Pôle Alpin Risques Naturels (PARN) Alpes–Climat–Risques Avec le soutien de la Région Rhône-Alpes (2007-2014)
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Analyse bibliographique 3.4.2
Glissements profonds

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Analyse spatialisée des connaissances par domaines géographique
Mise à jour : Février 2015


 


FACTEURS DE CONTRÔLE
DES GLISSEMENTS PROFONDS

Reconstitutions paléoclimatiques

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
Alpes françaises du Sud – Massif de l’Argentera-Mercantour :
La région du massif de l'Argentera-Mercantour est particulièrement sujette aux mouvements de terrain, d’une magnitude allant des petits éboulements à de nombreuses déformations gravitationnelles impliquant plusieurs dizaines de millions de mètres cubes de roche. Le massif est coupé par deux vallées, la Tinée et de la Stura, qui montrent plusieurs déformations gravitationnelles de différents âges depuis les fonds de vallée jusqu’aux crêtes des montagnes. Les grands éboulements (volumes > 5 millions de m3) sont caractérisés par des surfaces de rupture au pied des versants et par plusieurs kilomètres de longues fissures de tension sur les pentes supérieures. Ces mouvements de masse actuellement actifs sont situés dans un massif montagneux autrefois englacé, et actuellement sous climat tempéré et une sismicité modérée. Grâce à leurs recherches, les auteurs ont estimé la façon dont une approche de modélisation continue avec perte de cohésion et augmentation de la force de frottement (modèle CWFS) à une échelle régionale peut reproduire les séquences de ruptures gravitaires sur les versants rocheux d'une vallée montagneuse. Une analyse numérique, géomécanique, en trois dimensions, une cartographie sur le terrain à l'échelle régionale et la datation des mouvements gravitationnels ont été combinées pour montrer comment la résistance des roches superficielles diminue sur de longues périodes de temps.
La bonne correspondance entre la chronologie relative et la localisation des déformations observées et simulées montre que : (1) la perte progressive de résistance de la masse rocheuse liée aux effets de relâchement des contraintes après la déglaciation du Pléistocène peut être aussi longue que plusieurs milliers d'années, et (2) les causes et le déclenchement des mouvements de terrain actifs à l’heure actuelle sont liés à cette longue histoire des ruptures. Cette approche montre que le changement de contraintes accompagnant la fin de la déglaciation au Pléistocène est suffisante pour amorcer une perte de résistance étendue dans la croûte peu profonde, ce qui conduit à une séquence de déformation gravitationnelle profonde, dont les éboulements historiques représentent la plus récente. Ce processus opère probablement dans toutes les régions anciennement englacées où deux types principaux de déformations gravitationnelles coexistent : (1) les grandes déformations profondément enracinées, caractérisé par des "sackung", et (2) des glissements de terrain catastrophiques, plus petits. Cette étude montre le lien possible entre ces deux types de mouvements de terrain, et montre également que la déglaciation peut jouer un rôle clé dans l’endommagement des roches de la croûte superficielle.

Le modèle “cohesion weakening–frictional strengthening” (CWFS) a été utilisé pour simuler numériquement les effets de chargement gravitaire sur l’initiation des ruptures dans les versants rocheux du massif de l'Argentera-Mercantour. L'histoire de la déformation gravitationnelle de la vallée de la Tinée de 20 ka à l'actuel a été déterminée à l'aide de méthodes de datation 10Be et 14C, et de l'analyse géomorphologique (voir détails dans Bigot-Cormier et al. (2005)). Des ruptures de versants rocheux récurrentes au cours des derniers 20 000 ans ont été identifiées sur le terrain et analysées en utilisant une approche de mécanique des milieux continus basée sur la perte de résistance du matériel rocheux dans un modèle aux différences finies en trois dimensions. Un modèle de rupture de versant rocheux négligeant l'effet de la perte de résistance de la roche a été comparé à un modèle simulant l'effet de la perte de résistance et intégrant l’affaiblissement de la cohésion et les processus de renforcement par frottement. Cette étude suggère que la nature épisodique des glissements rocheux massifs peut s'expliquer par le développement progressif de ruptures en traction et en cisaillement, et par une dégradation de la résistance dépendante du temps. Ce modèle numérique est une bonne reproduction de grands glissements de terrain à l'échelle régionale d'un massif montagneux.

Guglielmi & Cappa 2010 - A
Alpes françaises du Sud – Massif de l’Argentera :
Dans le massif de l'Argentera, la transition holocène glaciaire-interglaciaire retard est contrainte par les âges 10Be entre 12 et 15 ka obtenus sur des surfaces de polis glaciaires. La principale activité tectonique succède de près à la principale phase de déglaciation contrainte par des âges 10Be compris entre 11 et 7-8 ka obtenus sur des escarpements de faille. Trois périodes successives de glissements de terrain sont identifiées, à 11-12, 7-9 et 2,5-5,5 ka. Ces âges Holocène ont été obtenus sur des escarpements de faille en décrochement dextre indiquant que la tectonique alpine récente s’est exprimée par des mouvements en décrochement. La proximité entre l’âge de la déglaciation et celui de l’activité tectonique peut suggérer que le rebond post-glaciaire et une augmentation de la pression d'eau interstitielle influencent l'activité tectonique sismogénique. Des déstabilisations gravitaires à 11-12 et 7-9 ka coïncident avec l'activité tectonique principale, et suggèrent que les mouvements tectoniques agissent comme un déclencheur des glissements de terrain. La troisième déstabilisation gravitationnelle à 2,5-5,5 ka pourrait être attribuée soit à la fragilité des versants résultant de la multiplicité des événements sismiques de faible ampleur, telle qu'actuellement mis en évidence par l'activité sismique, ou à des causes climatiques au cours de la période plus humide de l’optimum climatique. Ces âges du début et du milieu de l’Holocène coïncident avec une phase de grands glissements de terrain à travers l’ensemble des Alpes, ce qui suggère que ces grands mouvements de masse gravitationnels pourraient être liés à des effets combinés de l’intense activité tectonique et des transitions entre des périodes froides et sèches et des périodes chaudes et humides.

