysagère dans les Alpes européennes et probablement aussi ailleurs dans la zone tempérée. Les études qui traitent des effets directs du climat seulement (e.g. Bugmann, 1997) peuvent fournir une image incomplète des trajectoires futures des forêts de montagne. Selon les résultats de la présente simulation, il est probable que le feu devienne un agent important de l'évolution du paysage dans le futur. Cela est même vrai dans les secteurs où ne se produisent pas de feux majeurs dans les conditions climatiques actuelles, tels que la vallée de la Dischma. Ainsi, comme effet indirect du changement climatique, le feu aura probablement un fort impact sur le couvert forestier en plus des effets directs du climat.
Les auteurs concluent que la conjonction d'effets directs et indirects du changement climatique sont susceptibles (via les changements dans le régime des feux) d'avoir des conséquences majeures pour les forêts de montagne dans les Alpes européennes, et sur leur capacité à fournir une protection contre les dangers naturels.
 Les auteurs ont évalué les interactions entre la dynamique forestière, le changement climatique et les perturbations à grande échelle telles que le feu, le vent et la gestion forestière. Ils ont utilisé le modèle LANDCLIM pour examiner l'influence, les interactions et l'importance relative de ces différents facteurs de la dynamique forestière pour deux secteurs d'étude dans les Alpes européennes. La structure de base de LANDCLIM consiste en un modèle local qui simule la succession forestière pour chaque cellule dans le modèle de paysage au pas de temps annuel et en un modèle de paysage qui contient les processus opérant sur plusieurs cellules, qui sont simulés au pas de temps de 10 ans. Les processus à l'échelle du paysage inclus dans le modèle sont le feu, le vent, l'exploitation forestière et la dispersion des semances (graines). Schumacher & Bugmann 2006 - A
Alpes suisses du Sud :
Les simulations ont démontré l'effet significatif des facteurs météorologiques sur l'occurrence de feux de forêts. Ces facteurs sont : la température et l'humidité relative de l'air, les périodes de sécheresse, les situations de haute pression prolongées, les orages avec de la foudre, les jours de föhn et la vitesse maximale de ce vent. Les conditions météorologiques de court terme et quotidiennes sont les plus décisives. Depuis 1951 il y a une faible corrélation entre la fréquence croissante des feux et la diminution des précipitations. La corrélation est plus claire lorsqu'elle est considérée sur une base saisonnière, par exemple en été.
 Les liens entre les feux de forêts et les conditions météorologiques ont été analysés en utilisant un modèle statistique afin d'établir de quelle manière la situation de feu de forêt est affectée par des variables comme les saisons, les régions phyto-climatiques des Alpes du Sud, les influences anthropiques et d'autres paramètres météorologiques particulièrement significatifs à court terme. Bader & Kunz, 2000c - R: PNR31


Hypothèses

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références

Europe:
Des études récentes ont mis en évidence que l'impact du changement climatique et d'autres changements globaux sur les forêts en Europe vont augmenter. La recherche dans ce domaine suggère que les dangers auxquels sont exposés les forêts, tels que les incendies de forêt, causés par l'augmentation des événements climatiques extrêmes pourrait augmenter considérablement à l'avenir.

Alpes – Scénarios futurs pour le danger feux de forêt :
Les impacts du réchauffement climatique sur la région alpine sont variés et sont influencés par des changements dans le cycle hydrologique (fonte des glaciers, changements dans les précipitations, dans l’extension et la durée du manteau neigeux, etc.), dans la distribution de la végétation (la végétation tend à se déplacer vers des altitudes et latitudes plus élevées afin de trouver les mêmes conditions environnementales) et dans les facteurs socio-économiques (tendances démographiques, tendances de consommation, utilisation des énergies renouvelables, changements dans l'utilisation des terres, mise en œuvre des mesures d'ajustement et politiques de gestion des terres visant à réduire la vulnérabilité des environnements de montagne). En plus de ces questions bien connues, le changement climatique produit aussi des effets radicaux et inattendus sur les régimes de feu dans les Alpes.

  ALP FFIRS 2012 - R
Espace Alpin :
A l'échelle alpine, l'efficacité des services de prévision du danger d'incendie, les activités de prévention et les mesures de lutte contre les incendies se sont considérablement améliorées au cours des dernières décennies. Les tendances actuelles montrent une diminution générale tant dans la fréquence globale des incendies de forêt que de l'extension moyenne des surfaces brûlées par événement.
En dépit de cela, les incendies de forêt représentent encore l'une des principales menaces pesant sur les forêts alpines. Dans un futur proche, les changements climatiques en cours pourraient jouer un rôle important en influençant la fréquence, la répartition géographique et les régimes d'incendies dans la région alpine. En outre, ils pourraient jouer un rôle important en induisant des événements d’incendies grands ou extrêmes.
En conséquence, des efforts devraient être faits pour suivre l'évolution des régimes d'incendie dans les Alpes; afin de comprendre si et comment les changements climatiques influent sur les paramètres et les régimes de feu dans la région alpine et d'utiliser les résultats de ces analyses pour orienter et optimiser les activités des services de prévision et de prévention/lutte.
Sur la base de ces évaluations, le projet MANFRED a entrepris de : (i) construire une base de données pan-alpine des incendies, conçue comme un outil pour suivre l'évolution de l’activité des incendies dans les Alpes ; (ii) arriver à une définition quantitative des feux "extrêmes" dans la zone alpine et faire un recensement de ces événements ; (iii) étudier la répartition géographique et la fréquence des feux "extrêmes", afin de comprendre si des tendances émergent pour ce genre d'événements et si elles peuvent être liées au changement climatique. Sur la base des données disponibles dans les différentes régions alpines, l'analyse a porté sur la période 2000–2009. La durée disponible est trop courte pour tirer des conclusions définitives d'un point de vue statistique. Néanmoins, l'analyse des données disponibles au niveau alpin a mis en évidence certaines preuves robustes. Oliveri & al. 2012 - R: MANFRED
Forêts méditerranéennes / Alpes :
Le contexte régional est amené à évoluer sous l'effet des changements climatiques. On s’attend à des feux plus fréquents et plus sévères et à une extension vers le nord de la zone à bioclimat méditerranéen. L’année 2003 a préfiguré ce qui nous attend au cours du siècle qui s’ouvre. Alors que les zones littorales et singulièrement le massif des Maures subissaient les incendies de « rattrapage », l’arrière-pays et les montagnes méditerranéennes connaissaient un grand nombre de sinistres d’une ampleur jusque-là extrêmement rare dans ces milieux. Ces feux ont eu localement des conséquences graves dans ces milieux fragiles. Ils ont concerné des séries RTM dans les Alpes du Sud et ont généré des phénomènes érosifs qu’il a fallu limiter par d’importants travaux de restauration de terrain incendiés, comme à L’Argentière-la-Bessée (05) ou à Luceram (06).
Globalement, les changements climatiques annoncés s’accompagneront d’une extension des zones de matorralisation et de risques accrus en zones écologiquement sensibles jusqu’alors préservées, conduisant ainsi à une érosion générale de la biodiversité. Compte tenu des prévisions démographiques, ces phénomènes s’accompagneront dans tous les cas, d’un problème persistant, voire accru, de protection civile. Dans la perspective d’une remontée vers le nord de la France des zones à bioclimat méditerranéen, on s’attend à ce que des régions aujourd’hui peu concernées et non préparées soient touchées plus fréquemment par les incendies. Dans ces régions où la culture de l’aménagement du territoire de type DFCI n’existe pas, une attention particulière devra être portée pour organiser très tôt les travaux de prélèvement de biomasse en cohérence avec cette exigence émergente. Les mesures de prévention seront nécessairement amenées à monter en puissance pour faire face à l’augmentation du risque et tenter de maintenir le niveau de parade actuel. Les changements d’usage et particulièrement une exploitation accrue de la biomasse forestière peuvent avoir, jusqu’à un certain point, un effet compensatoire. L’exploitation de la biomasse peut apporter une réponse économiquement intéressante à ce défi.
Revue bibliographique [voir les références dans l’étude]. Rigolot 2010 - A
France / Europe :
Les conditions extrêmes accompagnant le changement climatique vont vraisemblablement augmenter le risque d’incendie de végétation. Cette augmentation est déjà observée en Espagne et devrait très probablement toucher la France dans les années à venir. On attend une augmentation de la fréquence des périodes de risque extrême, un allongement de la saison des incendies, une extension de la zone géographique concernée et plus de très grands feux. On s’attend de plus à une augmentation de la fréquence des épisodes orageux dans l’hémisphère Nord engendrant plus de feux liés à la foudre.
L’extension des formations forestières dépérissantes va s’accompagner aussi d’une augmentation de la combustibilité des formations végétales touchées, par accumulation de la quantité de combustible mort. Selon la dynamique spatiale des dépérissements, en bouquets isolés ou sur des versants entiers, et en fonction de leur échelonnement dans le temps, le phénomène peut avoir des conséquences plus ou moins sensibles sur le régime des incendies.
Les conséquences des changements climatiques sur le régime des feux peuvent se traduire par des modifications rapides et profondes de la végétation, qui pourraient surpasser l’effet direct du changement climatique sur la migration, la substitution et l’extinction des espèces. La fréquence des incendies est certainement la composante du régime des feux qui a l’effet le plus important sur la végétation ; en effet l’augmentation de la fréquence des incendies devrait conduire à un rajeunissement des formations végétales et à une réduction globale de la biomasse sur pied, compromettant la stratégie nationale de la forêt “puits de carbone”.

La question est de savoir si les espèces de type méditerranéen seront capables de suivre l’évolution de leur aire potentielle. Cela dépendra de leur capacité à ajuster leur comportement notamment hydrique (plasticité), de leur évolution génétique (adaptation) et de leur capacité de dispersion sur de longues distances (migration). Les recherches actuelles portent sur ces questions et notamment sur les rythmes de ces phénomènes au regard de la vitesse du changement climatique. Il est aussi question du maintien ou de la réduction de l’aire méditerranéenne actuelle. Un argument en faveur du maintien, au moins temporaire, de l’aire est que les écosystèmes méditerranéens seraient plus résilients car adaptés aux fortes températures et aux forts stress hydriques. Quoi qu’il en soit, même sans changement de végétation, les régions nouvellement soumises au climat de type méditerranéen verront le risque d’incendie augmenter au moins par sa composante météorologique.
La forêt de type méditerranéen s’accroîtrait en surface, mais aussi en biomasse. En effet l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère accélère la croissance des arbres au moins tant que l’alimentation en eau ou en nutriments ne devient pas limitante. Cette stimulation de la croissance s’accompagnerait naturellement de celle de la biomasse combustible sous les arbres, c’est-à-dire d’une augmentation de l’aléa d’incendie et d’une réduction de la durée d’efficacité du débroussaillement.
A terme, la végétation des zones les plus méridionales ne devrait plus bénéficier de l’effet de l’augmentation du taux de CO2 sur la croissance de la végétation du fait de stress hydriques de plus en plus prononcés. Au contraire, les zones méditerranéennes actuelles devraient, dans la seconde partie du siècle, connaître une baisse de productivité de la végétation et des difficultés de régénération défavorisant les formations hautes. Il est difficile de dire si cette réduction de biomasse aura l’ampleur suffisante pour atténuer significativement le risque d’incendie. Néanmoins, la remontée vers le nord prévue de l’aire bioclimatique de type méditerranéen laisse envisager qu’il existera toujours une frange plus ou moins large où cette compensation ne s’opérerait pas et où globalement l’accumulation de biomasse de combustible aggraverait le risque feux de forêt. L’extension vers l’ouest de l’aire bioclimatique méditerranéenne invite à envisager pour la façade océanique de la France le scénario alternant des hivers doux et pluvieux, propices à l’accumulation de biomasse, et des étés plus secs et chauds favorisant l’augmentation des risques d’incendie. Quoiqu’il en soit, ce point illustre l’intérêt d’envisager plusieurs phases où les déterminants agissant sur le phénomène feux de forêt pourraient radicalement changer, toute la difficulté étant de borner ces phases dans le temps.

Aux changements climatiques observés et projetés, il convient d’ajouter les autres composantes agissant sur le risque d’incendie qui relèvent des contextes socio-économique et démographique. Nous savons par exemple que les prévisions démographiques en région méditerranéenne annoncent un renforcement du problème des interfaces habitat – forêt qui accroissent les enjeux et les difficultés de lutte contre les incendies de forêt.
 Cet article s'attache plus particulièrement aux conséquences des changements climatiques sur les incendies de forêt [revue bibliographique ; voir détails et références dans l’étude]. Néanmoins, la manière dont les changements d’usage peuvent aggraver ou atténuer le phénomène est aussi évoquée. Rigolot 2008 - A
France :
Outre les modifications climatiques directes (sécheresse estivale, canicule...) qui augmentent le risque d'incendie, leurs conséquences (actions des ravageurs, dépérissements, tempêtes) peuvent augmenter considérablement le volume de combustible sec au sol et sur pied jusqu'à plusieurs tonnes/ha. Une attention particulière est à porter aux peuplements résineux de plaine et du collinéen.
  Legay & Mortier 2006 - A
Bassin versant du Rhône (France) :
Dans les régions du Sud, la diminution de la teneur en eau du sol et dans les végétaux augmentera le stress hydrique de la végétation, et pourrait conduire à une plus grande sensibilité aux feux de forêt pendant les périodes sèches de l’année.
  IPCC, 2001 in Bravard 2006 - P
Alpes suisses :
Un plus grand danger de feu de forêt se développera en fonction du futur type de végétation. Les effets du changement climatique vont simplement aggraver une situation déjà défavorable.
  Bader & Kunz, 2000c - R: PNR31

 

 

 


INTENSITÉ
DES FEUX DE FORÊT

Reconstitutions de l'activité des phénomènes

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Observations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
Alpes – Statistiques sur les feux de forêt dans l’Espace Alpin :
Une analyse préliminaire des données recueillies sur la période 2000-2009 montre que la fréquence de ces feux est la plus élevée en Italie (74,81% des incendies enregistrés et 71,76% de la superficie totale brûlée), suivie par la France (respectivement 10,55% et 17,68%) et la Slovénie (9,22% et 7,27%). Ces zones sont situées dans le secteur climatique sud et couvrent environ 42% du domaine en question. Au contraire, le nombre de feux de forêt est plus faible dans les pays situés dans le secteur nord (Autriche, l'Allemagne et le reste de la Suisse), qui représente seulement 12% des événements enregistrés (8% de la superficie totale brûlée).
Durant la période 2000-2009 la région alpine a été affectée par une moyenne de 765 incendies et 6890 hectares de surface brûlée chaque année. La fréquence des événements et la superficie brûlée ont diminué après l’année 2003, qui est considéré comme la pire année de la décennie, hormis 2007, lorsque la gravité des incendies a été influencée, par exemple en Autriche, par l'accumulation de combustible résultant de dommages causés par de fortes tempêtes. Le total des surfaces brûlées (68 835 hectares) a été divisé en dix classes, en fonction de la taille, dans le but d'obtenir, pour chaque année, une indication de l'intensité du feu (en supposant que la zone brûlée est un indicateur de l'intensité du feu).
La fréquence des « grands incendies » a généralement diminué de 2000 à 2009, Il y a une différence significative entre les différents secteurs climatiques : dans les régions du nord des Alpes (Allemagne et Autriche) aucun événement n'a été enregistré dans la dernière décennie avec des zones brûlées de plus de 50 hectares, tandis qu’au sud des Alpes la taille des incendies atteint un ordre de grandeur différent. Selon la taille des incendies, les pays peuvent être classés par ordre décroissant comme suit : Italie, France, Slovénie, Suisse (Tessin et du Valais), en Autriche et en Allemagne .