Dans le massif de l'Argentera, les grands glissements de terrain actifs se développent le long d'un corridor de failles actives en décrochement dextre révélés par la sismicité superficielle actuelle. Les polis glaciaires des affleurements rocheux sont décalés par des failles en décrochement dextre. Des structures gravitationnelles semblent être reliées spatialement à ces failles actives. Des datations ont été effectuées en utilisant les nucléides cosmogéniques du10Be produits in situ produite sur des surfaces glaciaires, tectoniques et gravitaires.

Sanchez & al. 2010 - A
Alpes suisses :
L'analyse des nombreux événements indique que les périodes chaudes n'induisent pas une accumulation d'événements, ni des éboulements, ni de chutes de pierres. D'autre part, une accumulation d'événements d’éboulements durant les périodes de printemps semble être influencée par les conditions météorologiques telles que des cycles de gel dégel fréquents, la fonte des neiges et les premières précipitations intenses.
 Les influences climatiques et météorologiques sur les événements de chutes de pierres et d’éboulements ont été traitées en termes historique et de mécanique des roches. Environ 230 éboulements plus ou moins bien documentés depuis la fin Pléistocène dans la région alpine ont été analysés. En outre, environ 800 événements de chutes de pierres et d’éboulements qui se sont produits au cours des 500 dernières années pour la plupart sur le flanc nord des Alpes de la Suisse ont été étudiées, en se concentrant principalement sur l'influence de la température et des précipitations sur la fréquence de l'événement. Gruner 2008 - P

Arc Alpin:
À l'échelle de l'arc alpin, les datations récentes de grands glissements de terrain avec la méthode des isotopes cosmogéniques fournies par des études de la chronologie de la déglaciation et des instabilités de versant sur des sites spécifiques montrent que l'initiation de l'instabilité ne suit pas immédiatement la déglaciation mais se produit plusieurs milliers d'année après que la vallée ait été totalement déglacée. Ces âges d'exposition tendent à indiquer que les plus grands glissements de terrain dans les Alpes ne se sont pas produit durant la déglaciation mais au milieu de l'Holocène, quand le climat est devenu plus chaud et plus humide (Ivy-Ochs et al., 2009). Les glissements de Fernpass (Autriche, 4100 ans), Flims (Suisse, 8900 ans), Kandertal (Suisse, 9600 ans), Köfels (Autriche, 9800 ans), La Clapière (France, 10,300 ans), et Valtellina (Italie, 7430 ans) se sont produits au moins plusieurs milliers d'années après la déglaciation. L"endurance avant rupture" est ainsi de plus de 3000 ans pour le glissement de la Clapière, plus de 2500 ans pour le glissement rocheux de Films (Alpes Centrales suisses), plus de 4000 ans pour celui de Val Viola (Alpes Centrales italiennes) et plus de 2000 ans pour celui de Fernpass (Alpes Orientales autrichiennes).

Glissement de Séchilienne (vallée de la Romanche, Alpes françaises):
Dans le cas du glissement de Séchilienne, les datations CRE montre que la phase d'initiation s'est produite lors de l'Optimum Climatique Holocène, entre 9,0 to 5,0 ka BP. Le glissement de La Clapière s'est aussi produit durant cet Optimum Climatique. Dans les Alpes occidentales, cette période est caractérisée par une augmentation de la température de 1 à 2°, une augmentation de la densité du couvert forestier et une élévation du niveau des lacs en raison de fortes précipitaions annuelles. La combinaison de ces différentes caractéristiques climatiques indique que cet Optimum Climatique était une période plus chaude et plus humide. Les taux d'exposition obtenus sur l'escarpement sommital du glissement de Séchilienne montrent que l'activité de ce glissement est continue depuis son déclenchement jusqu'à l'actuel, avec une phase d'accélération entre 2,3 et 1,0 ka, qui coïncide avec le chronozone du Subatlantique. Cette phase plus chaude et plus humide a permis aux vitesses de déplacement d'atteindre 0,75 à 1,80 cm/an. Les auteurs suggèrent que l'accélération du glissement est due à la dégradation des propriétés mécaniques au sein de la masse rocheuse ou le long des surfaces de glissement, résultant du mouvement progressif du versant. Ces taux de déplacement élevés sont similaires à ceux enregistrés au cours des 20 dernières années par le dispositif de surveillance (0,7 à 1,6 cm/an). Les mesures suggèrent une corrélation entre l'augmentation des taux de déplacement de l'ensemble du versant avec les fortes pluies, ce qui met clairement en évidence le rôle majeur des précipitation dans l'instabilité du versant. Ainsi, un paramètre hydrologique externe semble avoir un effet aggravant qui s'ajoute à la dégradation des propriétés mécaniques de la masse rocheuse pour déclencher et entretenir la dynamique du glissement de Séchilienne. Néanmoins, les propriétés mécaniques du massif peuvent aussi être affaiblies par les événements sismiques. En fait, le glissement de Séchilienne est situé dans une zone de sismicité récurrente. La magnitude potentielle maximale estimée d'après la sismicité instrumentale est inférieure à 3.5. On ne peut exclure que l'activité sismique ait joué un rôle dans le mouvement du glissement de Séchilienne mais ce lien n'est pas démontré à l'heure actuelle.

Synthèse bibliographique d'études récentes présentant des datations avec la méthode des isotopes cosmogéniques (CRE : "Cosmic Ray Exposure"), des données paléoclimatiques, et des données sismologiques. Le Roux & al. 2008 - A

Tyrol (Alpes autrichiennes) :
Dans les Alpes orientales du Tyrol, plusieurs secteurs aux escarpements bien exposés montrent que les ruptures de versant ont été clairement contrôlées structuralement par la propagation des fractures et la coalescence des failles cassantes et des systèmes de joints. En raison de l'approfondissement des vallées par les processus fluvio-glaciaires au Pléistocène, les changements morphologiques ont découvert des plans de glissements orientés préférentiellement et causé des redistributions de contraintes dans les versants excavés. Depuis lors, des processus complexes et dépendant du temps de propagation sous-critique des fractures ont affecté la stabilité des versants.

Pour identifier les causes potentielles et les facteurs déclenchants des glissements de terrain, une première compilation exhaustive des mouvements de terrain datés au Tyrol et dans ses environs a été réalisée. Elle révèle que la majorité des mouvements de l'Holocène n'ont évidemment pas été directement déclenchés par les processus de déglaciation, mais ont necessité un temps de préparation de l'ordre de 1000 ans, après le retrait de la glace, jusqu'à la rupture des versants. Certains des plus grands glissements de terrain dans les Alpes se sont produits au début de l'Holocène, vers 10 500–9400 cal BP. De façon remarquable, plusieurs glissements rocheux profonds au Tyrol se montrent temporellement groupés, vers 4200–3000 cal BP, et certains d'entre eux sont aussi groupés spatiallement. Cela indique d'importants changements environnementaux dans cette région au milieu de l'Holocène.

Dans le Tyrol, plusieurs grands glissements sont rencontrés près de systèmes de failles actives. Les données sismologiques régionales enregistrent des événements sismiques comparativement de forte magnitudes M ≤ 5.3 et des intensités épicentrales de I0 ≤ 7.5° ainsi que d'autres, qui sont caractérisés par des intensités plus faibles mais avec des hypocentres superificiels situés à des profondeurs de seulement 3-4 km. Les failles actives peuvent non seulement déclencher directement des mouvements de masse, mais elles peuvent aussi produire des masses rocheuses intensément fracturées et non-cimentées. Ainsi, le chargement dynamique répété, même à des niveaux d'énergie sous-critiques, initie la propagation des fractures cassantes et provoque des instabilités de versant.

En terme d'occurrence temporelle, quelques ruptures de versants rocheux coïncident avec (i) des glissements datés dans les régions alentours, (ii) une activité accrue des laves torrentielles et, partiellement, avec (iii) les fluctuations glaciaires dans les Alpes centrales autrichiennes. En les combinant, ces données peuvent servir d'indicateurs des conditions paléoclimatiques et peuvent indiquer des périodes d'accroissement des précipitations et des écoulements souterrains. Cela à son tour, contrôle la pression interstitielle à l'intérieur des masses rocheuses fracturées et favorise une rupture progressive. Ainsi, les mouvements de terrain structuralement et morphologiquement prédisposés ont été préparés et déclenchés non pas par une cause unique, mais par les interactions complexes et polyphasées de plusieurs processus de dégradation de la résistance des roches. Les déformations profondes de versant peuvent être attribuées à des densités critiques de fractures dues à la propagation et à la coalescence de discontinuités cassantes. Cela est favorisé par différents processus dépendant du temps et en interractions, qui comprennent (a) des redistributions de contraintes dues au chargement et au déchargmenet glaciaire, (b) la croissance subcritique des fissures, (c) l'activité sismique et (d) les changements de pression interstitielle sous contrôle climatique. N'importe lequel de ces mécanismes de déstabilisation, même à des seuils seulement sous-critiques, peut déclencher la rupture si la stabilité du versant est déjà proche de sa limite d'équilibre.

Cette étude traite de la distribution temporelle des mouvements de terrain datés dans le Tyrol (Autriche) et dans les secteurs alentours. Plusieurs glissements profonds s'y classent parmi les plus gros événements dans les Alpes et montrent une distribution spatiale concentrée. Pour évaluer la distribution spatiale et temporelle des glissements, une première compilation exhaustive des mouvements de terrain datés dans les Alpes orientales a été réalisée. Elle fournit un aperçu des causes potentielles et des mécanismes de dégradation de la résistance des roches qui ont pu favoriser les instabilités de versant au cours de l'Holocène. À présent, plus de 480 glissements différents du Tyrol et de ses environs incluant environ 120 événements fossiles sont enregistrés dans une base de données spatialisée couplée à un SIG. Prager & al. 2008 - A
Alpes :
Pendant le retrait des glaciers alpins après la dernière glaciation, divers éboulements se sont produits en raison de la déconsolidation des versants. La datation des différentes manifestations témoigne de l'âge holocène, et non pour une survenue à la fin de la dernière glaciation, au début de la première phase de réchauffement. Certains de ces événements se sont produits au cours de périodes chaudes, d'autres se sont produites dans les périodes plus fraîches dans un contexte d’avancée glaciaire. Cependant, pour la phase la plus frappante du réchauffement holocène, dit optimum climatique, aucun éboulement n’a été détecté. On pense que le processus de maturation est de longue durée, possiblement des milliers d'années, voire même plusieurs changements climatiques. De l'analyse historique des éboulements durant les 2000 dernières années, il peut être déduit que de nombreux événements ont été déclenchés par la pluie ou de longues périodes d'humidité. Des phases humides se sont produites aussi bien pendant les périodes les plus froides que pendant les périodes les plus chaudes. Au cours de la froideur marquée du « Petit âge glaciaire », les éboulements ont été plutôt rares. Le nombre d'événements a nettement augmenté au début de réchauffement après 1850. Jusqu'à présent, le réchauffement de plus en plus accentué du climat ne montre pas d'augmentation des éboulements. Quoi qu'il en soit, ce genre d'événement est plutôt rare. Dans le domaine alpin, il n'arrive qu'une fois dans un intervalle d'environ 5-10 ans.
 Environ 230 éboulements plus ou moins bien documentés depuis la fin Pléistocène dans la région alpine ont été analysés. [Voir l'étude (en allemand)] Gruner 2006 - A
Suisse :
Cette étude montre clairement qu'il existe une relation entre le climat et la réactivation de glissements. Au début de l'Holocène (Préboréal) et durant la période qui s'étend de l'Atlantique récent au Subboréal, de très nombreux glissements profonds en zone de flysch se sont produits durant des périodes plus chaudes, dans les Préalpes suisses pour des régions situées à des altitudes inférieures à 1500m.
  Lateltin & al. 1997 - R: PNR31
Europe / Alpes :
En ce qui concerne les glissements de terrain profonds, Johnson (1987) a également conclu qu'il n'y avait pas assez de données disponibles pour confirmer les hypothèses de Starkel. Le siècle dernier a été caractérisé par une forte activité des glissements de terrain. La plupart des mouvements superficiels sont déclenchés par des précipitations intenses mais les grands glissements de terrain n'ont souvent pas de lien direct avec celles-ci (Séchilienne dans les Alpes françaises ou Randa-Zermatt dans les Alpes suisses). Les grands glissements de terrain historiques ne peuvent pas toujours être associés à des changements du régime climatique. Thornes et Brunsden (1977) ont averti que nous ne pouvons déduire leur comportement à long terme à moins de connaitre la variabilité du processus impliqué. Quelques grands glissements de terrain peuvent avoir été déclenchés par des tremblements de terre; et en fait, la plupart des grands éboulements préhistoriques récemment datés sont attribués à des tremblements de terre.
 Synthèse bibliographique Corominas & al 1994 - R: EPOCH