Le nombre de feux de forêt dans les années considérées ici doit être traité avec prudence, car il varie considérablement entre les différentes années : les données relatives à des périodes plus longues fournissent des évaluations plus fiables. En outre, il convient de considérer que les sources de données pour le développement de la base de données de feux sont assez hétérogènes, tant en termes de qualité que de quantité de données.
Alpes : Dans le cadre du projet ALP FFIRS, les données sur les feux de forêt ont été partagées pour la première fois entre les pays de la région alpine. La grande base de données développée a permis une définition de la fréquence d'occurrence et du type de feux dans cette région au cours de la dernière décennie. La base de données, qui se réfère à des données sur les incendies de forêt qui se sont produits dans les pays participant au projet, à l'exception de certaines régions de l'Europe du Nord, a été standardisée, validée et analysée. La base de données comprend dix années (2000-2009) de séries temporelles de fréquence quotidienne d’occurrence des incendies et de superficies brûlées correspondantes. Afin de rendre l'ensemble de données homogène, un seuil minimal pour la zone brûlée a été fixé à 0,1 hectares.
En ce qui concerne la question des « grands incendies », il n'y a pas de définition unique actuellement utilisée dans les régions alpines pour classer ces incendies. Pour surmonter ce problème et comparer les données recueillies pour les différentes zones régionales, une valeur supposée de la zone brûlée correspondant au 95e percentile de la distribution a été mise en place : tous les feux avec une superficie brûlée au-dessus de cette valeur ont été considérés comme de grands feux, afin de rendre les données homogènes et d’analyser le phénomène.
ALP FFIRS 2012 - R

Espace Alpin :
Sur la période 2000–2009, la surface annuelle totale brûlée ainsi que l'extension moyenne annuelle des incendies sont à la baisse, même si l'analyse effectuée ne met pas en évidence de tendance statistiquement significative. Cette tendance peut être associée à l'augmentation progressive de l'efficacité des opérations de prévention et de lutte contre les incendies.

Bien que la définition des incendies extrêmes devrait envisager un ensemble plus large de variables (décrivant les caractéristiques du feu et leurs impacts), l'ensemble des données disponibles à l'échelle alpine a permis la sélection d'événements extrêmes d'incendie en fonction de leur superficie brûlée totale. Sur la base de la méthodologie développée pour les objectifs du projet, les incendies extrêmes dans le laps de temps 2000-2009 ont été définis comme ceux dont la superficie totale brûlée ≥ 105 ha. Au cours de la période de référence, 255 feux extrêmes ont eu lieu. La fréquence des feux extrêmes est en diminution, avec une tendance statistiquement significative (p = 0,094) .

Le projet MANFRED a permis de : (i) construire une base de données pan-alpine des incendies, conçue comme un outil pour suivre l'évolution de l’activité des incendies dans les Alpes ; (ii) arriver à une définition quantitative des feux "extrêmes" dans la zone alpine et faire un recensement de ces événements ; (iii) étudier la répartition géographique et la fréquence des feux "extrêmes", afin de comprendre si des tendances émergent pour ce genre d'événements et si elles peuvent être liées au changement climatique. Sur la base des données disponibles dans les différentes régions alpines, l'analyse a porté sur la période 2000–2009. La durée disponible est trop courte pour tirer des conclusions définitives d'un point de vue statistique. Néanmoins, l'analyse des données disponibles au niveau alpin a mis en évidence certaines preuves fiables. Ce rapport résume les principaux résultats de ces activités et souligne les résultats les plus robustes obtenus. Oliveri & al. 2012 - R: MANFRED
Alpes françaises – Département de l'Isère :
Le constat fait depuis quelques années est une augmentation de l’intensité des phénomènes météorologiques, comme l’illustrent les incendies de forêt qui se sont produits lors de la sécheresse exceptionnelle de l’été 2003 sur des versants des massifs de la Chartreuse (incendie du Néron) et du Vercors (au mont Barret). L’incendie du mont Barret à la sortie des gorges de la Bourne n’a pas eu d’impact immédiat sur la route départementale, mais on en mesure aujourd’hui les conséquences sur le couvert végétal et sur les phénomènes gravitaires, avec de nombreuses chutes de blocs rocheux dans le village et sur la route.
Le service des routes du Conseil Général de l’Isère ne gère pas les risques naturels mais il est gestionnaire d’un réseau routier d’environ 5000 km de linéaire sur des reliefs présentant un caractère montagneux sur la moitié sud de son territoire, qui à ce titre constitue « un bon baromètre » de l’activité des aléas naturels sur le département. Le Bidan 2011 - P
France / Europe :
En France les surfaces incendiées sont en baisse depuis 1990 malgré l’augmentation de l’indice de risque feux de forêt (IFM – Indice Forêt Météo) sur la période 1958-2008 (Cloppet & Regimbeau, 2009) et malgré l’augmentation concomitante des surfaces des espaces naturels combustibles. Les effets combinés des dispositifs de prévention et de lutte sont mis en avant pour expliquer ces bons résultats et notamment l’efficacité du traitement des feux naissants. Il n’existe donc pas aujourd’hui de lien statistique entre incendies de forêt et changements climatiques dans notre pays.
Pourtant, lors de saisons météorologiques exceptionnelles comme l’a été la saison 2003, les dispositifs de prévention et de lutte ont montré leurs limites. Lors de la dernière décennie, les cinq pays européens de la façade méditerranéenne ont tour à tour fait l’expérience de ces conditions extrêmes et de ces grands incendies et même pour certains à plusieurs reprises. Mais très peu d’études scientifiques permettent d’établir que ces évènements extrêmes sont liés au changement climatique. Les seules études actuellement disponibles proviennent d’Espagne.
Notons enfin, qu’aussi bien les analyses statistiques rétrospectives que les études prospectives peinent à distinguer la part du changement imputable aux changements climatiques et aux changements d’usage des sols ou aux activités de prévention et de lutte contre les incendies.
Revue bibliographique [voir détails et références dans l’étude]. Rigolot 2011 - A
Forêts méditerranéennes :
La forêt méditerranéenne française connaît depuis plusieurs décennies un régime de feux qui marque grossièrement un gradient depuis la frange littorale jusqu’à l’arrière-pays méditerranéen. Les zones littorales connaissent les incendies les plus fréquents (temps de retour de 10 à 30 ans) et de plus grandes dimensions pouvant atteindre plusieurs milliers d’hectares. L’arrière-pays et les montagnes méditerranéennes connaissent des feux beaucoup moins fréquents et de plus petite dimension. Malgré le gradient évoqué plus haut, on constate en région méditerranéenne une tendance générale à l’augmentation des formations végétales fermées et de la connectivité entre espaces naturels.
L’incendie est une perturbation qui favorise les espaces ouverts, mais pour des raisons de protection civile, tout est fait pour limiter cette perturbation, avec un certain succès lorsque les conditions météorologiques ne sont pas trop difficiles. Le régime de feux actuel est en effet en relation avec le niveau de prévention consenti. Les effets conjugués de la stratégie de prévention et de lutte contre les incendies de forêt expliquent une part importante du bilan feux de forêt que nous connaissons. Par exemple, la stratégie d’attaque massive sur feux naissants, qui se généralise, aboutit à une moindre représentation des incendies de moyenne dimension (1 à 50 ha) au profit d’incendies de petite dimension (< 1 ha), alors que le nombre de grands incendies stagne, mais leur taille est de plus en plus grande. On observe en effet un phénomène de rattrapage les années de risque météorologique élevé où la biomasse accumulée sur les surfaces épargnées les bonnes années part en fumée lors de quelques grands feux catastrophiques. Les derniers en date se sont déroulés pendant l’été 2003. On semble devoir se résigner à la juxtaposition de milieux en cours de fermeture avec des espaces parcourus par des incendies sévères, de grandes dimensions, peu propices à la remontée biologique.
Revue bibliographique [voir les références dans l’étude]. Rigolot 2010 - A

Valais (Suisse) :

Surface brûlée annuelle :
Pendant la période d'étude (1904–2006), les feux de forêt ont brûlé environ 2700 ha en Valais, correspondant à une valeur annuelle moyenne de 26 ha, avec une forte variabilité interannuelle (écart-type = 65). Par exemple, plus de la moitié de la surface totale a brûlé au cours de seulement 6 années (1906, 1921, 1979, 1981, 1996, and 2003), et cela a été principalement du à un petit nombre de très gros événements. Ces 6 années sont toutes à l'intérieur du premier et du dernier tiers de la période d'étude. En d'autres termes, les premières (1904–1940) et les dernières (1971–2006) décennies se sont caractérisées par un petit nombre d'années avec de grandes surfaces brûlées, tandis que pour la plupart des années la surface brûlée a été très petite ou il n'y a pas eu de feu du tout. La période intermédiaire (1941–1970) s'est caractérisée par une surface annuelle brûlée relativement faible mais régulièrement distribuée.

Tailles des feux de forêt :
La distribution de la taille des feux a fluctué au cours de la période d'étude. Si l'on exclut les feux de taille inconnue, le test de tendance par rangs de Wilcoxon fournit une preuve forte de l'hypothèse nulle de médianes identiques pour les périodes 1904–1940 et 1941–1970 (P = 0,112), mais il suggère que la médiane de la période 1941–1970 a été plus grande que celle de la période 1971–2006 (P < 0,0001). Pour autant, si l'on suppose que les événements de feux de forêt de taille inconnue étaient plutôt petits et qu'on les ajoute à la classe des événements plus petits que 0,1 ha, le test donne la preuve de l'hypothèse alternative, c'est-à-dire que la médiane était plus grande pendant la période 1941–1970 que pendant les périodes 1904–1940 (P < 0,0001) et 1971–2006 (P = 0,004). Cependant, dans les deux cas, c'est-à-dire indépendamment du fait que les incendies de taille inconnue sont inclus ou non, les deux dernières périodes ont connu une diminution de la taille moyenne des feux de forêt. Dans les deux cas, la taille maximale a diminué pendant la seconde période, et a ensuite de nouveau augmenté pendant la dernière période.

Taille des feux et surface brûlée :
Les auteurs supposent que les feux de taille inconnue ont été plus petits que 0,1 ha parce que très petits incendies sont moins susceptibles d'être signalés en détail. En excluant les incendies de tailles inconnues, les tailles de feu ont diminué au cours de la période d'étude. Cela pourrait être dû au fait que les rapports sont de plus en plus précis au fil du temps. Toutefois, la diminution de la taille des feux de forêt au cours de la période d'étude pourrait également être causée par l'amélioration des techniques de lutte contre l'incendie. En fin de compte, des facteurs autres que la température et/ou de précipitation doivent avoir influencé la surface brûlée annuelle au cours de cette seconde période
[cf. Facteurs de contrôle].

 
 À partir des données d'archive des sevices forestiers du canton du Valais, les auteurs ont construit une base de données sur les événements feu de forêt couvrant la période 1904–2006. Cette base de données intègre les données des inventaires précédents. Les statistiques qui en ressortent sur les feux de forêt sont présentées sous deux formes, l'une incluant et l'autre excluant les événements dont la taille n'est pas connue. Pour comparer les tailles médinaes des feux de forêt entre trois périodes de temps (1904–1940/1941–1970/1971–2006), un test de tendance en rangs de Wilcoxon a été réalisé. Aucune information n'est disponible sur l'intensité des feux. Par conséquent, l'analyse du régime des feux de forêt se limite à la fréquence, la saison d'occurrence et l'extention des surfaces brûlées. Zumbrunnen & al 2009 - A
Europe / Alpes :
La gamme d’incendies générés dans le contexte climatique exceptionnel des années récentes est caractérisée par des niveaux de puissance et de vitesse de propagation du feu eux-mêmes exceptionnels, et des pays comme la France en 2003, le Portugal en 2003 et en 2005 ou la Grèce en 2007 ont déjà subi ces types d’incendies. Ces incendies de sévérité inattendue ont surpassé les capacités actuelles des systèmes nationaux de prévention et de lutte.
 Revue bibliographique [voir les références dans l’étude]. Rigolot 2008 - A
Massif du Vercors (Préalpes françaises) :
La sécheresse de 2003 a amené de nombreux feux de forêt dans le Vercors, un massif habituellement humide, qui n’avait pas connu de feux au cours des dernières décennies
.
  Bravard 2006 - P

France :
Durant l'été 2003, des feux de forêt importants se sont produits dans des départements traditionnellement épargnés : Ain, Isère, Savoie, Haute-Loire, Aube ainsi que dans le Sud-Ouest (Landes, Lot, Haute-Garonne, Ariège...). Pour le ministère de l'Intérieur, le coût des feux de forêt a été de 179 millions d'euros en 2003, contre 83 millions en année normale. Le surcoût a également été considérable pour les collectivités territoriales et en particulier pour les Alpes de Haute Provence, l'Ardèche, la Lozère et l'Isère.