Observations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références

Alpes françaises - Vallée de la Vallouise, Sechilienne :
Les séries de déplacement temporal peuvent être décomposées en signaux qui s’alignent sur une tendance et en signaux qui ne s’alignent pas sur une tendance. Les variations saisonnières des déplacements qui ne s’alignent pas sur la tendance sont interprétées comme la réponse des fluctuations des nappes phréatiques (déclenchement). La tendance instable du glissement de Séchilienne est le résultat de la dégradation des propriétés mécaniques de la roche. On observe ainsi, depuis quelques années, une augmentation de la sensibilité et des réactions du glissement aux évènements limités dans le temps et aux variations saisonnières peu marquées. L’évolution du comportement du glissement a été quantifié, et suis un modèle d’affaiblissement, d’adoucissement. Des tentatives de prévisions de l’évolution du glissement ont été mises en place afin d’envisager les évolutions futures.

 

Vallet & al 2013- P
Alpes suisses :
Grâce à une mesure précise et automatisée des déplacements dans différents domaines rocheux, une déstabilisation et une décomposition des masses rocheuses pendant les périodes froides peuvent être identifiées. Les périodes chaudes, même si elles sont associées à des précipitations intenses voire extrêmes, n'induisent pas de déplacements des masses rocheuses petites ou moyennes. Les grands événements de chutes de pierres et d’éboulements (plus 100 000 m3) sont cependant en majorité influencés par les conditions hydrologiques en montagne, et donc par les précipitations.
Les influences climatiques et météorologiques historiquement documentées sur le déclenchement et les processus mécaniques des chutes de blocs et des éboulements sont abordés d'un point de vue de mécanique des roches. Grâce à des mesures automatiques précises de déformation dans différents domaines rocheux, les mécanismes de déstabilisation et de décomposition des masses rocheuses peuvent être identifiés et mis en corrélation avec les données météorologiques. Gruner 2008 - P

Alpes françaises :
Les champs de vitesse journaliers mesurés par Interférométrie radar sur le glissement de « La Valette » (vallée de l’Ubaye) montrent une forte saisonnalité. Le glissement accélère au printemps (effet de la fonte des neiges probable), ralentit en été et accélère à nouveau à l’automne (Squarzoni et al, 2003).

Le glissement de La Clapière a eu un pic de vitesse à la fin des années 80, et un autre, moins prononcé, au début des années 90. Ces variations de vitesses semblent indépendantes des conditions climatiques et sont plutôt liées à des paramètres mécaniques du massif.

La vitesse du glissement de Séchilienne était peu sensible aux précipitations jusqu’en 2000, le temps de réponse du système était de l’ordre de la semaine. Depuis 2000, ce temps de réponse s’est progressivement réduit pour atteindre 2 ou 3 jours avec une réponse plus intense.

  Allemand et Delacourt 2007 - C1
Préalpes fribourgeoises :
Les paramètres climatiques de moyen terme (période de 20 ans) les plus influents sur l'évolution de l'activité sont les précipitations annuelles. Ce sont les précipitations hivernales qui exercent la plus grande influence ; les précipitations estivales (qui montrent moins de variabilité) sont moins impliquées dans l'évolution de l'activité. Les variations des chutes de neige n'ont quasiment aucune influence sur l'activité du glissement. Les températures sont probablement corrélées à l'augmentation de l'activité par le biais de la durée de gel du sol et de la distribution des précipitations solides et liquides.

Concernant les variations à court terme, seules les précipitations semblent avoir une influence sur l'activité du glissement. Quand aux variations à très court terme, tous les paramètres semblent avoir une influence. Les précipitations et les pluies constituent un facteur important en participant directement à la recharge en eau du glissement.

Le rôle de la neige est défini par sa capacité à produire une infiltration massive lors de sa fonte. Quant à la température, son effet est directement lié aux paramètres précédents, en agissant à la fois sur la fonte et la distribution des chutes de pluie et de neige.

Les liens entre climat et activités du glissement du Hohberg n'ont pu être démontrés en général, mais seulement pour les années d'accélération majeure. Le glissement de Villarbeney, qui présente une masse active de volume inférieur, semble avoir une sensibilité vis-à-vis des paramètres climatiques plus importante. Le bassin versant moins étendu diminue le temps de transit de la recharge du glissement en eaux souterraines.

L'influence des conditions climatiques sur l'activité du glissement de Falli Hölli est plus ou moins similaire à celle du glissement du Hohberg.
 Dans un premier temps, l’étude s’est attachée à déterminer l'état actuel de l'activité des glissements ainsi que leur évolution au cours du 20ème siècle, à différentes échelles temporelles (carte des instabilités, dendrogéomorphologie et mesures de déplacement).

D
es essais de corrélation avec les principaux paramètres climatiques ont été réalisés (précipitations, précipitations efficaces, température, chutes de pluie et de neige). Le calcul des ces paramètres est effectué à partir des données brutes de précipitations et de températures (valeurs journalières et mensuelles) fournies par les stations météorologiques locales ou régionales. Les différents paramètres sont ensuite confrontés aux résultats de l'analyse de l'activité à différentes échelles temporelles.
Oswald 2003 - T

Alpes :
Alpes : L'action du gel-dégel induit à la fois (1) l'altération des roches et (2) des mouvements de masse, déstabilisant parois rocheuses et éboulis dans les régions de haute montagne. Deux types de cycles de gel-dégel, diurnes et annuels, sont habituellement considérés en fonction de la période correspondant à l'achèvement d'un cycle. En outre, le réchauffement climatique récent a mis en évidence un troisième type, qui a une période beaucoup plus longue. Correspondant à la croissance et à la dégradation du pergélisol, ce type de cycle de gel-dégel dure généralement plusieurs siècles, voire des millénaires (par exemple, Haeberli, 1996) et est appelé ici cycle de gel-dégel millénaire. La relation entre les types de gel-dégel et l'ampleur et la nature des processus géomorphologiques résultant, cependant, a été mal comprise à cause du manque de surveillance continue sur le long terme des processus et des variables.