  ONERC 2006 - R
Tessin suisse :
Les prédispositions pour un feu de forêt, liées à une sécheresse climatique, ont augmentées sur la période 1971-2003 dans le canton du Tessin.
  Reinhard & al. 2005 - A


Modélisations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
   France / Europe :
Pour l’ensemble de l’Europe, l’étude récente de Thonicke et al. (2010) a modélisé les changements de régime des incendies de forêt sous l’effet des changements du climat et d’usage des sols. Cette étude conclut qu’un climat plus chaud et plus sec va augmenter le risque et la magnitude des incendies et de leurs effets, mais jusqu’à un certain seuil. En effet, pour le scénario le plus sévère (ECHAM-A2, concentration de 840 ppm en CO2), l’accumulation du combustible va décroître en région méditerranéenne au-delà d’un certain niveau de réchauffement, limitant ainsi les surfaces incendiées. Cette étude confirme en outre à moyen terme l’extension du risque incendie vers le nord et l’est de l’Europe.
    Revue bibliographique d’études prospectives fondées sur des projections climatiques [voir détails et références dans l’étude]. Rigolot 2011 - A


Hypothèses

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
Espace Alpin :
A l'échelle alpine, l'efficacité des services de prévision du danger d'incendie, les activités de prévention et les mesures de lutte contre les incendies se sont considérablement améliorées au cours des dernières décennies. Les tendances actuelles montrent une diminution générale tant dans la fréquence globale des incendies de forêt que de l'extension moyenne des surfaces brûlées par événement.
En dépit de cela, les incendies de forêt représentent encore l'une des principales menaces pesant sur les forêts alpines. Dans un futur proche, les changements climatiques en cours pourraient jouer un rôle important en influençant la fréquence, la répartition géographique et les régimes d'incendies dans la région alpine. En outre, ils pourraient jouer un rôle important en induisant des événements d’incendies grands ou extrêmes.
En conséquence, des efforts devraient être faits pour suivre l'évolution des régimes d'incendie dans les Alpes; afin de comprendre si et comment les changements climatiques influent sur les paramètres et les régimes de feu dans la région alpine et d'utiliser les résultats de ces analyses pour orienter et optimiser les activités des services de prévision et de prévention/lutte.
Sur la base de ces évaluations, le projet MANFRED a entrepris de : (i) construire une base de données pan-alpine des incendies, conçue comme un outil pour suivre l'évolution de l’activité des incendies dans les Alpes ; (ii) arriver à une définition quantitative des feux "extrêmes" dans la zone alpine et faire un recensement de ces événements ; (iii) étudier la répartition géographique et la fréquence des feux "extrêmes", afin de comprendre si des tendances émergent pour ce genre d'événements et si elles peuvent être liées au changement climatique. Sur la base des données disponibles dans les différentes régions alpines, l'analyse a porté sur la période 2000–2009. La durée disponible est trop courte pour tirer des conclusions définitives d'un point de vue statistique. Néanmoins, l'analyse des données disponibles au niveau alpin a mis en évidence certaines preuves robustes. Oliveri & al. 2012 - R: MANFRED
France / Europe :
Les conditions extrêmes accompagnant le changement climatique vont vraisemblablement augmenter le risque d’incendie de végétation. Cette augmentation est déjà observée en Espagne et devrait très probablement toucher la France dans les années à venir. On attend une augmentation de la fréquence des périodes de risque extrême, un allongement de la saison des incendies, une extension de la zone géographique concernée et plus de très grands feux. [Cf. Facteurs de contrôle]
La question est de savoir si les espèces de type méditerranéen seront capables de suivre l’évolution de leur aire potentielle. Cela dépendra de leur capacité à ajuster leur comportement notamment hydrique (plasticité), de leur évolution génétique (adaptation) et de leur capacité de dispersion sur de longues distances (migration). Les recherches actuelles portent sur ces questions et notamment sur les rythmes de ces phénomènes au regard de la vitesse du changement climatique. Il est aussi question du maintien ou de la réduction de l’aire méditerranéenne actuelle. Un argument en faveur du maintien, au moins temporaire, de l’aire est que les écosystèmes méditerranéens seraient plus résilients car adaptés aux fortes températures et aux forts stress hydriques. Quoi qu’il en soit, même sans changement de végétation, les régions nouvellement soumises au climat de type méditerranéen verront le risque d’incendie augmenter au moins par sa composante météorologique.
La forêt de type méditerranéen s’accroîtrait en surface, mais aussi en biomasse. En effet l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère accélère la croissance des arbres au moins tant que l’alimentation en eau ou en nutriments ne devient pas limitante. Cette stimulation de la croissance s’accompagnerait naturellement de celle de la biomasse combustible sous les arbres, c’est-à-dire d’une augmentation de l’aléa d’incendie et d’une réduction de la durée d’efficacité du débroussaillement.
 Cet article s'attache plus particulièrement aux conséquences des changements climatiques sur les incendies de forêt [revue bibliographique ; voir détails et références dans l’étude]. Néanmoins, la manière dont les changements d’usage peuvent aggraver ou atténuer le phénomène est aussi évoquée. Rigolot 2008 - A
Monde :
Dans les régions de montagne, le manteau neigeux est une source d'eau douce très importante ; des changements de l'enneigement pourraient avoir des effets indirects sur des écosystèmes en raison des changements de disponibilité des ressources en eau. L'intensité et la taille des feux de forêt pourraient s'accroître à cause du stress hydrique des forêts de montagne.
 Synthèse bibliographique UNEP 2007 - R
France :
Un accroissement du risque d'incendie est probable (MIES, 2000).
  ONERC 2005 - R
Alpes suisses :
Un plus grand danger de feu de forêt se développera en fonction du futur type de végétation
.
  Bader & Kunz 2000c - R: PNR31

 

 

 


FRÉQUENCE
DES FEUX DE FORÊT

Reconstitutions de l'activité des phénomènes

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
   Alpes suisses du sud – Lacs d’Origlio et de Muzzano (Canton du Tessin):
L’analyse de pollens et de charbons de bois dans deux lacs du sud de la Suisse a révélé que le feu a joué un rôle primordial dans l'évolution de la composition forestière de cette région depuis plus de 7000 ans.
Les sédiments du lac d’Origlio pour la période comprise entre 5100 et 3100 cal. BC (dates calibrées, avant JC) ont été prélevés de façon continue avec un pas de temps d'environ 10 ans.
Les pics de charbon de bois ont été précédés par des types de pollen indiquant l'activité humaine. Les minima de charbon se sont produits pendant les périodes de climat froid humide, au cours desquelles la sensibilité au feu aurait été réduite.
Une augmentation des feux de forêt vers 2100 cal. BC a fortement réduit la part des plantes restantes sensibles au feu : la chênaie mixte a été remplacée par une forêt d'aulnes et de chênes résistante au feu.
    Cet article porte principalement sur deux questions: (i) si et comment le feu a modifié la composition des forêts de plaine au sud des Alpes suisses, et (ii) si le feu au cours de l'Holocène était d'origine naturelle ou anthropique. [Cf. 'Facteurs de contrôle'] Tinner & al 1999 - A


Observations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
Alpes – Statistiques sur les feux de forêt dans l’Espace Alpin :
Une analyse préliminaire des données recueillies sur la période 2000-2009 montre que la fréquence de ces feux est la plus élevée en Italie (74,81% des incendies enregistrés et 71,76% de la superficie totale brûlée), suivie par la France (respectivement 10,55% et 17,68%) et la Slovénie (9,22% et 7,27%). Ces zones sont situées dans le secteur climatique sud et couvrent environ 42% du domaine en question. Au contraire, le nombre de feux de forêt est plus faible dans les pays situés dans le secteur nord (Autriche, l'Allemagne et le reste de la Suisse), qui représente seulement 12% des événements enregistrés (8% de la superficie totale brûlée).
Durant la période 2000-2009 la région alpine a été affectée par une moyenne de 765 incendies et 6890 hectares de surface brûlée chaque année. La fréquence des événements et la superficie brûlée ont diminué après l’année 2003, qui est considéré comme la pire année de la décennie, hormis 2007, lorsque la gravité des incendies a été influencée, par exemple en Autriche, par l'accumulation de combustible résultant de dommages causés par de fortes tempêtes. Le total des surfaces brûlées (68 835 hectares) a été divisé en dix classes, en fonction de la taille, dans le but d'obtenir, pour chaque année, une indication de l'intensité du feu (en supposant que la zone brûlée est un indicateur de l'intensité du feu).
La fréquence des « grands incendies » a généralement diminué de 2000 à 2009, Il y a une différence significative entre les différents secteurs climatiques : dans les régions du nord des Alpes (Allemagne et Autriche) aucun événement n'a été enregistré dans la dernière décennie avec des zones brûlées de plus de 50 hectares, tandis qu’au sud des Alpes la taille des incendies atteint un ordre de grandeur différent. Selon la taille des incendies, les pays peuvent être classés par ordre décroissant comme suit : Italie, France, Slovénie, Suisse (Tessin et du Valais), en Autriche et en Allemagne .

Le nombre de feux de forêt dans les années considérées ici doit être traité avec prudence, car il varie considérablement entre les différentes années : les données relatives à des périodes plus longues fournissent des évaluations plus fiables. En outre, il convient de considérer que les sources de données pour le développement de la base de données de feux sont assez hétérogènes, tant en termes de qualité que de quantité de données.
Alpes : Dans le cadre du projet ALP FFIRS, les données sur les feux de forêt ont été partagées pour la première fois entre les pays de la région alpine. La grande base de données développée a permis une définition de la fréquence d'occurrence et du type de feux dans cette région au cours de la dernière décennie. La base de données, qui se réfère à des données sur les incendies de forêt qui se sont produits dans les pays participant au projet, à l'exception de certaines régions de l'Europe du Nord, a été standardisée, validée et analysée. La base de données comprend dix années (2000-2009) de séries temporelles de fréquence quotidienne d’occurrence des incendies et de superficies brûlées correspondantes. Afin de rendre l'ensemble de données homogène, un seuil minimal pour la zone brûlée a été fixé à 0,1 hectares.
En ce qui concerne la question des « grands incendies », il n'y a pas de définition unique actuellement utilisée dans les régions alpines pour classer ces incendies. Pour surmonter ce problème et comparer les données recueillies pour les différentes zones régionales, une valeur supposée de la zone brûlée correspondant au 95e percentile de la distribution a été mise en place : tous les feux avec une superficie brûlée au-dessus de cette valeur ont été considérés comme de grands feux, afin de rendre les données homogènes et d’analyser le phénomène.
ALP FFIRS 2012 - R

Espace Alpin :
La fréquence des feux montre une diminution progressive sur la période 2000–2009. La mesure est statistiquement significative (p = 0,032) lorsque les données de l'année 2003 ne sont pas prises en considération. La fréquence relative des incendies éclos à basse altitude (0–500 m) est en augmentation significative (p = 0,0044). Une même tendance est associée aux points d’éclosion dans la gamme d'altitude 500–1000 m, même si l'importance de la tendance est moins évidente (p = 0,4). Le nombre d’incendies naturels déclenchés par la foudre est en augmentation. Il faut souligner, cependant, que cette preuve pourrait être due à l'amélioration de l'acquisition des données et à la réduction progressive des feux de cause « inconnue » qui en résulte. Au cours de la période de référence, la fréquence relative des feux d'hiver et d'été est restée pratiquement stable. La fréquence relative des feux d'hiver est plus élevée que la fréquence des événements d'été pour toutes les expositions, exception faite des incendies survenus en exposition N et sur des zones plates.
Lorsque la distribution potentielle des unités de végétation est considérée (niveau II de la légende de la «Carte de la végétation naturelle de l'Europe»), l'analyse effectuée a mis en évidence que de plus hautes fréquences d'incendie sont associés aux formations «Forêts subméditerranéennes et méso-supra-méditerranéennes de chêne pubescent, ainsi que forêts mixtes», «Hêtraies et hêtraies mixtes», «Chênaies pauvres en espèces et chênaies mixtes» et «Forêts et broussailles sclérophylles méditerranéennes». L'analyse de Monte Carlo a souligné que des unités spécifiques de végétation sont très exposées aux incendies, à la fois en termes de fréquence et d’extension moyenne.
Les simulations de sélectivité ont mis en évidence que la saisonnalité ne semble pas affecter la répartition des incendies dans les différentes unités de végétation, tandis que les classes d'altitude jouent un rôle important (haute vulnérabilité des formations forestières à la limite de leur aire climacique). L’analyse de sélectivité a souligné de fortes différences entre les régimes au niveau national. L'analyse n'a pas permis de mettre clairement en évidence une tendance continue au cours de la période considérée.

Au cours de la période de référence, 255 feux extrêmes ont eu lieu. La fréquence des feux extrêmes est en diminution, avec une tendance statistiquement significative (p = 0,094). La fréquence relative des événements de feux extrêmes d'hiver et d'été n'a pas changé de manière significative au cours de la période étudiée. Les feux extrêmes avec des éclosions situées dans les gammes d’altitude de 0–500 m et 500–1000 m représentent près de 70% de l'ensemble des événements, avec des fréquences relatives de 34% et 35%, respectivement ; ces fréquences relatives semblent augmenter, mais l'analyse réalisée ne montre pas de tendance continue statistiquement significative.
Lorsque l'on compare, par classe d’orientation, la fréquence relative des feux avec la fréquence relative des phénomènes extrêmes, il ressort que les fréquences relatives des incendies extrêmes en hiver sont plus élevées que celles associées aux feux ordinaires pour toutes les classes. Les valeurs les plus élevées sont associées aux zones plates et aux expositions SE, S et SW (60%, 27%, 24% et 19% respectivement).

Afin de comprendre si et comment les changements climatiques influent sur les régimes de feux dans la région alpine et d'utiliser les résultats de ces analyses pour orienter et optimiser les services de prévision et de prévention/atténuation, le projet MANFRED a réalisé une série d'activités visant spécifiquement à : (i) construire une base de données pan-alpine des incendies, conçue comme un outil pour suivre l'évolution de l’activité des incendies dans les Alpes ; (ii) arriver à une définition quantitative des feux "extrêmes" dans la zone alpine et faire un recensement de ces événements ; (iii) étudier la répartition géographique et la fréquence des feux "extrêmes", afin de comprendre si des tendances émergent pour ce genre d'événements et si elles peuvent être liées au changement climatique.
Bien que la définition des incendies extrêmes devrait envisager un ensemble plus large de variables (décrivant les caractéristiques du feu et leurs impacts), l'ensemble des données disponibles à l'échelle alpine a permis la sélection d'événements extrêmes d'incendie en fonction de leur superficie brûlée totale. Sur la base de la méthodologie développée pour les objectifs du projet, les incendies extrêmes dans le laps de temps 2000–2009 ont été définis comme ceux dont la superficie totale brûlée ≥ 105 ha.
Sur la base des données disponibles dans les différentes régions alpines, l'analyse effectuée considère un laps de temps (« échantillon commun » : période pendant laquelle presque toutes les régions ont pu fournir des données sur les incendies) allant de 2000 à 2009. La durée disponible est trop courte pour tirer des conclusions définitives d'un point de vue statistique. Néanmoins, l'analyse des données disponibles au niveau alpin a mis en évidence certaines preuves fiables. Ce rapport résume les principaux résultats de ces activités et souligne les résultats les plus robustes obtenus.
Oliveri & al. 2012 - R: MANFRED

Forêts méditerranéennes / Alpes :
La forêt méditerranéenne française connaît depuis plusieurs décennies un régime de feux qui marque grossièrement un gradient depuis la frange littorale jusqu’à l’arrière-pays méditerranéen. Les zones littorales connaissent les incendies les plus fréquents (temps de retour de 10 à 30 ans) et de plus grandes dimensions pouvant atteindre plusieurs milliers d’hectares. L’arrière-pays et les montagnes méditerranéennes connaissent des feux beaucoup moins fréquents et de plus petite dimension.

Le contexte régional est amené à évoluer sous l'effet des changements climatiques. On s’attend à des feux plus fréquents et plus sévères et à une extension vers le nord de la zone à bioclimat méditerranéen. L’année 2003 a préfiguré ce qui nous attend au cours du siècle qui s’ouvre. Alors que les zones littorales et singulièrement le massif des Maures subissaient les incendies de « rattrapage » évoqués plus haut, l’arrière-pays et les montagnes méditerranéennes connaissaient un grand nombre de sinistres d’une ampleur jusque-là extrêmement rare dans ces milieux. Ces feux ont eu localement des conséquences graves dans ces milieux fragiles. Ils ont concerné des séries RTM dans les Alpes du Sud et ont généré des phénomènes érosifs qu’il a fallu limiter par d’importants travaux de restauration de terrain incendiés, comme à L’Argentière-la-Bessée (05) ou à Luceram (06).

Revue bibliographique [voir les références dans l’étude]. Rigolot 2010 - A

Valais (Suisse) :
Il y a eu 906 incendies (100 feux/100 km² de forêt) dans la zone d'étude entre 1904 et 2006. La plupart des incendies se sont produits dans les parties centrale et orientale de la région étudiée. Il y a eu une plus haute fréquence des feux (129 feux/100 km² de forêt) à l'étage collinaire-montagnard (altitude < 1400m) qu'à l'étage subalpin (40 feux /100 km² de forêt).