Cycles de gel-dégel millénaires : le gel et le dégel annuel sont peu susceptibles d'atteindre des profondeurs de plus de 5 m sur éboulis et 10 m sur les parois rocheuses, des profondeurs que seul le pergélisol peut pénétrer. Le gel de ségrégation tend à produire couches riches en glace dans la partie supérieure du pergélisol et peut-être près de la base du pergélisol. Des mouvements de masse de grande ampleur se produisent parfois dans la zone de pergélisol transitoire. Certains de ces mouvements survenant après des étés anormalement chauds sont peut-être associés au dégel de la couche supérieure du pergélisol. Le dégel peut également se produire à l'intérieur ou à la base du corps du pergélisol, causant des changements beaucoup plus profonds. Un certain nombre d’événements récents de grands éboulements de falaise se sont produits sur des versants rocheux dans les Alpes. Les zones de départ de ces chutes sont principalement situées près de la limite inférieure du pergélisol. Par exemple, en Octobre 1988, une masse de roche est tombée de la paroi rocheuse orientée vers le nord du Piz Morteratsch en Haute-Engadine, les fragments s’étant déposés sur un glacier (Haeberli et al., 1992). La masse de roche détachée avait un volume d'environ 3 m3 • 105 et une épaisseur supérieure à la profondeur atteinte par les cycles de gel-dégel annuels. Coïncidant avec la période de la fonte saisonnière maximale, la chute de la falaise pourrait avoir été déclenchée par la fusion partielle du pergélisol et/ou la pénétration de l'eau de fonte. D’autres éboulements de falaise récents (ou glissements rocheux) pouvant être associés à la fonte du pergélisol dans les Alpes comprennent le glissement de terrain de Val Pola en 1987 (Dramis et al., 1995), l’éboulement de Randa en 1991 (Schindler et al., 1993) et l’éboulement Zuetribistock en 1996. Le volume du mouvement de terrain de Val Pola est de deux ordres de grandeur plus grand que celui de l’éboulement de falaise du Piz Morteratsch. Les précipitations intenses sont considérées comme ayant déclenché ce glissement. Cependant, la présence de blocs rocheux cimentés par de la glace parmi les débris du glissement indique que la fonte du pergélisol pourrait augmenter la mobilité de la masse rocheuse avant la pluie (Dramis et al., 1995).

 
 Cette étude vise à évaluer les effets de trois sortes de cycles de gel-dégel sur l’instabilité des pentes alpines, sur la base d’études des processus périglaciaires contemporains dans les Alpes Suisses. Une attention particulière est portée aux échelles des changements géomorphologiques causés par chaque type de gel-dégel. Le secteur étudié est situé en Haute Engadine, à l’est de la Suisse. La limite inférieure du pergélisol se trouve à environ 2400 m d’altitude en exposition nord et s'élève à environ 3000 m en exposition sud. Matsuoka & al. 1998 - P
Alpes suisses :
Un accroissement significatif et prolongé de la pluviométrie, (entre 10 à 15 % sur plusieurs années), engendrait un accroissement des mouvements des grands glissements latents. L'ampleur de cet accroissement, qui traduit la sensibilité de chaque glissement aux variations pluviométriques, est fonction des caractéristiques géologiques, hydrogéologiques et topographiques propres à chaque glissement. Le glissement de Chlôwena a montré une sensibilité extrême à un excédent persistant (17 ans) et important des précipitations ; le glissement de Montana-MolIens, à l'opposé, n'a non seulement pas réagi à un excédent des précipitations au cours de la période récente, mais il a même marqué un net recul de l'intensité des mouvements, attribuable semble-t-il à des causes anthropiques.

Une accélération plus ou moins généralisée des grands glissements de terrain, génératrice d'accidents, a caractérisé depuis 20 ans les secteurs étudiés de Suisse occidentale et méridionale, en réponse à un accroissement marqué de la pluviométrie qui agit le plus souvent sur les eaux souterraines (eaux infiltrées), mais parfois aussi sur les eaux d'écoulement (érosion torrentielle). Une plus grande constance de la pluviométrie sur la Suisse alémanique et orientale se traduit par contre logiquement par une relative constance de l'activité des grands glissements au cours de ce siècle.

Certains grands glissements réagissent à des pointes de précipitations (périodes de quelques semaines à quelques mois), mais il s'agit en général de cas obéissant à d'autres facteurs (érosion en pied, évolution du profil d'équilibre) que la pluviométrie en tant que facteur direct (cas de La Frasse, de Campo, de Faido).
Etude de 13 sites instables : recherche et synthèse des données existantes, cartographie, points géodésiques du réseau de trinangulation, mesures GPS, photogrammétrie, mesures de déplacement en continu sur 1 site, mesures inclinométriques en forages.
Inventaire et analyse des données pluviométriques ISM pour tous les sites et comparaison avec l'activité des mouvements.
Noverraz & al. 1998 - R: PNR31


Modélisations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Hypothèses

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références

Alpes Françaises du Sud – Bassin versant du Riou Bourdoux (bassin de Barcelonnette) :
L'augmentation observée des réactivations de glissements de terrain [superficiels] déclenchés par la fonte des neiges depuis le début des années 1990 est liée très clairement à des températures printanières sans cesse croissantes et à la fonte rapide de la couverture de neige de l'hiver. D’après les différents scénarios d'émissions (B1, A1B et A2) du GIEC, les températures printanières dans la vallée de l'Ubaye (à l’'altitude de référence 1800 m) devraient augmenter de 1,4–1,7°C et 2,3–4,3°C pour les périodes 2021-2050 et 2071-2100 AD, respectivement (Rousselot et al, 2012.), qui à leur tour conduiront à une diminution de la neige équivalent en eau de 38%–60% et 62%–92% en 2050 et 2100 AD, respectivement. Dans le cas du scénario SRES B1, la diminution modérée de la couverture neigeuse entraînera probablement des réactivations de glissements de terrain plus fréquentes en 2050.

À la fin du siècle, cependant, le changement climatique pourrait finalement causer une diminution voire une disparition complète d'une couverture neigeuse permanente à 1800 m d'altitude (prévue dans tous les scénarios SRES), ajoutant un argument supplémentaire à l’augmentation attendue de l’occurrence des grands glissements de terrain dans les décennies à venir. Dans le même temps, cependant, la disparition attendue de la couverture de neige en hiver dans les zones sources des glissements de terrain vers la fin du 21ème siècle pourrait finalement ramener la fréquence des glissements de terrain à des niveaux d'avant 1990.

 Sur la base d'une inspection externe des tiges, les arbres inclinés et enterrés influencés par des glissements de terrain passés ont été échantillonnés. Au total, 3036 carottes ont été prélevées sur 759 arbres poussant sur les glissements de terrain. L’activité passée a été évaluée pour chaque site en utilisant les techniques de dendrogéomorphologiques standards et via l'évaluation des perturbations de croissance caractéristiques (i.e., bois de compression, suppression de croissance, blessures) dans l’enregistrement des cernes. Pour la datation des réactivations de glissements de terrain, ≥5 perturbations de la croissance et ≥10% des arbres échantillonnés devaient montrer des preuves solides de glissements de terrain au cours de la même année et pour des arbres situés dans la même zone du glissement. En outre, la position intra-annuelle du bois de compression a été utilisée pour évaluer la saisonnalité du basculement. La fréquence des glissements de terrain a été déterminée pour chaque site individuellement et pour le bassin versant du Riou Bourdoux. Lopez-Saez & al. 2013b - A
 Monde :
Dans les endroits ou le retrait glaciaire est prononcé, des changements dans la distribution des stress et des conditions de surface des falaises rocheuses coupées par des glaciers pourraient induire de larges instabilités.
   Kääb & al. 2005 - A
Préalpes fribourgeoises :
La tendance évolutive des glissements pour le 21ème siècle est basée uniquement sur les prévisions climatiques et ne tient donc pas compte des autres facteurs aggravants ou déclenchants. Globalement, les prévisions climatiques pour le 21ème siècle sont défavorables à la stabilité des trois glissements.

En ce qui concerne les glissements du Hohberg et de Falli Hölli, mis à part la diminution des précipitations estivales sur le moyen et le court terme, la plupart des paramètres démontrent un impact négatif (augmentation des précipitations hivernales, augmentation de la température favorisant les chutes de pluie par rapport aux chutes de neige et abaissant la durée de gel du sol, donc favorisant la perméabilité du terrain). Toutefois, l'influence des conditions de très court terme, qui constitue le moteur des accélérations, est incertaine. La disparition du manteau neigeux pourrait avoir une influence positive sur la stabilité du glissement. Quant au glissement de Villarbeney, la tendance évolutive est plus difficile à cerner mais serait plutôt défavorable également.
 La dernière étape a consisté à établir des pronostics quant à l’évolution future de l’activité du glissement. Pour cela, des prévisions climatiques (scénarios climatiques prévisionnels du GIEC) ont été appliquées sur les résultats obtenus pour le 20ème siècle. Oswald 2003 - T
Valais suisse :
Les glissements (très) profonds sont par trop insensibles aux modifications graduelles du climat et ne seront donc guère influencés.
 
  Stoffel & Monbaron 2000 - P

 

 

 


INTENSITÉ
DES GLISSEMENTS PROFONDS

Reconstitutions de l'activité des phénomènes

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
Versant instable de Séchilienne (vallée de la Romanche, Alpes françaises):
Les datations par isotopes cosmogéniques échantillonnées sur des profils verticaux de l'escarpement sommital du glissement de Séchilienne fournissent des contraintes chronologiques sur l'âge de la rupture de ce glissement alpin majeur. Les âges d'exposition à 1100m d'altitude sur l'escarpement sommital indiquent que le glacier s'est retiré vers 16,6±0.6 10Be ka et que le glissement sommital s'est déclenché vers 6,4±1.4 10Be ka. La comparaison de la date de l'initiation de la rupture avec l'âges estimé du désenglacement intégral de la vallée fournit une durée minimale d'endurance avant la rupture de 5400 ans. Ainsi, la déstabilisation du versant n'apparaît pas comme une conséquence immédiate de la décompression post-glaciaire de la vallée de la Romanche. Ce résultat est en accord avec ceux obtenus pour d'autres grands glissements alpins (Flims, Val Viola, Fernpass, La Clapière). La phase d'initiation du glissement de Séchilienne s'est produite au cours de l'Optimum Climatique Holocène, une période plus chaude et plus humide. Ce résultat suggèrent que les changements de températures et de précipitations à cette période ont eu un effet – déclenchant ou aggravant – significatif sur la rupture du versant de Séchilienne dans la vallée de la Romanche. Les résultats montrent que l'exposition de l'escarpement sommital a été progressive – et donc que le processus de glissement a été continu – depuis l'initiation de la rupture jusqu'à présent, avec une vitesse moyenne d'environ 0,6cm/an. Cependant, la distribution des âges d'exposition, suggère une augmentation du taux d'exposition entre 2,3 et 1 ka jusqu' une valeur de 1,08 cm/an. Après cette phase d'accélération, le taux d'exposition est similaire à celui obtenu par les mesures actuelles (1,3 cm/an).
    Interpretation de datations avec la méthode des isotopes cosmogéniques (âges d'exposition au rayonnement cosmique) sur le replat glaciaire du plateau du Mont Sec Plateau entre 1080 et 1121m d'altitude. La haute résolution spatiale des données collectées(espacement de 3m) sur les profils verticaux apporte une contribution innovante à la compréhension de la cinématique du glissement de Séchilienne pendant l'Holocène. Le Roux & al. 2008 - A


Observations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
  

Alpes françaises :
Les champs de vitesse journaliers mesurés par Interférométrie radar sur le glissement de « La Valette » (vallée de l’Ubaye) montrent une forte saisonnalité. Le glissement accélère au printemps (effet de la fonte des neiges probable), ralentit en été et accélère à nouveau à l’automne (Squarzoni et al, 2003). Cette composante saisonnière se superpose à un ralentissement général du glissement pendant les années 90. On constate cependant une accélération du glissement de La Valette depuis 2000.

Le champ de vitesse moyenné sur plusieurs années a été mesuré sur le glissement de La Clapière (vallée de la Tinée) par corrélation d’images aériennes orthorectifiés (Casson et al, 2003). Ce glissement a eu un pic de vitesse à la fin des années 80, et un autre, moins prononcé, au début des années 90. Ces variations de vitesses semblent indépendantes des conditions climatiques et sont plutôt liées à des paramètres mécaniques du massif. Comme pour la Valette, les enregistrements des vitesses du glissement montrent une saisonnalité marquée. La vitesse du glissement a chuté depuis la fin des années 90.