La fréquence moyenne des feux (1904–2006) s'est élevée à neuf incendies par an (écart-type = 8). Deux périodes de changement sont visibles : une légère augmentation pendant les années 1940-1950 et un pic plus fort pendant les années 1990. La fréquence des incendies a évolué différemment dans les deux zones d'altitude, c'est-à-dire, la zone collinaire-montagnarde par rapport à la zone subalpine. Jusqu'à la fin des années 1940, il y a eu à peu près la même fréquence de feux par unité de surface forestière. Par la suite, la fréquence des feux a augmenté à plus basse altitude, tandis qu'elle est restée pratiquement constante et n'a que légèrement augmentée vers la fin du 20e siècle à l'étage subalpin.

L'analyse par corrélation croisée entre les séries temporelles de température/précipitations et la fréquence des feux révèle différentes caractéristiques selon la zone (zone d'étude entière, basse altitude, haute altitude) et selon qu'on considère la période avant ou après 1950. Dans la plupart des cas, la fréquence des feux est corrélée positivement à la température et négativement aux précipitations de la même année, mais il n'y a plus de corrélation ni avec la température ni avec les précipitations pour la période 1951–2006 et dans les zones collinaires-montagnardes. En outre, une corrélation positive entre la fréquence des incendies et les précipitations est évidente avec un décalage négatif de 3 ans pour presque toutes les régions et les périodes considérées.

La plupart des années avec un grand nombre d'incendies étaient sèches à très sèches, comme 1911, 1962 ou 1996. Néanmoins, il existe certaines exceptions et 1990, l'année avec le plus grand nombre de cas d'incendies, était en fait très humide. La raison de ce nombre exceptionnel de feux reste floue. Une cause non climatique pourrait être l'occurrence d'une tempête de foehn dévastatrice dont le souffle a abattu environ 600 000 m3 de bois en Valais au cours de l'hiver précédant la saison d'incendie 1990. Cela a produit une augmentation des combustibles légers et des débris ligneux grossiers dans les forêts, couplée à un plus fort ensoleillement du sol forestier dû à l'absence de la canopée dans les zones touchées.

La fréquence des feux de forêt varie avec l'altitude en Valais et a été considérablement plus élevés à l'étage collinaire-montagnard qu'à l'étage subalpin. Cela reflète les conditions climatiques plus sujettes au feu et le plus fort potentiel d'allumage à basse altitude en raison d'une présence humaine plus dense. Même si au début du 20ème siècle la fréquence des incendies à ces deux niveaux d'altitude était assez similaire, les fréquences ont commencé à différer fortement après la fin des années 1940.

À partir des données d'archive des sevices forestiers du canton du Valais, les auteurs ont construit une base de données sur les événements feu de forêt couvrant la période 1904–2006. Cette base de données intègre les données des inventaires précédents. Les statistiques qui en ressortent sur les feux de forêt sont présentées sous deux formes, l'une incluant et l'autre excluant les événements dont la taille n'est pas connue. Pour comparer les tailles médinaes des feux de forêt entre trois périodes de temps (1904–1940/1941–1970/1971–2006), un test de tendance en rangs de Wilcoxon a été réalisé. Aucune information n'est disponible sur l'intensité des feux. Par conséquent, l'analyse du régime des feux de forêt se limite à la fréquence, la saison d'occurrence et l'extention des surfaces brûlées. Zumbrunnen & al 2009 - A
France – Zone Méditerranéenne :
On s’attend de plus à une augmentation de la fréquence des épisodes orageux dans l’hémisphère Nord engendrant plus de feux liés à la foudre. Cette tendance aurait déjà été observée en région méditerranéenne française où cette cause de déclenchement d’incendie dépasserait depuis 2003 la moyenne de 4 à 7% antérieurement établie sur la base des données de Prométhée. Cette observation nécessite néanmoins d’être confirmée sur un plus long terme.
 Revue bibliographique [voir les références dans l’étude]. Rigolot 2008 - A
Massif du Vercors (Préalpes françaises) :
La sécheresse de 2003 a amené de nombreux feux de forêt dans le Vercors, un massif habituellement humide, qui n’avait pas connu de feux au cours des dernières décennies
.
  Bravard 2006 - P
Alpes Suisses :
Les incendies qui ont affecté la partie méridionale des Alpes suisses sont passés de 33 dans la 1ère moitié du XXe siècle à 90 par an dans la 2ème, mais c'est les évolutions de la gestion de ces forêts qui semble le facteur principal de cette hausse (Ozenda & Borel, 1991).
  Deline 2006 - P
Alpes suisses :
Après analyse des inventaires, le nombre total de feux de forêt a été constant de 1900 à 1960, en fluctuant autour des 30 événements par an dans les Alpes suisses. La fréquence des feux a augmenté et s’est stabilisée à environ 90 événements par an. Ce développement doit être mis en relation avec les changements rapides des conditions socio-économique dans le Sud des Alpes depuis les années 1960
.
 5300 événements ont été enregistrés entre 1900 et 1994 à partir des rapports fournis par les services forestiers et les brigades de pompiers. L'ensemble du canton du Tessin est couvert, ainsi que les vallées du Sud de Graubünden et la région de Zwischbergental-Gondo-Simplon dans le canton du Valais. Bader & Kunz 2000c - R: PNR31


Modélisations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
Alpes – Scénarios futurs pour le danger feux de forêt :
Les simulations des variations de l'indice de danger d'incendie FWI (indice forêt-météo) calculées en utilisant les sorties du modèle climatique régional COSMO-CLM pour la période 1990-2050 ne montrent pas de variations significatives dans la distribution de l'indice au nord des Alpes jusqu'au milieu du XXIe siècle, bien qu’elles montrent une tendance à la hausse des variations inter-saisonnières du 50e percentile, qui peut être considérée comme un indicateur représentatif des conditions de risque intermédiaire, c’est-à-dire des conditions plutôt favorables au développement des feux de forêt. La tendance est plus marquée dans la zone interne des Alpes, et en particulier au sud des Alpes : les droites de régression des 50e et 95e percentiles (ce dernier étant un indicateur représentatif de conditions de danger élevé ou très élevé) montrent une augmentation significative, qui correspond à un plus fort danger d'apparition de conditions environnementales et météorologiques favorables au développement des incendies de forêt, simulé par le modèle climatique.
En outre, dans les régions internes et dans la région du sud des Alpes, le nombre annuel de jours avec un fort danger d'incendie augmente. Par exemple, pour l'intérieur des Alpes le modèle régional estime que le nombre de jours de danger élevé d’incendie va passer de 15 en 1990 à plus de 20 en 2050, soit une augmentation d'environ 25%.

Pour de nombreuses régions alpines, les changements estimés en utilisant la technique multi-modèles basée sur les données du projet européen ENSEMBLES sont compatibles avec les simulations du modèle régional COSMO-CLM décrit ci-dessus. Seul au nord des Alpes les résultats obtenus avec la technique multi-modèles prédisent une légère augmentation des risques d'incendie, tandis que les simulations obtenues à partir du modèle COSMO-CLM montrent une légère diminution en raison de l'augmentation des précipitations.

En conclusion préliminaire, au vu des incertitudes des simulations du climat et de la difficulté des modèles climatiques dans la représentation des événements extrêmes, qui, pour les risques d'incendie sont d'une importance cruciale, les scénarios prévoient une augmentation du risque de feux de forêt jusqu'au milieu du XXIe siècle, en particulier à des altitudes élevées et dans des secteurs du sud des Alpes. La fréquence des jours de fort danger d’incendie montre également une augmentation significative attendue vers la moitié du XXIe siècle, qui dans certaines régions atteint 70 à 80%.
Le danger d'incendie futur a été évalué sur la base de différents indices (FWI, Nesterov, Baumgartner et autres) qui ont été calculés en utilisant les données de prévision météorologique issues des simulations du modèle climatique régional COSMO-CLM pour la période 1990-2050. L'analyse statistique des percentiles de la distribution des valeurs des indices sur l'ensemble de la période montre les effets du changement climatique sur le danger potentiel d’incendie de forêt dans les Alpes.
 
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Pour analyser la fréquence des jours de fort danger d’incendie, le seuil du 95e percentile de la distribution sur l'ensemble de la période de 60 ans a été utilisé (chaque année a été calculée dans la région concernée). Afin que les résultats du projet ne soient pas fondés uniquement sur l'utilisation d'un seul modèle climatique régional, les partenaires ont décidé de procéder à la même analyse en utilisant la méthode d’Ensembles Multi-modèles, c'est-à-dire à partir de projections convenablement combinées de différents modèles climatiques. En particulier, ils ont combiné les données résultant de simulations climatiques de sept modèles climatiques régionaux différents basés sur le même scénario socio-économique, obtenues à partir du projet européen ENSEMBLES. La méthode multi-modèles utilisée dépend des paramètres météorologiques considérés et peut aller de la simple moyenne des données des modèles (cette méthode est utilisée pour la vitesse du vent et de l'humidité relative) à une nouvelle technique appelée ‘SuperEnsemble Dressing’ utilisée pour les précipitations. En ce qui concerne la température, les données provenant de différents modèles sont agrégées en une combinaison linéaire pondérée qui tient compte de la différence entre les simulations du modèle et les observations au cours de périodes antérieures. Le principal avantage de l'utilisation de ces techniques est la réduction des erreurs systématiques affectant les valeurs des modèles climatiques régionaux individuels ; en effet, dans une région caractérisée par une orographie très complexe comme la région alpine, de telles erreurs peuvent être très importantes (par exemple, les erreurs dues à des différences d’altitude entre la station d'observation et le point de grille du modèle ou des erreurs dues à une mauvaise représentation des processus atmosphériques à plus petite échelle).
ALP FFIRS 2012 - R
 Espace Alpin :
Les Alpes montrent une tendance à l'évapotranspiration potentielle jusqu’à environ 50 mm/an supplémentaires dans les fonds de vallée et sur le flanc sud, soit environ + 10% par rapport aux conditions actuelles. Cela va d'un côté correspondre à des possibilités accrues de culture, mais de l'autre côté à une demande en eau généralement plus élevée des cultures. Cela se traduit par des variations du bilan hydrique météorologique correspondant. Dans les parties hautes et centrales des Alpes, l'augmentation des précipitations suggère des changements positifs dans le bilan hydrique météorologique. Sur les flancs sud et moins élevées des Alpes, cependant, une augmentation de l'évapotranspiration potentielle indique la possibilité de conditions où la disponibilité en eau constituerait un facteur limitant pour la croissance des cultures.
L’indice de sécheresse (de Martonne) suggère des conditions généralement plus arides sur l’ensemble des Alpes à l'exception de certaines parties du centre et en altitude, où la tendance pourrait être inversée. L'indice en lui-même en a une nature comparative, étant un rapport classique entre précipitations et températures. La variation de l'indice indique l'intensité relative et le signe des changements de l'aridité dans la région. Le motif spatial est similaire à celui du bilan hydrique météorologique
Un climat avec des étés plus secs et chauds implique apparemment danger plus élevé de feux de forêt. Cet aspect semble être adéquatement prévisible dans les études d'impact du changement climatique.
La carte du changement du risque d'incendie de forêt (indice de Nesterov) qui a été produite pour les Alpes dans le projet CLISP est un exemple de ce type d'évaluation. Il montre que, tandis que les Alpes orientales devraient connaître une légère augmentation du danger feux de forêt, il est prévu que la partie occidentale (maritime) des Alpes devienne beaucoup plus à risque sous l’effet du changement climatique en raison de l'aridité combinée à la hausse des températures (Fig. 22). Le piemont sud des Alpes connaîtrait aussi généralement un risque accru
.
 Dans le cadre du projet Espace Alpin CLISP, urbanistes et chercheurs de 6 pays alpins ont essayé de comprendre la question complexe de la façon dont les sociétés alpines peuvent s'adapter aux impacts potentiels du changement climatique sur les risques naturels par le biais de l'aménagement du territoire. Sur la base de scénarios de changement climatique produits dans le cadre de la contribution de l'EURAC au projet [cf. Température + Précipitations], ce rapport du WP4 (‘Vulnerability Assesment’) passe brièvement en revue les connaissances actuellement disponibles pour évaluer l'impact potentiel du changement climatique sur les risques naturels, et l'utilisation pratique de ces connaissances qui est faite, ou peut être faite, dans l'aménagement du territoire. Les contextes d'exposition aux avalanches, notamment, sont brièvement discutés. EURAC 2011 - R: CLISP
France / Europe :
Dans les régions subissant déjà le risque d’incendie, on peut s’attendre à un allongement de la période critique. Par une approche similaire menée à l’échelle de l’Europe, Giannakopoulos et al. (2005) ont projeté l’IFM canadien pour un scénario avec augmentation de 2°C des températures. A l’échéance 2030–2060, une augmentation de 1 à 6 semaines de la période de risque d’incendie est attendue dans les pays du pourtour méditerranéen.
Pour l’ensemble de l’Europe, l’étude récente de Thonicke et al. (2010) a modélisé les changements de régime des incendies de forêt sous l’effet des changements du climat et d’usage des sols. Cette étude conclut qu’un climat plus chaud et plus sec va augmenter le risque et la magnitude des incendies et de leurs effets, mais jusqu’à un certain seuil. En effet, pour le scénario le plus sévère (ECHAM-A2, concentration de 840 ppm en CO2), l’accumulation du combustible va décroître en région méditerranéenne au-delà d’un certain niveau de réchauffement, limitant ainsi les surfaces incendiées. Cette étude confirme en outre à moyen terme l’extension du risque incendie vers le nord et l’est de l’Europe.
 Revue bibliographique d’études prospectives fondées sur des projections climatiques [voir détails et références dans l’étude]. Rigolot 2011 - A
Vallées de la Dischma (Grisons) et de Gantertal (Valais), Alpes suisses :
Le changement climatique futur projeté, qui est dans la gamme de nombreux autres scénarios climatiques "state-of-the-art" pour le 21e siècle, conduit à une augmentation de la sécheresse estivale. Cela augmente la probabilité d'occurrence du feu. Ces résultats suggèrent qu'il importe d'inclure les perturbations causées par le feu dans les futures études de dynamique paysagère dans les Alpes européennes et probablement aussi ailleurs dans la zone tempérée. Les études qui traitent des effets directs du climat seulement (e.g. Bugmann, 1997) peuvent fournir une image incomplète des trajectoires futures des forêts de montagne. Selon les résultats de la présente simulation, il est probable que le feu devienne un agent important de l'évolution du paysage dans le futur. Cela est même vrai dans les secteurs où ne se produisent pas de feux majeurs dans les conditions climatiques actuelles, tels que la vallée de la Dischma. Ainsi, comme effet indirect du changement climatique, le feu aura probablement un fort impact sur le couvert forestier en plus des effets directs du climat.
Les auteurs concluent que la conjonction d'effets directs et indirects du changement climatique sont susceptibles (via les changements dans le régime des feux) d'avoir des conséquences majeures pour les forêts de montagne dans les Alpes européennes, et sur leur capacité à fournir une protection contre les dangers naturels.
 Les auteurs ont évalué les interactions entre la dynamique forestière, le changement climatique et les perturbations à grande échelle telles que le feu, le vent et la gestion forestière. Ils ont utilisé le modèle LANDCLIM pour examiner l'influence, les interactions et l'importance relative de ces différents facteurs de la dynamique forestière pour deux secteurs d'étude dans les Alpes européennes. La structure de base de LANDCLIM consiste en un modèle local qui simule la succession forestière pour chaque cellule dans le modèle de paysage au pas de temps annuel et en un modèle de paysage qui contient les processus opérant sur plusieurs cellules, qui sont simulés au pas de temps de 10 ans. Les processus à l'échelle du paysage inclus dans le modèle sont le feu, le vent, l'exploitation forestière et la dispersion des semances (graines). Schumacher & Bugmann 2006 - A