La vitesse du glissement de Séchilienne est en constante augmentation depuis le milieu des années 90. La vitesse du glissement était peu sensible aux précipitations jusqu’en 2000, le temps de réponse du système était de l’ordre de la semaine. Depuis 2000, ce temps de réponse s’est progressivement réduit pour atteindre 2 ou 3 jours avec une réponse plus intense.

Il faut insister sur la difficulté d’estimer l’impact du changement climatique sur un glissement de terrain donné à partir des mesures de déplacement. En effet, cette détection nécessiterait des séries temporelles de plusieurs dizaines d’années, rarement disponibles du fait de leur coût et de la logistique nécessaire à leur acquisition.

 
    Allemand et Delacourt 2007 - C1
Alpes Suisses :
L'accroissement général de la pluviométrie constaté depuis deux décennies (dès 1977) dans la partie occidentale du pays et dans une moindre mesure au Tessin, s'est concrétisée de manière incontestable par une recrudescence des mouvements de terrain de toutes natures, le plus souvent liés à de grands glissements de terrain, et par la réactivation générale de certains de ces grands glissements. Cette forte concentration de cas de réactivation de grands glissements constatée en Suisse Romande et au Tessin n'a pas eu d'équivalent en Suisse Alémanique et notamment en Suisse Orientale.
Recherche et synthèse des données existantes concernant les mouvements : cartographie, géodésie, photogrammétrie, inclinométrie, données pluviométriques... Noverraz & al. 1998 - R: PNR31


Modélisations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Hypothèses

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
   Alpes suisses :
Il n'y a pas lieu de prévoir une accélération systématique notable des mouvements des grands versants instables à moyen terme, en relation avec les modifications climatiques constatées jusqu'à aujourd'hui sur l'ensemble de la Suisse. Par ailleurs, le grand nombre de cas étudiés ou analysés confirme que chaque glissement réagit en fonction de son contexte propre, géologique, hydrogéologique, hydrographique, topographique et climatique, avec une sensibilité très variable et qu'il n'est pas possible de dégager une tendance d'évolution à long terme valable pour tous les versants et toutes les parties du pays.
     Noverraz & al. 1998 - R: PNR31

 

 

 


FRÉQUENCE
DES GLISSEMENTS PROFONDS

Reconstitutions de l'activité des phénomènes

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
Alpes françaises du Sud – Massif de l’Argentera:
Dans le massif de l'Argentera, trois périodes successives de glissements de terrain sont identifiées, à 11-12, 7-9 et 2,5-5,5 ka. Des déstabilisations gravitaires à 11-12 et 7-9 ka coïncident avec l'activité tectonique principale, et suggèrent que les mouvements tectoniques agissent comme un déclencheur des glissements de terrain. La troisième déstabilisation gravitationnelle à 2,5-5,5 ka pourrait être attribuée soit à la fragilité des versants résultant de la multiplicité des événements sismiques de faible ampleur, telle qu'actuellement mis en évidence par l'activité sismique, ou à des causes climatiques au cours de la période plus humide de l’optimum climatique. Ces âges du début et du milieu de l’Holocène coïncident avec une phase de grands glissements de terrain à travers l’ensemble des Alpes, ce qui suggère que ces grands mouvements de masse gravitationnels pourraient être liés à des effets combinés de l’intense activité tectonique et des transitions entre des périodes froides et sèches et des périodes chaudes et humides.
 

Dans le massif de l'Argentera, les grands glissements de terrain actifs se développent le long d'un corridor de failles actives en décrochement dextre révélés par la sismicité superficielle actuelle. Les polis glaciaires des affleurements rocheux sont décalés par des failles en décrochement dextre. Des structures gravitationnelles semblent être reliées spatialement à ces failles actives. Des datations ont été effectuées en utilisant les nucléides cosmogéniques du10Be produits in situ produite sur des surfaces glaciaires, tectoniques et gravitaires.

Sanchez & al. 2010 - A

Tyrol (Alpes autrichiennes) :
Pour identifier les causes potentielles et les facteurs déclenchants des glissements de terrain, une première compilation exhaustive des mouvements de terrain datés au Tyrol et dans ses environs a été réalisée. Elle révèle que la majorité des mouvements de l'Holocène n'ont évidemment pas été directement déclenchés par les processus de déglaciation, mais ont necessité un temps de préparation de l'ordre de 1000 ans, après le retrait de la glace, jusqu'à la rupture des versants. Certains des plus grands glissements de terrain dans les Alpes se sont produits au début de l'Holocène, vers 10 500–9400 cal BP. De façon remarquable, plusieurs glissements rocheux profonds au Tyrol se montrent temporellement groupés, vers 4200–3000 cal BP, et certains d'entre eux sont aussi groupés spatiallement. Cela indique d'importants changements environnementaux dans cette région au milieu de l'Holocène.

En terme d'occurrence temporelle, quelques ruptures de versants rocheux coïncident avec (i) des glissements datés dans les régions alentours, (ii) une activité accrue des laves torrentielles et, partiellement, avec (iii) les fluctuations glaciaires dans les Alpes centrales autrichiennes. En les combinant, ces données peuvent servir d'indicateurs des conditions paléoclimatiques et peuvent indiquer des périodes d'accroissement des précipitations et des écoulements souterrains.