Hypothèses

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
Europe:
Des études récentes ont mis en évidence que l'impact du changement climatique et d'autres changements globaux sur les forêts en Europe vont augmenter. La recherche dans ce domaine suggère que les dangers auxquels sont exposés les forêts, tels que les incendies de forêt, causés par l'augmentation des événements climatiques extrêmes pourrait augmenter considérablement à l'avenir.
  ALP FFIRS 2012 - R
Espace Alpin :
A l'échelle alpine, l'efficacité des services de prévision du danger d'incendie, les activités de prévention et les mesures de lutte contre les incendies se sont considérablement améliorées au cours des dernières décennies. Les tendances actuelles montrent une diminution générale tant dans la fréquence globale des incendies de forêt que de l'extension moyenne des surfaces brûlées par événement.
En dépit de cela, les incendies de forêt représentent encore l'une des principales menaces pesant sur les forêts alpines. Dans un futur proche, les changements climatiques en cours pourraient jouer un rôle important en influençant la fréquence, la répartition géographique et les régimes d'incendies dans la région alpine. En outre, ils pourraient jouer un rôle important en induisant des événements d’incendies grands ou extrêmes.
En conséquence, des efforts devraient être faits pour suivre l'évolution des régimes d'incendie dans les Alpes; afin de comprendre si et comment les changements climatiques influent sur les paramètres et les régimes de feu dans la région alpine et d'utiliser les résultats de ces analyses pour orienter et optimiser les activités des services de prévision et de prévention/lutte.
 Sur la base de ces évaluations, le projet MANFRED a entrepris de : (i) construire une base de données pan-alpine des incendies, conçue comme un outil pour suivre l'évolution de l’activité des incendies dans les Alpes ; (ii) arriver à une définition quantitative des feux "extrêmes" dans la zone alpine et faire un recensement de ces événements ; (iii) étudier la répartition géographique et la fréquence des feux "extrêmes", afin de comprendre si des tendances émergent pour ce genre d'événements et si elles peuvent être liées au changement climatique. Sur la base des données disponibles dans les différentes régions alpines, l'analyse a porté sur la période 2000–2009. La durée disponible est trop courte pour tirer des conclusions définitives d'un point de vue statistique. Néanmoins, l'analyse des données disponibles au niveau alpin a mis en évidence certaines preuves robustes. Oliveri & al. 2012 - R: MANFRED
Forêts méditerranéennes / Alpes :
Le contexte régional est amené à évoluer sous l'effet des changements climatiques. On s’attend à des feux plus fréquents et plus sévères et à une extension vers le nord de la zone à bioclimat méditerranéen. L’année 2003 a préfiguré ce qui nous attend au cours du siècle qui s’ouvre. Alors que les zones littorales et singulièrement le massif des Maures subissaient les incendies de « rattrapage », l’arrière-pays et les montagnes méditerranéennes connaissaient un grand nombre de sinistres d’une ampleur jusque-là extrêmement rare dans ces milieux. Ces feux ont eu localement des conséquences graves dans ces milieux fragiles. Ils ont concerné des séries RTM dans les Alpes du Sud et ont généré des phénomènes érosifs qu’il a fallu limiter par d’importants travaux de restauration de terrain incendiés, comme à L’Argentière-la-Bessée (05) ou à Luceram (06).
Globalement, les changements climatiques annoncés s’accompagneront d’une extension des zones de matorralisation et de risques accrus en zones écologiquement sensibles jusqu’alors préservées, conduisant ainsi à une érosion générale de la biodiversité. Compte tenu des prévisions démographiques, ces phénomènes s’accompagneront dans tous les cas, d’un problème persistant, voire accru, de protection civile. Dans la perspective d’une remontée vers le nord de la France des zones à bioclimat méditerranéen, on s’attend à ce que des régions aujourd’hui peu concernées et non préparées soient touchées plus fréquemment par les incendies. Dans ces régions où la culture de l’aménagement du territoire de type DFCI n’existe pas, une attention particulière devra être portée pour organiser très tôt les travaux de prélèvement de biomasse en cohérence avec cette exigence émergente. Les mesures de prévention seront nécessairement amenées à monter en puissance pour faire face à l’augmentation du risque et tenter de maintenir le niveau de parade actuel. Les changements d’usage et particulièrement une exploitation accrue de la biomasse forestière peuvent avoir, jusqu’à un certain point, un effet compensatoire. L’exploitation de la biomasse peut apporter une réponse économiquement intéressante à ce défi.
 Revue bibliographique [voir les références dans l’étude]. Rigolot 2010 - A
France / Europe :
Les conditions extrêmes accompagnant le changement climatique vont vraisemblablement augmenter le risque d’incendie de végétation. Cette augmentation est déjà observée en Espagne et devrait très probablement toucher la France dans les années à venir. On attend une augmentation de la fréquence des périodes de risque extrême, un allongement de la saison des incendies, une extension de la zone géographique concernée et plus de très grands feux. [Cf. Facteurs de contrôle]
La question est de savoir si les espèces de type méditerranéen seront capables de suivre l’évolution de leur aire potentielle. Cela dépendra de leur capacité à ajuster leur comportement notamment hydrique (plasticité), de leur évolution génétique (adaptation) et de leur capacité de dispersion sur de longues distances (migration). Les recherches actuelles portent sur ces questions et notamment sur les rythmes de ces phénomènes au regard de la vitesse du changement climatique. Il est aussi question du maintien ou de la réduction de l’aire méditerranéenne actuelle. Un argument en faveur du maintien, au moins temporaire, de l’aire est que les écosystèmes méditerranéens seraient plus résilients car adaptés aux fortes températures et aux forts stress hydriques. Quoi qu’il en soit, même sans changement de végétation, les régions nouvellement soumises au climat de type méditerranéen verront le risque d’incendie augmenter au moins par sa composante météorologique.
La forêt de type méditerranéen s’accroîtrait en surface, mais aussi en biomasse. En effet l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère accélère la croissance des arbres au moins tant que l’alimentation en eau ou en nutriments ne devient pas limitante. Cette stimulation de la croissance s’accompagnerait naturellement de celle de la biomasse combustible sous les arbres, c’est-à-dire d’une augmentation de l’aléa d’incendie et d’une réduction de la durée d’efficacité du débroussaillement.
 Cet article s'attache plus particulièrement aux conséquences des changements climatiques sur les incendies de forêt [revue bibliographique ; voir détails et références dans l’étude]. Néanmoins, la manière dont les changements d’usage peuvent aggraver ou atténuer le phénomène est aussi évoquée. Rigolot 2008 - A
Alpes suisses :
Une augmentation des feux pendant la période estivale de l’année est à craindre (avec déclenchement par des événements orageux) et ce plus particulièrement si la limite de la forêt remonte en altitude.
  Bader & Kunz 2000c - R: PNR31

 

 

 


SAISONNALITÉ
DES FEUX DE FORÊT

Reconstitutions de l'activité des phénomènes

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Observations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références

Europe :
L'humidité de l'air influe sur la teneur en eau dans le combustible. Ce facteur est étroitement lié à la saison au cours de laquelle l'événement se produit. La teneur en eau du combustible, en fait, change au cours de la saison et généralement les plus grands dommages se produisent pendant la saison végétative (printemps-été). Dans les environnements de climat continental, caractérisés par de faibles précipitations durant les mois de janvier et février, les conditions de sécheresse de la végétation en raison du repos végétatif, conduisent à un risque accru de feu pendant les mois d'hiver.

Alpes :
La valeur du 95e percentile semble suivre une tendance géographique combinée : les régions de la partie sud des Alpes présentent des valeurs plus élevées que celles des régions du nord des Alpes. Ce phénomène est sans doute lié aux différentes caractéristiques météorologiques, topographiques et sociales des domaines considérés. Les effets du vent ou des périodes caractérisées par de faibles quantités de précipitations au printemps et en été peuvent influer sur la teneur en humidité du combustible de manière beaucoup plus marquée dans les régions du sud des Alpes que dans les régions du nord.
Un autre facteur important qui influe sur la taille des incendies est la saison (hiver / été) au cours de laquelle ils se produisent. Dans la région alpine, le pourcentage le plus élevé de surface brûlée est atteint pendant l'hiver (de novembre à avril), principalement en raison des incendies classés comme petits ou moyens. En revanche, les foyers importants de 1000 hectares se produisent seulement en été (de mai à octobre), lorsque les températures sont plus élevées. Cependant, en France et en Slovénie, le pourcentage de superficie brûlée est beaucoup plus élevé en été (près de 70%), probablement en raison de la composante méditerranéenne du climat qui provoque des conditions de sécheresse, et en raison du substrat karstique, caractérisé par une faible rétention d'eau.
Il convient de noter que le pourcentage de surface brûlée en Autriche pendant la période d'été est assez élevé. Dans ce pays, la saison des feux est concentrée durant la fin du printemps et de l'été, d'une manière tout à fait différente du reste de la zone étudiée, où la distribution de fréquence des feux présente deux pics. Le premier en hiver (janvier à avril) avec une fréquence de 27% en mars, le deuxième en été (juillet et août), avec des valeurs inférieures (moins de 10% par mois). Pendant la saison d'hiver dans les régions alpines, il y a surtout des feux de surface et des incendies causés par du combustible fin, surtout au-dessous de 1000 m d’altitude, tandis que les incendies au sol et les feux de cimes sont plus susceptibles de se produire en été, à la suite des périodes de sécheresse longues et exceptionnelles (comme durant l'été 2003).
Sur les trois régions voisines : Lombardie (Italie), Tessin et Valais (Suisse) et Autriche, la plupart des feux d'origine anthropique se produisent entre mars et avril. En ce qui concerne les événements causés par la foudre, il y a une différence marquée entre la Lombardie, où le nombre d'incendies naturels est très faible (ou non significatif) et les autres régions. En Suisse et en Autriche, les incendies naturels sont concentrés en été (juin à août), avec un pourcentage plus faible en mai et en avril, et une fréquence plus élevée en juillet et août .

 
 Alpes : Dans le cadre du projet ALP FFIRS, les données sur les feux de forêt ont été partagées pour la première fois entre les pays de la région alpine. La grande base de données développée a permis une définition de la fréquence d'occurrence et du type de feux dans cette région au cours de la dernière décennie. La base de données, qui se réfère à des données sur les incendies de forêt qui se sont produits dans les pays participant au projet, à l'exception de certaines régions de l'Europe du Nord, a été standardisée, validée et analysée. La base de données comprend dix années (2000-2009) de séries temporelles de fréquence quotidienne d’occurrence des incendies et de superficies brûlées correspondantes. Afin de rendre l'ensemble de données homogène, un seuil minimal pour la zone brûlée a été fixé à 0,1 hectares.
Le nombre de feux de forêt dans les années considérées ici doit être traité avec prudence, car il varie considérablement entre les différentes années : les données relatives à des périodes plus longues fournissent des évaluations plus fiables. En outre, il convient de considérer que les sources de données pour le développement de la base de données de feux sont assez hétérogènes, tant en termes de qualité que de quantité de données.
En ce qui concerne la question des « grands incendies », il n'y a pas de définition unique actuellement utilisée dans les régions alpines pour classer ces incendies. Pour surmonter ce problème et comparer les données recueillies pour les différentes zones régionales, une valeur supposée de la zone brûlée correspondant au 95e percentile de la distribution a été mise en place : tous les feux avec une superficie brûlée au-dessus de cette valeur ont été considérés comme de grands feux, afin de rendre les données homogènes et d’analyser le phénomène.
ALP FFIRS 2012 - R

Espace Alpin :
Au cours de la période de référence 2000–2009, la fréquence relative des feux d'hiver et d'été est restée pratiquement stable.
La fréquence relative des feux d'hiver est plus élevée que la fréquence des événements d'été pour toutes les expositions, exception faite des incendies survenus en exposition N et sur des zones plates.

La fréquence relative des événements de feux extrêmes d'hiver et d'été n'a pas changé de manière significative au cours de la période étudiée.
Lorsque l'on compare, par classe d’orientation, la fréquence relative des feux avec la fréquence relative des phénomènes extrêmes, il ressort que les fréquences relatives des incendies extrêmes en hiver sont plus élevées que celles associées aux feux ordinaires pour toutes les classes. Les valeurs les plus élevées sont associées aux zones plates et aux expositions SE, S et SW (60%, 27%, 24% et 19% respectivement).
L’analyse effectuée a montré que, en ce qui concerne les événements d'incendies extrêmes, il y a une différence significative entre le pouvoir prédictif des indices forêt-météo pour les saisons végétative et non-végétative. Au cours de la saison végétative de la «famille» KBDI, la «famille» DF, la «famille» IFM (FFMC, DMC, DC, BUI, ISI, FWI), et les indices FFDI et Orieux présentent des performances élevées dans la prévision des événements extrêmes. Au cours de la saison non-végétative, les seuls indices assez efficaces dans les prédictions sont ceux de Sharples et d’Orieux
.

Le projet MANFRED a permis de: (i) construire une base de données pan-alpine des incendies, conçue comme un outil pour suivre l'évolution de l’activité des incendies dans les Alpes ; (ii) arriver à une définition quantitative des feux "extrêmes" dans la zone alpine et faire un recensement de ces événements ; (iii) étudier la répartition géographique et la fréquence des feux "extrêmes", afin de comprendre si des tendances émergent pour ce genre d'événements et si elles peuvent être liées au changement climatique. Sur la base des données disponibles dans les différentes régions alpines, l'analyse porte sur la période 2000–2009. Bien que la définition des incendies extrêmes devrait envisager un ensemble plus large de variables (décrivant les caractéristiques du feu et leurs impacts), l'ensemble des données disponibles à l'échelle alpine a permis la sélection d'événements extrêmes d'incendie en fonction de leur superficie brûlée totale. Sur la base de la méthodologie développée pour les objectifs du projet, les incendies extrêmes ont été définis comme ceux dont la superficie totale brûlée ≥ 105 ha. Oliveri & al. 2012 - R: MANFRED
Forêts méditerranéennes :
Par rapport aux zones littorales, l’arrière-pays et les montagnes méditerranéennes se caractérisent par une proportion importante de feux hors de la saison estivale liée à l’activité pastorale.
 Revue bibliographique [voir les références dans l’étude]. Rigolot 2010 - A

Valais (Suisse) :
La saison des feux en Valais dure de mars à octobre (90% de tous les incendies), avec deux pics majeurs en mars-avril et juillet-août. Les incendies sont très rares en hiver. Ce ''double pic'' résulte de la combinaison de la distribution saisonnière des incendies à l'étage collinaire-montagnard par rapport à l'étage subalpin, c'est-à-dire une forte activité des feux en mars-avril à basse altitude et en août à des altitudes plus élevées.

Il semble que la saisonnalité des feux à basse altitude est principalement conditionnée par le foehn dans les zones où il souffle, alors que la sécheresse est le facteur décisif dans les zones sans foehn. Dans les régions où les deux phénomènes se produisent, le foehn de printemps semble jouer un rôle beaucoup plus important que la sécheresse estivale.