 
 Cette étude traite de la distribution temporelle des mouvements de terrain datés dans le Tyrol (Autriche) et dans les secteurs alentours. Plusieurs glissements profonds s'y classent parmi les plus gros événements dans les Alpes et montrent une distribution spatiale concentrée. Pour évaluer la distribution spatiale et temporelle des glissements, une première compilation exhaustive des mouvements de terrain datés dans les Alpes orientales a été réalisée. Elle fournit un aperçu des causes potentielles et des mécanismes de dégradation de la résistance des roches qui ont pu favoriser les instabilités de versant au cours de l'Holocène. À présent, plus de 480 glissements différents du Tyrol et de ses environs incluant environ 120 événements fossiles sont enregistrés dans une base de données spatialisée couplée à un SIG. Prager & al. 2008 - A
Alpes :
Pendant le retrait des glaciers alpins après la dernière glaciation, divers éboulements se sont produits en raison de la déconsolidation des versants. La datation des différentes manifestations témoigne de l'âge holocène, et non pour une survenue à la fin de la dernière glaciation, au début de la première phase de réchauffement. Certains de ces événements se sont produits au cours de périodes chaudes, d'autres se sont produites dans les périodes plus fraîches dans un contexte d’avancée glaciaire. Cependant, pour la phase la plus frappante du réchauffement holocène, dit optimum climatique, aucun éboulement n’a été détecté. On pense que le processus de maturation est de longue durée, possiblement des milliers d'années, voire même plusieurs changements climatiques. De l'analyse historique des éboulements durant les 2000 dernières années, il peut être déduit que de nombreux événements ont été déclenchés par la pluie ou de longues périodes d'humidité. Des phases humides se sont produites aussi bien pendant les périodes les plus froides que pendant les périodes les plus chaudes. Au cours de la froideur marquée du « Petit âge glaciaire », les éboulements ont été plutôt rares. Le nombre d'événements a nettement augmenté au début de réchauffement après 1850. Jusqu'à présent, le réchauffement de plus en plus accentué du climat ne montre pas d'augmentation des éboulements. Quoi qu'il en soit, ce genre d'événement est plutôt rare. Dans le domaine alpin, il n'arrive qu'une fois dans un intervalle d'environ 5-10 ans.
 Environ 230 éboulements plus ou moins bien documentés depuis la fin Pléistocène dans la région alpine ont été analysés. [Voir l'étude (en allemand)] Gruner 2006 - A
Zones de flysch en Suisse :
Durant le début de l'Holocène (Préboréal, vers 10 000 BP), de très nombreuses instabilités de terrain se développent dans les zones de Flysch des Préalpes et des Alpes, avec des surfaces de glissement supérieures à 10 mètres de profondeur. Plusieurs événements catastrophiques (grands glissements ou éboulements) se sont produits dans les Alpes à cette époque.

La période qui s'étend de l'Atlantique récent à la fin du Subboréal semble constituer une époque très favorable aux glissements de terrain profonds (plus de 10 mètres) dans les Alpes.
Cartographie, levé géologique, géodésie, photogrammétrie, géophysique, inclinométrie-extensométrie, géotechnique, modélisation, bilan de l'eau en surface, analyses de l'hydrogéologie, la climatologie, l'utilisation du sol/activités humaines, archives historiques, dendrochronologie, datations (C14), cadastres et cartes, SIG. Lateltin & al. 1997 - R: PNR31


Observations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
Alpes françaises – Département de la Savoie :
En Savoie, parmi les évolutions constatées par les services du département traduisant de possibles effets du réchauffement climatique sur ces phénomènes naturels observés, on note une recrudescence apparente des glissements superficiels, mais pas d’évolution notable concernant les glissements profonds.
   Avec un réseau routier de montagne (dont 1000 km sont situés à plus de 1000 m d’altitude) et un parc d’ouvrages de protection contre les risques naturels important et varié, le service Risques Naturels du CG73 a mis en place un observatoire des Risques Naturels. Tous les événements qui se produisent sur les routes du réseau départemental font l’objet d’une information au centre de gestion centralisée (OSIRIS) basé à Albertville. Lescurier 2011 - P


Modélisations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Hypothèses

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
   

Alpes Françaises du Sud – Bassin versant du Riou Bourdoux (bassin de Barcelonnette) :
L'augmentation observée des réactivations de glissements de terrain [superficiels] déclenchés par la fonte des neiges depuis le début des années 1990 est liée très clairement à des températures printanières sans cesse croissantes et à la fonte rapide de la couverture de neige de l'hiver. D’après les différents scénarios d'émissions (B1, A1B et A2) du GIEC, les températures printanières dans la vallée de l'Ubaye (à l’'altitude de référence 1800 m) devraient augmenter de 1,4–1,7°C et 2,3–4,3°C pour les périodes 2021-2050 et 2071-2100 AD, respectivement (Rousselot et al, 2012.), qui à leur tour conduiront à une diminution de la neige équivalent en eau de 38%–60% et 62%–92% en 2050 et 2100 AD, respectivement. Dans le cas du scénario SRES B1, la diminution modérée de la couverture neigeuse entraînera probablement des réactivations de glissements de terrain plus fréquentes en 2050.

À la fin du siècle, cependant, le changement climatique pourrait finalement causer une diminution voire une disparition complète d'une couverture neigeuse permanente à 1800 m d'altitude (prévue dans tous les scénarios SRES), ajoutant un argument supplémentaire à l’augmentation attendue de l’occurrence des grands glissements de terrain dans les décennies à venir. Dans le même temps, cependant, la disparition attendue de la couverture de neige en hiver dans les zones sources des glissements de terrain vers la fin du 21ème siècle pourrait finalement ramener la fréquence des glissements de terrain à des niveaux d'avant 1990 .

 
    Sur la base d'une inspection externe des tiges, les arbres inclinés et enterrés influencés par des glissements de terrain superficiels passés ont été échantillonnés. Au total, 3036 carottes ont été prélevées sur 759 arbres poussant sur les glissements de terrain. L’activité passée a été évaluée pour chaque site en utilisant les techniques de dendrogéomorphologiques standards et via l'évaluation des perturbations de croissance caractéristiques (i.e., bois de compression, suppression de croissance, blessures) dans l’enregistrement des cernes. Pour la datation des réactivations de glissements de terrain, ≥5 perturbations de la croissance et ≥10% des arbres échantillonnés devaient montrer des preuves solides de glissements de terrain au cours de la même année et pour des arbres situés dans la même zone du glissement. En outre, la position intra-annuelle du bois de compression a été utilisée pour évaluer la saisonnalité du basculement. La fréquence des glissements de terrain a été déterminée pour chaque site individuellement et pour le bassin versant du Riou Bourdoux. Lopez-Saez & al. 2013b - A

 

 

 


SAISONNALITÉ
DES GLISSEMENTS PROFONDS

Reconstitutions de l'activité des phénomènes

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Observations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Modélisations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Hypothèses

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           

 

 

 


LOCALISATION
DES GLISSEMENTS PROFONDS

Reconstitutions de l'activité des phénomènes

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Observations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Modélisations

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           


Hypothèses

 
Résultats de recherche et interprétations
Méthodes d'observation et d'analyse
Références
           

 

 

 


RETOURS D'EXPÉRIENCES

 
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