Les saisons avec une surface brûlée élevé correspondent principalement, mais pas toujours, à des périodes sèches. Depuis les années 1950, les feux de grande taille (> 10 ha, > 50 ha) ont tendance à se produire au cours des mois qui ont été plus humides que la moyenne saisonnière, alors qu'avant 1950, ils avaient tendance à se produire pendant les mois plus sec que la moyenne. En outre, la fréquence de ces ''grands'' événements a sensiblement augmenté au cours de la période 1950-1980 même si les conditions climatiques étaient moins favorables pour les feux qu'ils ne l'avaient été au cours des décennies précédentes.

 
 À partir des données d'archive des sevices forestiers du canton du Valais, les auteurs ont construit une base de données sur les événements feu de forêt couvrant la période 1904–2006. Les statistiques qui en ressortent sur les feux de forêt sont présentées sous deux formes, l'une incluant et l'autre excluant les événements dont la taille n'est pas connue. L'analyse du régime des feux de forêt se limite à la fréquence, la saison d'occurrence et l'extention des surfaces brûlées. Zumbrunnen & al 2009 - A

Tessin suisses :
La fin de l’hiver et le début du printemps sont les périodes de l’année pendant lesquels le plus de feux de forêt se déclenchent dans le canton du Tessin. Sur la période 1971-2002, il y a un pic du nombre d’événements entre janvier et avril. Le mois d’avril est le mois pendant lequel le plus de feux se sont déclenchés, avec plus de 500 événements dans le canton du Tessin.

  Reinhard & al. 2005 - A


Modélisations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
   France / Europe :
Dans les régions subissant déjà le risque d’incendie, on peut s’attendre à un allongement de la période critique. Par une approche similaire menée à l’échelle de l’Europe, Giannakopoulos et al. (2005) ont projeté l’IFM canadien pour un scénario avec augmentation de 2°C des températures. A l’échéance 2030–2060, une augmentation de 1 à 6 semaines de la période de risque d’incendie est attendue dans les pays du pourtour méditerranéen.
   Revue bibliographique d’études prospectives fondées sur des projections climatiques [voir détails et références dans l’étude]. Rigolot 2011 - A


Hypothèses

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
 Espace Alpin :
A l'échelle alpine, l'efficacité des services de prévision du danger d'incendie, les activités de prévention et les mesures de lutte contre les incendies se sont considérablement améliorées au cours des dernières décennies. Les tendances actuelles montrent une diminution générale tant dans la fréquence globale des incendies de forêt que de l'extension moyenne des surfaces brûlées par événement.
En dépit de cela, les incendies de forêt représentent encore l'une des principales menaces pesant sur les forêts alpines. Dans un futur proche, les changements climatiques en cours pourraient jouer un rôle important en influençant la fréquence, la répartition géographique et les régimes d'incendies dans la région alpine. En outre, ils pourraient jouer un rôle important en induisant des événements d’incendies grands ou extrêmes.
En conséquence, des efforts devraient être faits pour suivre l'évolution des régimes d'incendie dans les Alpes; afin de comprendre si et comment les changements climatiques influent sur les paramètres et les régimes de feu dans la région alpine et d'utiliser les résultats de ces analyses pour orienter et optimiser les activités des services de prévision et de prévention/lutte.
  Sur la base de ces évaluations, le projet MANFRED a entrepris de : (i) construire une base de données pan-alpine des incendies, conçue comme un outil pour suivre l'évolution de l’activité des incendies dans les Alpes ; (ii) arriver à une définition quantitative des feux "extrêmes" dans la zone alpine et faire un recensement de ces événements ; (iii) étudier la répartition géographique et la fréquence des feux "extrêmes", afin de comprendre si des tendances émergent pour ce genre d'événements et si elles peuvent être liées au changement climatique. Sur la base des données disponibles dans les différentes régions alpines, l'analyse a porté sur la période 2000–2009. La durée disponible est trop courte pour tirer des conclusions définitives d'un point de vue statistique. Néanmoins, l'analyse des données disponibles au niveau alpin a mis en évidence certaines preuves robustes. Oliveri & al. 2012 - R: MANFRED
France / Europe :
Les conditions extrêmes accompagnant le changement climatique vont vraisemblablement augmenter le risque d’incendie de végétation. Cette augmentation est déjà observée en Espagne et devrait très probablement toucher la France dans les années à venir. On attend une augmentation de la fréquence des périodes de risque extrême, un allongement de la saison des incendies, une extension de la zone géographique concernée et plus de très grands feux. On s’attend de plus à une augmentation de la fréquence des épisodes orageux dans l’hémisphère Nord engendrant plus de feux liés à la foudre. [Cf. Facteurs de contrôle]
La forêt de type méditerranéen s’accroîtrait en surface, mais aussi en biomasse. En effet l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère accélère la croissance des arbres au moins tant que l’alimentation en eau ou en nutriments ne devient pas limitante. Cette stimulation de la croissance s’accompagnerait naturellement de celle de la biomasse combustible sous les arbres, c’est-à-dire d’une augmentation de l’aléa d’incendie et d’une réduction de la durée d’efficacité du débroussaillement.
 Cet article s'attache plus particulièrement aux conséquences des changements climatiques sur les incendies de forêt [revue bibliographique ; voir détails et références dans l’étude]. Néanmoins, la manière dont les changements d’usage peuvent aggraver ou atténuer le phénomène est aussi évoquée. Rigolot 2008 - A
Alpes suisses :
Une augmentation des feux pendant la période estivale de l’année est à craindre (avec déclenchement par des événements orageux) et ce plus particulièrement si la limite de la forêt remonte en altitude.
  Bader & Kunz 2000c - R: PNR31

 

 

 


LOCALISATION
DES FEUX DE FORÊT

Reconstitutions de l'activité des phénomènes

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Observations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références

Europe :
11 millions d'hectares de forêts en Europe sont touchés par divers types de dommages causés par le feu, les conditions météorologiques telles que le vent et la neige, les insectes et les maladies, les animaux sauvages et d'élevage. Les dégâts d’origine météo se trouvent principalement en Europe de l'est et du centre, à l’ouest de l'Europe centrale, au nord et au sud-ouest de l'Europe. Les dégâts dus au feu sont plus importants dans la région russe et dans le sud-est et l'Europe du sud-ouest.

Alpes – Statistiques sur les feux de forêt dans l’Espace Alpin :
Les résultats de l'analyse statistique ‘basique’ (valeur moyenne des surfaces brûlées, amplitude et écart-type) des incendies inclus pour l’ensemble des pays de la zone alpine montrent que, pour les feux de forêt alpins analysés, la valeur moyenne de la surface brûlée est de 9 hectares, avec un pic de 15 hectares dans le secteur Sud (France) et un minimum de 1,2 hectares dans le secteur Nord (Allemagne).
Pour la zone des Alpes considérée, la valeur du 95ème centile des superficies brûlées (correspondant à de grands incendies) est de 31 hectares. Bien que des feux de forêt avec des surfaces brûlées supérieures à 31 hectares représentent seulement 5% du nombre total d'événements entre 2000 et 2009, ils représentent 75 % de la superficie brûlée totale. Cette valeur souligne l'importance d'analyser cette classe de feux extrême. Les résultats ont aussi montré des différences significatives entre les régions. La Suisse a la valeur la plus haute (47.5 hectares), suivie par la France et l'Italie (respectivement 42 hectares et 43 hectares). Les valeurs minimales ont été enregistrées en Autriche (5 hectares) et en Allemagne (2 hectares) où, contrairement aux autres régions considérées dans cette étude, il n'y avait aucun incendie plus grand que 30 hectares au cours de la période analysée.

 
 Alpes : Dans le cadre du projet ALP FFIRS, les données sur les feux de forêt ont été partagées pour la première fois entre les pays de la région alpine. La grande base de données développée a permis une définition de la fréquence d'occurrence et du type de feux dans cette région au cours de la dernière décennie. La base de données, qui se réfère à des données sur les incendies de forêt qui se sont produits dans les pays participant au projet, à l'exception de certaines régions de l'Europe du Nord, a été standardisée, validée et analysée. La base de données comprend dix années (2000-2009) de séries temporelles de fréquence quotidienne d’occurrence des incendies et de superficies brûlées correspondantes. Afin de rendre l'ensemble de données homogène, un seuil minimal pour la zone brûlée a été fixé à 0,1 hectares.
En ce qui concerne la question des « grands incendies », il n'y a pas de définition unique actuellement utilisée dans les régions alpines pour classer ces incendies. Pour surmonter ce problème et comparer les données recueillies pour les différentes zones régionales, une valeur supposée de la zone brûlée correspondant au 95e percentile de la distribution a été mise en place : tous les feux avec une superficie brûlée au-dessus de cette valeur ont été considérés comme de grands feux, afin de rendre les données homogènes et d’analyser le phénomène.
ALP FFIRS 2012 - R

Espace Alpin :
La fréquence des feux montre une diminution progressive sur la période 2000–2009. La fréquence relative des incendies éclos à basse altitude (0–500 m) est en augmentation significative (p = 0,0044). Une même tendance est associée aux points d’éclosion dans la gamme d'altitude 500–1000 m, même si l'importance de la tendance est moins évidente (p = 0,4). Plus de 50% du nombre total d'incendies ont leurs origines en exposition S, SW ou SE.
Lorsque la distribution potentielle des unités de végétation est considérée (niveau II de la légende de la «Carte de la végétation naturelle de l'Europe»), l'analyse effectuée a mis en évidence que de plus hautes fréquences d'incendie sont associés aux formations «Forêts subméditerranéennes et méso-supra-méditerranéennes de chêne pubescent, ainsi que forêts mixtes», «Hêtraies et hêtraies mixtes», «Chênaies pauvres en espèces et chênaies mixtes» et «Forêts et broussailles sclérophylles méditerranéennes». L'analyse de Monte Carlo a souligné que des unités spécifiques de végétation sont très exposées aux incendies, à la fois en termes de fréquence et d’extension moyenne.
Les simulations de sélectivité ont mis en évidence que la saisonnalité ne semble pas affecter la répartition des incendies dans les différentes unités de végétation, tandis que les classes d'altitude jouent un rôle important (haute vulnérabilité des formations forestières à la limite de leur aire climacique). L’analyse de sélectivité a souligné de fortes différences entre les régimes au niveau national. L'analyse n'a pas permis de mettre clairement en évidence une tendance continue au cours de la période considérée.

Au cours de la période de référence, 255 feux extrêmes ont eu lieu. Les feux extrêmes avec des éclosions situées dans les gammes d’altitude de 0–500 m et 500–1000 m représentent près de 70% de l'ensemble des événements, avec des fréquences relatives de 34% et 35%, respectivement ; ces fréquences relatives semblent augmenter, mais l'analyse réalisée ne montre pas de tendance continue statistiquement significative. Plus de 60% des événements de feux extrêmes dans la décennie étudiée avaient un point d’éclosion exposé S, SW ou SE. Lorsque l'on compare, par classe d’orientation, la fréquence relative des feux avec la fréquence relative des phénomènes extrêmes, il ressort que les fréquences relatives des incendies extrêmes en hiver sont plus élevées que celles associées aux feux ordinaires pour toutes les classes. Les valeurs les plus élevées sont associées aux zones plates et aux expositions SE, S et SW (60%, 27%, 24% et 19% respectivement).
En considérant la distribution potentielle des unités de végétation (niveau II de la légende de la «Carte de la végétation naturelle de l'Europe»), l'analyse effectuée a montré que plus de 50% des feux extrêmes ont vu leurs points d'éclosion dans les unités «Hêtraies et hêtraies mixtes», «Forêts sub-méditerranéennes et méso-supra-méditerranéennes de chênes pubescents, ainsi que forêts mixtes (Quercus pubescens, Q. virgiliana, Q. trojana, Fraxinus ornus, Ostrya carpinifolia, Carpinus orientalis)» et «Forêts et maquis sclérophylles méditerranéens».
Les simulations de Monte Carlo de la sélectivité des incendies soulignent que, à l'échelle alpine, les événements de feux extrêmes brûlent de manière sélective (ont leur point d’éclosion) dans les unités de végétation «Végétation alpines des zones boréale, némorale et méditerranéenne», «Hêtraies et hêtraies mixtes», «Chênaies-charmaie mixtes» et «Sapin de montagne à haute-montagne, en partie sub-montagnard dans la zone némorale».
Sur la base de la même approche analytique, les feux extrêmes sont sous-représentés dans certaines unités de végétation. En considèrant l'ensemble des événements extrêmes dans les Alpes (ceux avec un point d’éclosion à l'intérieur ou hors des zones forestières), l'analyse a montré que ces indices « évitent » les unités «Végétation alpines des zones boréale, némorale et méditerranéenne», «Hêtraies et hêtraies mixte », «Chênaies-charmaie mixtes» et «Sapin de montagne à haute-montagne, en partie sub-montagnard dans la zone némorale». Lorsque seuls les feux extrêmes avec des points d’éclosion à l'intérieur de zones forestières sont considérés, les simulations montrent que la «Végétation alpines des zones boréale, némorale et méditerranéenne», le «Sapin de montagne à haute-montagne, en partie sub-montagnard dans la zone némorale» et la «Végétation subalpine et oro-méditerranéenne» sont sous-représentées.
Les données de niveau national montrent des différences significatives par rapport à l’"image" alpine. En Italie, par exemple, les «Forêts et broussailles sclérophylles méditerranéennes» et «Forêts de chênes pubescents subméditerranéennes et méso-supra-méditerranéennes, ainsi que les forêts mixtes» sont surreprésentés à la fois lorsque des incendies avec des points d’éclosion à l'intérieur et hors des zones forestières sont considérées. En Italie, les «Hêtraies et hêtraies mixtes», au contraire, sont associés à des taux de fréquence significativement plus élevés que prévu lorsque l'ensemble des phénomènes extrêmes (à la fois ceux avec un point d'éclosion à l'intérieur ou hors des zones forestières) sont considérés.

Afin de comprendre si et comment les changements climatiques influent sur les régimes de feux dans la région alpine et d'utiliser les résultats de ces analyses pour orienter et optimiser les services de prévision et de prévention/atténuation, le projet MANFRED a réalisé une série d'activités visant spécifiquement à : (i) construire une base de données pan-alpine des incendies, conçue comme un outil pour suivre l'évolution de l’activité des incendies dans les Alpes ; (ii) arriver à une définition quantitative des feux "extrêmes" dans la zone alpine et faire un recensement de ces événements ; (iii) étudier la répartition géographique et la fréquence des feux "extrêmes", afin de comprendre si des tendances émergent pour ce genre d'événements et si elles peuvent être liées au changement climatique.
Bien que la définition des incendies extrêmes devrait envisager un ensemble plus large de variables (décrivant les caractéristiques du feu et leurs impacts), l'ensemble des données disponibles à l'échelle alpine a permis la sélection d'événements extrêmes d'incendie en fonction de leur superficie brûlée totale. Sur la base de la méthodologie développée pour les objectifs du projet, les incendies extrêmes dans le laps de temps 2000–2009 ont été définis comme ceux dont la superficie totale brûlée ≥ 105 ha.
Sur la base des données disponibles dans les différentes régions alpines, l'analyse effectuée considère un laps de temps (« échantillon commun » : période pendant laquelle presque toutes les régions ont pu fournir des données sur les incendies) allant de 2000 à 2009. La durée disponible est trop courte pour tirer des conclusions définitives d'un point de vue statistique. Néanmoins, l'analyse des données disponibles au niveau alpin a mis en évidence certaines preuves fiables. Ce rapport résume les principaux résultats de ces activités et souligne les résultats les plus robustes obtenus.
Oliveri & al. 2012 - R: MANFRED
Alpes françaises – Département de l'Isère :
Le constat fait depuis quelques années est une augmentation de l’intensité des phénomènes météorologiques, comme l’illustrent les incendies de forêt qui se sont produits lors de la sécheresse exceptionnelle de l’été 2003 sur des versants des massifs de la Chartreuse (incendie du Néron) et du Vercors (au mont Barret). L’incendie du mont Barret à la sortie des gorges de la Bourne n’a pas eu d’impact immédiat sur la route départementale, mais on en mesure aujourd’hui les conséquences sur le couvert végétal et sur les phénomènes gravitaires, avec de nombreuses chutes de blocs rocheux dans le village et sur la route.
 Le service des routes du Conseil Général de l’Isère ne gère pas les risques naturels mais il est gestionnaire d’un réseau routier d’environ 5000 km de linéaire sur des reliefs présentant un caractère montagneux sur la moitié sud de son territoire, qui à ce titre constitue « un bon baromètre » de l’activité des aléas naturels sur le département. Le Bidan 2011 - P

Forêts méditerranéennes / Alpes :
Le régime des feux présente de grandes disparités au sein de la région. La forêt méditerranéenne française connaît depuis plusieurs décennies un régime de feux qui marque grossièrement un gradient depuis la frange littorale jusqu’à l’arrière-pays méditerranéen. Les zones littorales connaissent les incendies les plus fréquents (temps de retour de 10 à 30 ans) et de plus grandes dimensions pouvant atteindre plusieurs milliers d’hectares. Ce régime de feux sévères s’accompagne localement d’une régression biologique par matorralisation comme dans certains secteurs de la Corse ou de la Provence calcaire (Côte bleue). L’arrière-pays et les montagnes méditerranéennes connaissent des feux beaucoup moins fréquents et de plus petite dimension. Cette zone est aussi caractérisée par une proportion importante de feux hors de la saison estivale liée à l’activité pastorale. Dans ces zones, une dynamique forestière est à l’œuvre, les milieux se referment et l’on rencontre fréquemment des peuplements vieillis non perturbés. Dans les zones intermédiaires, on rencontre une variété de situations, comprenant une mosaïque de milieux maintenus par un système agro-sylvo-pastoral plus équilibré et offrant une plus grande diversité d’habitats. On peut en effet considérer qu'à chaque régime de feux correspond une gamme propre de biodiversité. Le régime de feux combiné aux autres perturbations naturelles ou anthropiques (tempêtes, dépérissements, pâturage, défrichements) génère un paysage composite où se distribuent sur le territoire, en proportions variables, les milieux en phase de maturation parce que peu perturbés, ceux en reconstitution plus ou moins lente après perturbation ou bien les milieux bloqués dans leur dynamique par une perturbation trop fréquente. Malgré le gradient évoqué plus haut, on constate en région méditerranéenne une tendance générale à l’augmentation des formations végétales fermées et de la connectivité entre espaces naturels.

Le contexte régional est amené à évoluer sous l'effet des changements climatiques. On s’attend à des feux plus fréquents et plus sévères et à une extension vers le nord de la zone à bioclimat méditerranéen. L’année 2003 a préfiguré ce qui nous attend au cours du siècle qui s’ouvre. Alors que les zones littorales et singulièrement le massif des Maures subissaient les incendies de « rattrapage » évoqués plus haut, l’arrière-pays et les montagnes méditerranéennes connaissaient un grand nombre de sinistres d’une ampleur jusque-là extrêmement rare dans ces milieux. Ces feux ont eu localement des conséquences graves dans ces milieux fragiles. Ils ont concerné des séries RTM dans les Alpes du Sud et ont généré des phénomènes érosifs qu’il a fallu limiter par d’importants travaux de restauration de terrain incendiés, comme à L’Argentière-la-Bessée (05) ou à Luceram (06).

 
 Revue bibliographique [voir les références dans l’étude]. Rigolot 2010 - A

Valais (Suisse) :
Sur la base de la reconstruction de l'histoire des feux de forêt en Valais au 20ème siècle, les auteurs ont été en mesure de distinguer des sous-régions avec différents régimes de feux en fonction de leur localisation altitudinale et géographique, même si le Valais est assez petit. Le gradient altitudinal se reflète principalement dans la fréquence et la saisonnalité des feux, tandis que la localisation géographique a montré des différences dans la saisonnalité des feux et dans la distribution des classes de taille des feux.

Il y a eu 906 incendies (100 feux/100 km² de forêt) dans la zone d'étude entre 1904 et 2006. La plupart des incendies se sont produits dans les parties centrale et orientale de la région étudiée. Il y a eu une plus haute fréquence des feux (129 feux/100 km² de forêt) à l'étage collinaire-montagnard (altitude < 1400m) qu'à l'étage subalpin (40 feux /100 km² de forêt).

La fréquence des feux de forêt varie avec l'altitude en Valais et a été considérablement plus élevés à l'étage collinaire-montagnard qu'à l'étage subalpin. Cela reflète les conditions climatiques plus sujettes au feu et le plus fort potentiel d'allumage à basse altitude en raison d'une présence humaine plus dense. Même si au début du 20ème siècle la fréquence des incendies à ces deux niveaux d'altitude était assez similaire, les fréquences ont commencé à différer fortement après la fin des années 1940.

 
 À partir des données d'archive des sevices forestiers du canton du Valais, les auteurs ont construit une base de données sur les événements feu de forêt couvrant la période 1904–2006. Les statistiques qui en ressortent sur les feux de forêt sont présentées sous deux formes, l'une incluant et l'autre excluant les événements dont la taille n'est pas connue. L'analyse du régime des feux de forêt se limite à la fréquence, la saison d'occurrence et l'extention des surfaces brûlées. Zumbrunnen & al 2009 - A


Modélisations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
France / Europe :
Pour la France, l’étude récente menée par l’Office national des forêts (ONF), l’Inventaire forestier national (IFN) et Météo France pour le compte de la Mission interministérielle sur l’extension des zones sensibles aux feux de forêt (Chatry et al., 2010) estime que les zones à risque d’incendie de végétation qui représentent actuellement le tiers des surfaces de landes et de forêts de métropole devrait augmenter de 30% à l’horizon 2040, pour atteindre la moitié des surfaces forestières à l’échéance 2050.
Pour l’ensemble de l’Europe, l’étude récente de Thonicke et al. (2010) a modélisé les changements de régime des incendies de forêt sous l’effet des changements du climat et d’usage des sols. Cette étude conclut qu’un climat plus chaud et plus sec va augmenter le risque et la magnitude des incendies et de leurs effets, mais jusqu’à un certain seuil. En effet, pour le scénario le plus sévère (ECHAM-A2, concentration de 840 ppm en CO2), l’accumulation du combustible va décroître en région méditerranéenne au-delà d’un certain niveau de réchauffement, limitant ainsi les surfaces incendiées. Cette étude confirme en outre à moyen terme l’extension du risque incendie vers le nord et l’est de l’Europe.
Notons enfin, qu’aussi bien les analyses statistiques rétrospectives que les études prospectives peinent à distinguer la part du changement imputable aux changements climatiques et aux changements d’usage des sols ou aux activités de prévention et de lutte contre les incendies.
 Revue bibliographique d’études prospectives fondées sur des projections climatiques [voir détails et références dans l’étude]. Rigolot 2011 - A
  Vallées de la Dischma (Grisons) et de Gantertal (Valais), Alpes suisses :
Le changement climatique futur projeté, qui est dans la gamme de nombreux autres scénarios climatiques "state-of-the-art" pour le 21e siècle, conduit à une augmentation de la sécheresse estivale. Cela augmente la probabilité d'occurrence du feu. Ces résultats suggèrent qu'il importe d'inclure les perturbations causées par le feu dans les futures études de dynamique paysagère dans les Alpes européennes et probablement aussi ailleurs dans la zone tempérée. Les études qui traitent des effets directs du climat seulement (e.g. Bugmann, 1997) peuvent fournir une image incomplète des trajectoires futures des forêts de montagne. Selon les résultats de la présente simulation, il est probable que le feu devienne un agent important de l'évolution du paysage dans le futur. Cela est même vrai dans les secteurs où ne se produisent pas de feux majeurs dans les conditions climatiques actuelles, tels que la vallée de la Dischma. Ainsi, comme effet indirect du changement climatique, le feu aura probablement un fort impact sur le couvert forestier en plus des effets directs du climat.
Les auteurs concluent que la conjonction d'effets directs et indirects du changement climatique sont susceptibles (via les changements dans le régime des feux) d'avoir des conséquences majeures pour les forêts de montagne dans les Alpes européennes, et sur leur capacité à fournir une protection contre les dangers naturels.
   Les auteurs ont évalué les interactions entre la dynamique forestière, le changement climatique et les perturbations à grande échelle telles que le feu, le vent et la gestion forestière. Ils ont utilisé le modèle LANDCLIM pour examiner l'influence, les interactions et l'importance relative de ces différents facteurs de la dynamique forestière pour deux secteurs d'étude dans les Alpes européennes. La structure de base de LANDCLIM consiste en un modèle local qui simule la succession forestière pour chaque cellule dans le modèle de paysage au pas de temps annuel et en un modèle de paysage qui contient les processus opérant sur plusieurs cellules, qui sont simulés au pas de temps de 10 ans. Les processus à l'échelle du paysage inclus dans le modèle sont le feu, le vent, l'exploitation forestière et la dispersion des semances (graines). Schumacher & Bugmann 2006 - A


Hypothèses

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
Espace Alpin :
A l'échelle alpine, l'efficacité des services de prévision du danger d'incendie, les activités de prévention et les mesures de lutte contre les incendies se sont considérablement améliorées au cours des dernières décennies. Les tendances actuelles montrent une diminution générale tant dans la fréquence globale des incendies de forêt que de l'extension moyenne des surfaces brûlées par événement.
En dépit de cela, les incendies de forêt représentent encore l'une des principales menaces pesant sur les forêts alpines. Dans un futur proche, les changements climatiques en cours pourraient jouer un rôle important en influençant la fréquence, la répartition géographique et les régimes d'incendies dans la région alpine. En outre, ils pourraient jouer un rôle important en induisant des événements d’incendies grands ou extrêmes.
En conséquence, des efforts devraient être faits pour suivre l'évolution des régimes d'incendie dans les Alpes; afin de comprendre si et comment les changements climatiques influent sur les paramètres et les régimes de feu dans la région alpine et d'utiliser les résultats de ces analyses pour orienter et optimiser les activités des services de prévision et de prévention/lutte.
 Sur la base de ces évaluations, le projet MANFRED a entrepris de : (i) construire une base de données pan-alpine des incendies, conçue comme un outil pour suivre l'évolution de l’activité des incendies dans les Alpes ; (ii) arriver à une définition quantitative des feux "extrêmes" dans la zone alpine et faire un recensement de ces événements ; (iii) étudier la répartition géographique et la fréquence des feux "extrêmes", afin de comprendre si des tendances émergent pour ce genre d'événements et si elles peuvent être liées au changement climatique. Sur la base des données disponibles dans les différentes régions alpines, l'analyse a porté sur la période 2000–2009. La durée disponible est trop courte pour tirer des conclusions définitives d'un point de vue statistique. Néanmoins, l'analyse des données disponibles au niveau alpin a mis en évidence certaines preuves robustes. Oliveri & al. 2012 - R: MANFRED
Forêts méditerranéennes / Alpes :
Le contexte régional est amené à évoluer sous l'effet des changements climatiques. On s’attend à des feux plus fréquents et plus sévères et à une extension vers le nord de la zone à bioclimat méditerranéen. L’année 2003 a préfiguré ce qui nous attend au cours du siècle qui s’ouvre. Alors que les zones littorales et singulièrement le massif des Maures subissaient les incendies de « rattrapage », l’arrière-pays et les montagnes méditerranéennes connaissaient un grand nombre de sinistres d’une ampleur jusque-là extrêmement rare dans ces milieux. Ces feux ont eu localement des conséquences graves dans ces milieux fragiles. Ils ont concerné des séries RTM dans les Alpes du Sud et ont généré des phénomènes érosifs qu’il a fallu limiter par d’importants travaux de restauration de terrain incendiés, comme à L’Argentière-la-Bessée (05) ou à Luceram (06).
Globalement, les changements climatiques annoncés s’accompagneront d’une extension des zones de matorralisation et de risques accrus en zones écologiquement sensibles jusqu’alors préservées, conduisant ainsi à une érosion générale de la biodiversité. Compte tenu des prévisions démographiques, ces phénomènes s’accompagneront dans tous les cas, d’un problème persistant, voire accru, de protection civile. Dans la perspective d’une remontée vers le nord de la France des zones à bioclimat méditerranéen, on s’attend à ce que des régions aujourd’hui peu concernées et non préparées soient touchées plus fréquemment par les incendies. Dans ces régions où la culture de l’aménagement du territoire de type DFCI n’existe pas, une attention particulière devra être portée pour organiser très tôt les travaux de prélèvement de biomasse en cohérence avec cette exigence émergente. Les mesures de prévention seront nécessairement amenées à monter en puissance pour faire face à l’augmentation du risque et tenter de maintenir le niveau de parade actuel. Les changements d’usage et particulièrement une exploitation accrue de la biomasse forestière peuvent avoir, jusqu’à un certain point, un effet compensatoire. L’exploitation de la biomasse peut apporter une réponse économiquement intéressante à ce défi.
 Revue bibliographique [voir les références dans l’étude]. Rigolot 2010 - A
France / Europe :
Les conditions extrêmes accompagnant le changement climatique vont vraisemblablement augmenter le risque d’incendie de végétation. Cette augmentation est déjà observée en Espagne et devrait très probablement toucher la France dans les années à venir. On attend une augmentation de la fréquence des périodes de risque extrême, un allongement de la saison des incendies, une extension de la zone géographique concernée et plus de très grands feux. On s’attend de plus à une augmentation de la fréquence des épisodes orageux dans l’hémisphère Nord engendrant plus de feux liés à la foudre.
La question est de savoir si les espèces de type méditerranéen seront capables de suivre l’évolution de leur aire potentielle. Cela dépendra de leur capacité à ajuster leur comportement notamment hydrique (plasticité), de leur évolution génétique (adaptation) et de leur capacité de dispersion sur de longues distances (migration). Les recherches actuelles portent sur ces questions et notamment sur les rythmes de ces phénomènes au regard de la vitesse du changement climatique. Il est aussi question du maintien ou de la réduction de l’aire méditerranéenne actuelle. Un argument en faveur du maintien, au moins temporaire, de l’aire est que les écosystèmes méditerranéens seraient plus résilients car adaptés aux fortes températures et aux forts stress hydriques. Quoi qu’il en soit, même sans changement de végétation, les régions nouvellement soumises au climat de type méditerranéen verront le risque d’incendie augmenter au moins par sa composante météorologique.
La forêt de type méditerranéen s’accroîtrait en surface, mais aussi en biomasse. En effet l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère accélère la croissance des arbres au moins tant que l’alimentation en eau ou en nutriments ne devient pas limitante. Cette stimulation de la croissance s’accompagnerait naturellement de celle de la biomasse combustible sous les arbres, c’est-à-dire d’une augmentation de l’aléa d’incendie et d’une réduction de la durée d’efficacité du débroussaillement.
A terme, la végétation des zones les plus méridionales ne devrait plus bénéficier de l’effet de l’augmentation du taux de CO2 sur la croissance de la végétation du fait de stress hydriques de plus en plus prononcés. Au contraire, les zones méditerranéennes actuelles devraient, dans la seconde partie du siècle, connaître une baisse de productivité de la végétation et des difficultés de régénération défavorisant les formations hautes. Il est difficile de dire si cette réduction de biomasse aura l’ampleur suffisante pour atténuer significativement le risque d’incendie. Néanmoins, la remontée vers le nord prévue de l’aire bioclimatique de type méditerranéen laisse envisager qu’il existera toujours une frange plus ou moins large où cette compensation ne s’opérerait pas et où globalement l’accumulation de biomasse de combustible aggraverait le risque feux de forêt. L’extension vers l’ouest de l’aire bioclimatique méditerranéenne invite à envisager pour la façade océanique de la France le scénario alternant des hivers doux et pluvieux, propices à l’accumulation de biomasse, et des étés plus secs et chauds favorisant l’augmentation des risques d’incendie. Quoiqu’il en soit, ce point illustre l’intérêt d’envisager plusieurs phases où les déterminants agissant sur le phénomène feux de forêt pourraient radicalement changer, toute la difficulté étant de borner ces phases dans le temps.
 Cet article s'attache plus particulièrement aux conséquences des changements climatiques sur les incendies de forêt [revue bibliographique ; voir détails et références dans l’étude]. Néanmoins, la manière dont les changements d’usage peuvent aggraver ou atténuer le phénomène est aussi évoquée. Rigolot 2008 - A
France :
Les résultats de la recherche indiquent qu'à court terme le risque d'incendie va s'étendre vers le Nord dans des zones où il n'existait pas traditionnellement, ou alors de façon marginale, comme les plaines du Centre et du quart Nord-Est de la France.
  Legay & Mortier 2006 - A

 

 

 


RETOURS D'EXPÉRIENCES

 
Retours d'expérience
Objectifs
Etat d'avancement /enseignements
Références
Alpes françaises – Département de l'Isère :
Le constat fait depuis quelques années est une augmentation de l’intensité des phénomènes météorologiques, comme l’illustrent les incendies de forêt qui se sont produits lors de la sécheresse exceptionnelle de l’été 2003 sur des versants des massifs de la Chartreuse (incendie du Néron) et du Vercors (au mont Barret). L’incendie du mont Barret à la sortie des gorges de la Bourne n’a pas eu d’impact immédiat sur la route départementale, mais on en mesure aujourd’hui les conséquences sur le couvert végétal et sur les phénomènes gravitaires, avec de nombreuses chutes de blocs rocheux dans le village et sur la route.
Le service des routes du Conseil Général de l’Isère ne gère pas les risques naturels mais il est gestionnaire d’un réseau routier d’environ 5000 km de linéaire sur des reliefs présentant un caractère montagneux sur la moitié sud de son territoire, qui à ce titre constitue « un bon baromètre » de l’activité des aléas naturels sur le département.   Le Bidan 2011 - P

 

 

 


RECOMMANDATIONS

 
Recommandations
Remarques
Destinataires
Références
Alpes :
Les résultats obtenus, quoique incertains, montrent que nous devrions nous préparer à contrer une possible augmentation des feux de forêt en raison des conditions météorologiques et climatiques grâce à une gestion adaptée et planifiée des forêts prenant en compte ce type de risque, à l'augmentation des connaissances par la recherche scientifique, qui peut fournir des informations essentielles pour les opérations de suppression plus efficaces et, dernier point, mais non des moindres, à une planification stratégique des procédures de suppression sur la base d’objectifs à long terme.
    ALP FFIRS 2012 - R
Espace Alpin :
A l'échelle alpine, l'efficacité des services de prévision du danger d'incendie, les activités de prévention et les mesures de lutte contre les incendies se sont considérablement améliorées au cours des dernières décennies. Les tendances actuelles montrent une diminution générale tant dans la fréquence globale des incendies de forêt que de l'extension moyenne des surfaces brûlées par événement.
En dépit de cela, les incendies de forêt représentent encore l'une des principales menaces pesant sur les forêts alpines. Dans un futur proche, les changements climatiques en cours pourraient jouer un rôle important en influençant la fréquence, la répartition géographique et les régimes d'incendies dans la région alpine. En outre, ils pourraient jouer un rôle important en induisant des événements d’incendies grands ou extrêmes.
En conséquence, des efforts devraient être faits pour suivre l'évolution des régimes d'incendie dans les Alpes; afin de comprendre si et comment les changements climatiques influent sur les paramètres et les régimes de feu dans la région alpine et d'utiliser les résultats de ces analyses pour orienter et optimiser les activités des services de prévision et de prévention/lutte.
Sur la base de ces évaluations, le projet MANFRED a entrepris de : (i) construire une base de données pan-alpine des incendies, conçue comme un outil pour suivre l'évolution de l’activité des incendies dans les Alpes ; (ii) arriver à une définition quantitative des feux "extrêmes" dans la zone alpine et faire un recensement de ces événements ; (iii) étudier la répartition géographique et la fréquence des feux "extrêmes", afin de comprendre si des tendances émergent pour ce genre d'événements et si elles peuvent être liées au changement climatique. Sur la base des données disponibles dans les différentes régions alpines, l'analyse a porté sur la période 2000–2009. La durée disponible est trop courte pour tirer des conclusions définitives d'un point de vue statistique. Néanmoins, l'analyse des données disponibles au niveau alpin a mis en évidence certaines preuves fiables. Ce rapport résume les principaux résultats de ces activités et souligne les résultats les plus robustes obtenus.   Oliveri & al. 2012 - R: MANFRED
Forêts méditerranéennes / Alpes :
Le développement du brûlage dirigé apparaît comme une solution économiquement viable pour maintenir le rôle du feu dans les écosystèmes méditerranéens selon le régime approprié, tout en garantissant la sécurité des biens et des personnes. D’abord introduit dans un objectif strict de maîtrise du combustible pour la prévention des incendies de forêt, le brûlage dirigé est de plus en plus utilisé à des fins de conservation des habitats. Dans une perspective de développement de la valorisation énergétique du débroussaillement, le brûlage dirigé devrait être réservé prioritairement aux zones difficilement accessibles aux engins lourds ou dédiées à la protection des habitats. La gestion du combustible contribue au maintien des milieux ouverts et à la conservation des habitats, au moins dans le cas d’une DFCI raisonnée avec maintien par exemple d’îlots arbustifs. La superficie traitée ne représente actuellement, on l’a vu, que quelques pourcents de la surface totale protégée. Si les recommandations techniques et la loi sur le débroussaillement étaient correctement appliquées, une surface totale de 200 000 ha pourrait être concernée, dont 40% concentré sur la frange urbanisée. Dans cette perspective, certains s’inquiètent des impacts environnementaux d’une pression de débroussaillement excessive à l’interface habitat-forêt. D’une manière générale, une gestion du combustible avec exportation de la biomasse pourrait poser un problème de perte de fertilité des zones concernées et de protection contre l’érosion des sols mis à nu. Le sursemis d’espèces herbacées fourragères combiné à l’entretien des ouvrages par le sylvo-pastoralisme peut permettre, au moins en partie, de limiter cet écueil.
Revue bibliographique [voir les références dans l’étude].   Rigolot 2010 - A
Les résultats de cette étude ont des implications pratiques. Par exemple, parce que des facteurs autres que le changement climatique façonnent le régime actuel du feu, ceux-ci doivent être examinés avec soin dans le développement de mesures efficaces de prévention et de gestion des incendies. D'autres analyses permettront de continuer à identifier les facteurs cruciaux qui affectent le régime des feux en Valais dans la seconde moitié du 20e et le début du 21e siècle. En particulier, une attention particulière devrait être accordée à (1) l'augmentation de la disponibilité du combustible en raison de changements dans l'utilisation et la gestion forestières, (2) l'amélioration des techniques d'extinction des incendies, et (3) le potentiel accru pour l'homme de provoquer des incendies.     Zumbrunnen & al 2009 - A
France / Europe :
Dans le contexte du changement climatique, il convient de ne surtout pas baisser la garde en matière de prévention des incendies de forêt en zone méditerranéenne actuelle. Il est recommandé de promouvoir les mesures d’atténuation du risque comme le débroussaillement, les mesures agri-environnementales favorisant le pâturage contrôlé et le développement du brûlage dirigé comme outil de prévention. La compartimentation des massifs par des réseaux de coupures de combustible devra être renforcée en respectant les bonnes pratiques de conception et d’entretien de ces ouvrages.
Les interventions de débroussaillement et d’éclaircie peuvent avoir des conséquences positives sur le fonctionnement des peuplements des écosystèmes méditerranéens dans le contexte du changement climatique. En réduisant la biomasse qui transpire, ces interventions peuvent augmenter la disponibilité de l’eau pour les arbres maintenus ce qui peut être très important pour soutenir les écosystèmes forestiers et leur permettre de supporter des périodes sévères de sécheresse et de fortes températures.
La pratique du brûlage dirigé devra atteindre un développement significatif pour contribuer efficacement et de manière économique au contrôle du combustible. Cette technique peut aussi contribuer à réduire les émissions de CO2 produites par les incendies. A ce titre, il peut donc être considéré comme une technique de limitation des émissions, mais ne permettant d’atteindre les objectifs du protocole de Kyoto que dans les pays où les incendies sont fréquents. Pour toute l’Europe, les émissions annuelles dues aux incendies sont estimées à 11 millions de tonnes, elles tomberaient à 6 millions de tonnes si les brûlages dirigés étaient généralisés.
Il convient aussi de renforcer l’emploi du feu dans la lutte par une utilisation accrue du feu tactique. Il faut se préparer à des évènements extrêmes en passant d’une logique implicite de protection des milieux naturels à une logique clairement affichée de protection civile favorisant la protection des biens et des personnes. Les services de lutte devront anticiper l’évolution des risques (allongement de la saison à risque, extension des régions concernées par les incendies) pour ajuster le dispositif de secours aux enjeux futurs. Il est prévisible que les moyens nationaux soient plus souvent sollicités sur des crises majeures, et dans cette perspective l’entraide interdépartementale et les dispositifs bilatéraux d’assistance mutuelle à l’échelle européenne devront être facilités et renforcés.
La maîtrise de l’urbanisme en lisière et au sein des espaces naturels sensibles aux incendies est une mesure indispensable pour réduire le risque de perte de vies humaines et pour limiter les dommages matériels.
Finalement, compte tenu des menaces climatiques encore plus marquées qu’ailleurs en zone méditerranéenne, on peut s’attendre à une persistance et à une aggravation du phénomène des incendies de forêt. Il convient donc d’orienter résolument la sensibilisation du public dans le sens d’une meilleure connaissance du phénomène et de la manière de s’en protéger. Cette sensibilisation doit comprendre des actions favorisant l’autoprotection des biens et des personnes avant la saison à risque avec notamment le débroussaillement autour des habitations. Il comprend aussi l’apprentissage des comportements de sauvegarde individuels et collectifs pendant le déroulement du feu lui-même.
En zone méditerranéenne, dans sa répartition géographique future, il convient de définir les mesures de prévention à mettre en place progressivement, en utilisant tous les outils réglementaires et de planification disponibles. Les lois et règlements applicables aux trente-deux départements du grand Sud devront être progressivement étendus aux départements plus au nord, tout en renforçant partout la qualité de leur application.
Le changement climatique est l’une des composantes du changement global qui inclut aussi les changements d’usage. Les incendies de forêt en région méditerranéenne constituent un phénomène complexe piloté par des composantes à la fois climatiques, biologiques et anthropiques. L’aggravation des conditions météorologiques favorise le déclenchement et la propagation des incendies. Ce phénomène peut être renforcé par la poursuite des tendances actuelles concernant la démographie et l’urbanisation de la région méditerranéenne, ainsi que la déprise rurale qui conduit à des espaces sensibles au feu toujours plus étendus et homogènes. Or, les contributions respectives de ces différents facteurs sont difficiles à établir. D’autant plus que les politiques publiques dans le domaine de la prévention et de la lutte contre les incendies de forêt évoluent elles-mêmes et qu’on en attend plus d’efficacité au cours du temps.
Les changements climatiques vont opérer des bouleversements à l’échelle mondiale dans différents domaines, parfois très éloignés de celui qui nous occupe ici, mais qui peuvent avoir en retour des effets majeurs sur le phénomène des incendies de forêt. Par exemple, l’évolution de la politique énergétique et notamment de la demande en bois-énergie et en biocarburant, va avoir des conséquences sur les pratiques de gestion des espaces forestiers en général et sur les actions de prévention des incendies en particulier.
Enfin, les changements annoncés vont se dérouler sur le long terme et il conviendra sans doute de distinguer plusieurs périodes caractérisées chacune par un contexte particulier, par des déterminants spécifiques et pour lesquelles les leviers de décisions diffèreront. Cette dimension temporelle n’est certainement pas la plus facile à prendre en compte, mais elle doit rester à l’esprit afin de garder une capacité d’adaptation et d’ajustement nécessaire aux actions entreprises.
Cet article s'attache plus particulièrement aux conséquences des changements climatiques sur les incendies de forêt [revue bibliographique ; voir détails et références dans l’étude]. Néanmoins, la manière dont les changements d’usage peuvent aggraver ou atténuer le phénomène est aussi évoquée. Rigolot 2008 - A

Développer la culture de gestion de crise (dépérissements, ravageurs, incendies, chablis) et l'améliorer grâce au retour d'expériences, identifier les stations à risques.

  Gestion de crise Legay & Mortier 2006 - A
Les résultats de cette étude suggèrent des changements considérables à venir dans le couvert forestier à partir des prochaines décennies. Il est important de comprendre de tels changements pour planifier la gestion forestière, considérer la production de bois, soutenir certaines structures forestières pour la protection contre les dangers naturels (e.g. avalanches, mouvements de terrain, etc.), ou maintenir les caractéristiques du paysage pour des raisons esthétiques. (...) Etant donnée l'importance de tels changements, des recherches futures sur cette thématique ne sont pas seulement justifiés, mais nécessaires. À partir des résultats de cette étude, les auteurs concluent que la capacité future de nombreux paysages de montagne à fournir une protection contre les dangers naturels va dépendre à la fois des effets directs et indirects du changement climatique via les changements du régime des feux.     Schumacher & Bugmann 2006 - A

Les secteurs agricoles et sylvicoles auront besoin de modifier leur mode de fonctionnement pour réduire les quantités de combustibles en zone forestière.

 
  Agroforesterie Reinhard & al. 2005 - A
  Le facteur décisif pour le futur développement des feux de forêt sera l’orientation de l’aménagement du territoire. Les aspects anthropiques cruciaux seront l’orientation des sols, la législation et l’éducation environnementales. Ceci masquera probablement les facteurs naturels.  Aménagement du territoire Bader & Kunz 2000c - R: PNR31

 

Légende des références biblio :
- A : Article (revue à comité de lecture)
- C : Commentaire
- E : Etude scientifique (non publiée)
- P : Proceedings
- R : Rapport
- Re : Retour d'expérience
- T : Thèse
- W : Site Internet

 


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